Les saisons de Louveplaine

Titre : Les saisons de Louveplaine
Auteur : Cloé Korman
Éditeur : Le Seuil (Cadre rouge)
Date de publication : 2013

Synopsis : Nour, une jeune femme algérienne, n’a plus de nouvelles de son mari parti travailler en France. Elle prend l’avion, arrive à Louveplaine, banlieue où Hassan lui a promis de la faire venir avec leur petite fille. Mais, au 15e étage de la tour Triolet, l’appartement est vide. Hassan a disparu. Pourquoi ? Désemparée mais déterminée à retrouver son mari, Nour fait connaissance avec les habitants de la cité, découvre leur vie, leurs espoirs, leurs secrets. Sonny, bon élève au lycée mais mêlé à tous les trafics, s’impose à elle, tantôt amical, tantôt menaçant. Apparemment, il sait, pour Hassan. Mais veut-il aider Nour, la protéger ou au contraire « l’embrouiller » ? Nour avance à tâtons, alors que la sombre renommée de son mari se dessine sur fond d’économies parallèles et de démantèlements urbains qui mettent la cité sous tension.

Note 4.0

Thétis n’aimait pas répéter deux fois la même histoire car la bécasse qui chante trop de fois la même sonate est repérée par les vautours.

Nour, débarquée d’Algérie pour retrouver son époux Hassan, sombre très vite dans l’incompréhension et l’abattement en découvrant le petit cocon qu’Hassan préparait pour accueillir femme et enfant. L’appartement est vide, Hassan a disparu. Petit à petit, Nour reprend du poil de la bête et décide de partir sur les pas de son mari pour comprendre et le retrouver. Aider en cela par Sonny, un jeune de la tour Triolet et par la gentillesse de sa voisine, mère de deux enfants. Je dois avouer que j’ai failli passer à côté. Pour une raison simple, j’ai mis un temps fou à rentrer dans cette histoire. Et puis tout à coup, le roman devient vraiment passionnant, grâce aux découvertes de Nour, grâce à Sonny, môme en manque de repères, grâce à Adrien Maubuée, flic qui connait bien la cité et qui comprend le mal-être de ses habitants. Violences, trafics, système D sont leurs lots quotidiens. Petit à petit l’écriture de Korman s’impose, ses personnages gagnent en épaisseur. Son texte, très travaillé, est à la fois dur et poétique. On se prend d’affection pour ces êtres qui ne demandent en fait qu’une petite part du gâteau, juste histoire de connaitre un jour le bonheur. Une plongée bien loin des reportages chocs que les télés nous diffusent avec condescendance.

Korman passe l’examen du deuxième roman avec une bien belle aisance.