Darwinia

Titre : Darwinia
Auteur : Robert Charles Wilson
Éditeur : Denoël (collection Lunes d’encre) / Folio SF
Date de publication : 2000 / 2003

Synopsis : Mars 1912, l’Europe et une partie de l’Angleterre disparaissent subitement, remplacées par un continent à la faune et à la flore non terrestres que l’on ne tarde pas à nommer la Darwinie. Pour le jeune Guilford Law, cette tragédie n’a rien d’un miracle ou d’une punition divine ; plutôt une énigme que la science pourra un jour résoudre. Fort de cette certitude, il va tout sacrifier pour faire partie de la première grande expédition d’exploration destinée à s’enfoncer au cœur du continent inconnue ; une expédition qui, de mort violente en mort violente, le mènera plus loin qu’il ne pouvait l’imaginer…

Note 2.5

A mesure qu’il remontait le Rhin, le jeune homme en vînt à imaginer sans difficulté la vieille Europe et ses monuments disparus, ses chevaliers Teutoniques massés sur les rives, arborant lances et heaumes. Mais ce n’était pas la vieille Europe, il en trouvait la preuve dans le moindre recoin : poissons épineux flottant au-dessus des hauts-fonds, odeur de cannelle des forêts de pins-sauges, cris nocturnes d’animaux encore sans nom… L’homme était certes arrivé jusqu’ici, mais à une date récente.

Nous sommes en 1912, et en l’espace de quelques minutes seulement, le monde tel que nous le connaissions bascule irrémédiablement lorsque l’Europe toute entière se transforme mystérieusement en un nouveau continent, territoire sauvage libéré de toute présence humaine et encore inexploré. Un Nouveau Monde, en somme. Il faut avouer que le pitch de base est extrêmement séduisant et c’est ce qui m’a fait sauter le pas, bien que n’étant pas à proprement parlé amatrice de science-fiction. C’est finalement avec un sentiment très mitigé que je ressors de cette lecture qui, si elle a bien tenu certaines de ses promesses, m’a cependant quelque peu déçue. La faute, je pense, à l’angle d’approche choisi pour aborder le sujet par R. C. Wilson qui ne s’intéresse pas tant à ce que peut bien être cette nouvelle terre mais plutôt à la raison de ce phénomène extraordinaire. Le pourquoi et non le quoi, hors c’est justement la seconde question que j’aurais aimé voir davantage développé.

L’auteur nous offre malgré tout dans la première partie du roman quelques détails concernant ce territoire encore vierge, notamment sa faune et sa flore très particulière, à mesure que l’on suit l’avancée de la première expédition menée le long de ce qui fut le Rhin. La seconde partie, dans laquelle R. C. Wilson entreprend d’expliquer le phénomène de la transformation de l’Europe, m’a, en revanche, beaucoup moins enthousiasmée, la faute sans aucun doute à mon profond désintérêt pour tout ce qui touche aux machinations cosmiques, guerres galactiques, algorithmes… (attention, je ne dénigre en rien cet aspect de la science-fiction ou ses adeptes, seulement ce n’est pas pour moi). Le protagoniste, Guilford, est heureusement un personnage attachant que l’on prend plaisir à suivre tout au long du roman. Les personnages secondaires possèdent quant à eux un potentiel certain mais auraient peut-être mérité d’être davantage développés, la plupart demeurant finalement pour nous des étrangers.

Un roman au sujet original qui s’est révélé loin d’être ce que j’attendais sans pour autant m’avoir véritablement déplu. L’auteur dispose de toute évidence de beaucoup de talent et d’une imagination fertile, aussi je n’exclue pas de replonger un jour dans un autre de ses livres.