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Titre : Le Pistolero
Cycle : La Tour Sombre, tome 1
Auteur : Stephen King
Éditeur : J’ai Lu
Date de publication : 2004 (version originale de 1982, révisée en 2003 par l’auteur)

Synopsis : « L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait… » Ce Pistolero, c’est Roland de Gilead, dernier justicier et aventurier d’un monde qui a changé et dont il cherche à inverser la destruction programmée. Pour ce faire, il doit arracher au sorcier vêtu de noir les secrets qui le mèneront vers la Tour Sombre, à la croisée de tous les temps et de tous les lieux. Roland surmontera-t-il les pièges diaboliques de cette créature? A-t-il conscience que son destin est inscrit dans trois cartes d’un jeu de tarot bien particulier ? Le Pistolero devra faire le pari de le découvrir, et d’affronter la folie et la mort. Car il sait depuis le commencement que les voies de la Tour Sombre sont impénétrables…

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Il est des quêtes et des routes qui mènent toujours plus avant, et toutes s’achèvent au même endroit… dans le charnier.

Un mythe, un vrai, cette Tour Sombre. Pompeusement titrée « Jupiter de mon imaginaire » par son auteur, il faut bien s’y attaquer un jour !

 

J’abordai La Tour Sombre en complet novice. Novice de La Tour Sombre déjà : connaissant seulement le synopsis, cette saga m’a toujours fasciné, de près ou de loin, par les méandres de tous les genres qu’elle semblait abriter. Novice de Stephen King également : c’est sûrement un sacrilège, mais je n’avais encore jamais lu quoi que ce soit de lui. (Soit dit en passant, autant commencer par le livre qui touche le plus à sa jeunesse.) Et, enfin, je dirais même, presque, novice des littératures de l’imaginaire tant ce roman redéfinit pour moi la science-fiction en général et la fantasy par la même occasion, par le prisme horrifique propre à Stephen King.

Le Pistolero, tome 1 de la saga de La Tour Sombre, a donc été rédigé il y a trente ans par un jeune américain de 19 ans. Stephen King agrémente d’ailleurs cette édition d’une triple préface, datant du début de l’année 2003, où il disserte d’une façon très intéressante sur la vie, la jeunesse, la présente réédition et le remaniement de son « livre de jeunesse ».

Car c’est bien à un « livre de jeunesse » auquel nous avons affaire ici, c’est-à-dire à un style légèrement compliqué (que je croyais dû à la différence nette avec mes précédentes lectures, mais le constat semble général), et ce tome serait le plus difficile à lire de la saga… d’autant plus qu’un « jeune loup avide », l’auteur aborde un spectre extrêmement large de notions, concepts et histoires possibles : il ouvre bien des portes sans pour autant ni les refermer ni nous donner les clés. Toujours est-il qu’en s’habituant (rapidement au fond) à ce style particulier, on découvre un monde fantastique, un univers riche et fabuleux. J’oserais même dire qu’on nage, qu’on rame, qu’on se noie, véritablement, dans cette histoire. Cela en devient presque un malin plaisir que, dès qu’on s’accroche à une vérité, de se perdre à nouveau. Le malaise persiste, mais finalement on se rend compte qu’on n’effleure que la surface des choses, et c’est fascinant.

En un sens, cela est sûrement dû à la petitesse de ce tome, qui me semble presque un prélude à la saga elle-même. Cela promet surtout énormément pour la suite, car Stephen King distille une quantité impressionnante de références auxquelles on peut parfois se raccrocher aisément (la chanson « Hey Jude », sortie en 1968 il me semble, qui se fait entendre plusieurs fois, rappelle bien l’époque à laquelle est écrit ce roman, même pas quinze ans après sa sortie) ; toutefois, la plupart des références proposées par l’auteur ne sont que des perches glissantes vers un monde dont on ne distingue encore que très peu de choses.

Un premier tome très dense donc, qui s’avale en peu de bouchées avides et qui a l’intérêt supplémentaire de nous faire discerner (surtout dans le long passage de la fin sur la « proportion ») les peurs de Stephen King et de son temps, surtout autour de concepts comme le progrès ou le destin. Le Pistolero, personnage charismatique s’il en est (un Javier Bardem un jour au cinéma… ?) va donc au-delà des aspects horrifiques, au-delà de la science-fiction, au-delà de la fantasy, bien au-delà…

Autres critiques : Lully (Lully fabule)