La Tartine du Dimanche matin #7 : Transcrire à l’écran les chansons des œuvres de fantasy

27 octobre 2013 0 Par Dionysos

Musique maestro

Rendez-vous dominical, tartine musicale ! Et aujourd’hui, dans une ambiance rythmée, voyons l’importance capitale qu’il est de transcrire les chansons présentes dans les œuvres de fantasy quand il s’agit de les adapter au cinéma ou à la télévision.


 

Comme nous l’avons vu dans la Tartine de dimanche dernier, la fantasy met en place un monde, une ambiance. Et pour accompagner tout cela, nous avons besoin de supports musicaux de qualité, sinon ça ne sert à rien de se casser la tête à mettre en place tout cela.

Commençons par LA réalisation-référence en matière de « fantasy filmée » : le Seigneur des Anneaux par Peter Jackson. Sa trilogie ne se fonde pas sur beaucoup de passages chantés, mais les quelques-uns que nous pouvons retenir sont symptomatiques de l’ambiance affiliée à cette réalisation. Tout d’abord, le personnage de Pippin nous fait plusieurs fois écouter sa voix fluette et ses chansons d’antan, pour magnifier certaines scènes aux sentiments exacerbés.

 

Un autre personnage n’est pas en reste quand il s’agit de pousser la chansonnette : Aragorn, de sa voix grave, reprend les chants elfiques à chaque moment épique d’importance, dont le grand final (SPOILER donc pour les novices du Seigneur des Anneaux, mais en même temps ce serait honteux de ne pas avoir déjà découvert cette trilogie…).

 

Peter Jackson ne s’est pas arrêté en si bon chemin pour adapter les récits et les chansons de J. R. R. Tolkien, puisqu’à partir de 2012, la trilogie du Hobbit a fait son apparition dans nos cinémas. L’adaptation d’un tel roman jeunesse demande là aussi une ambiance plus « bon enfant » et les chansons adaptées du roman original suivent la même dynamique sans pour autant renier l’aspect « grand public ». Ainsi, l’hymne des nains, Misty Mountains, est rendu à l’écran en un chant épique à souhait (un peu moins, malgré tout quand on passe à la VF…) mêlant les voix graves de Richard Armitage et ses acolytes.

 

Toutefois, pour ne pas négliger le public jeunesse du Hobbit, de simple chansonnette, Blunt the Knives formerait presque une scène inoubliable.

 

Et que dire de Game of Thrones / Le Trône de fer ? Avec The Rains of Castamere, ce qui apparaît au départ comme une chanson de beuverie comme une autre est en fait une chanson inventée dans les romans originaux par George R. R. Martin pour mettre en abîme la montée au pouvoir de la maison Lannister et de son implacable capacité de réponse aux affronts qu’elle subit ; et cette chanson est reprise continuellement pendant toute la saga du Trône de fer.

 

Merci alors à Ramin Djawadi pour en avoir fait un élément structurel du thème adapté dans la série Game of Thrones. Elle devient véritablement une rengaine mi-pesante mi-épique qui ne sonne pas toujours la joie pour les adversaires des Lannister, alors gare à vous si vous l’entendez sonner à vos oreilles !

 

De la même façon, nous pouvons prendre aussi l’exemple de la complainte The Bear and the Maiden Fair, largement répétée et renouvelée dans les romans, et qui se retrouve parfaitement adaptée de plusieurs manières dans la série Game of Thrones, en chanson à boire, en complainte amoureuse, voire en insulte à peine voilée envers Brienne.

 

Abordons, enfin, la saga Harry Potter qui, en comptant pourtant sept romans et huit films (sans compter les livres-guides et futures adaptations dérivées), n’est pas une grande adepte de l’adaptation de chansons. J’ai tout de même retrouvé deux exemples bien connus (au vu, notamment, du nombre de reprises amateurs sur les réseaux sociaux) : la fameuse chanson du Choixpeau, lors du premier tome, et la chanson des sirènes dans l’œuf du quatrième tome.

 

 

Finalement à part les adaptations de Tolkien, les rares mélodies du phénomène Harry Potter et la référence actuelle Game of Thrones, il n’y a quand même pas foule pour les bonnes transcriptions auditives. Espérons que dans l’éventualité d’une adaptation du Nom du Vent de Patrick Rothfuss, les passages musicaux seront à la hauteur pour s’identifier au héros musicien Kvothe.

Dans son genre très personnel, la franchise Kaamelott a sa propre identité musicale, donnant parfois lieu à des hommages bien loufoques, mais bien souvent de qualité malgré tout. Nous finirons donc là-dessus aujourd’hui.

 

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La Tartine, une volée de mots émiettée au dépourvu, un billet à croquer le dimanche matin entre le petit déj’ et l’apéro. Car le monde des livres peut aussi être un doux son à nos oreilles.

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