Fantastique - Horreur

Les mystères d’Eversand, tome 1 : La Suivante

Titre : La Suivante
Cycle/Série : Les Mystères d’Eversand, tome 1
Auteur : Victor Dixen
Éditeur : Robert Laffont
Date de publication : 2026

Synopsis : Birdie Baker, étudiante sans le sou, tombe sur une offre d’emploi de  » suivante  » pour une vieille dame habitant l’État de Rhode Island. En plein janvier, elle débarque à Eversand, presqu’île au charme suranné où semble régner un printemps perpétuel : c’est le fief des Rosemore, très puissante et très secrète dynastie de la old money américaine. Birdie n’a peut-être pas seulement été recrutée pour servir de demoiselle de compagnie, mais aussi pour devenir la « suivante sur la liste » : la dernière d’une longue lignée de jeunes femmes attirées au manoir comme des papillons dans une plante carnivore. En répondant à la petite annonce, a-t-elle signé son arrêt de mort ?

-Pfiou ! Y’en a là-dedans ! Tu n’as pas seulement un corps de rêve, mais aussi une tête bien faite.
-Corps de rêve ? je hoquette en tirant ma robe de gabardine sur mes jambes. Tu es trop gentille !
-Arrête. On voit que tu fréquentes la salle de gym.
-Je n’en avais ni les moyens ni le temps à New York. En revanche, le jogging sur les bords de l’East River était gratuit. C’est ma gym à moi : la ville entière.

Quand « Downton Abbey » rencontre « La femme de ménage »

Vous connaissez « Downton Abbey » ? La série à succès « La femme de ménage » ? Et bien mélangez les deux, rajoutez une pointe de magie, et vous obtiendrez « Les Mystères d’Eversand », une série de quatre romans signés Victor Dixen. Présenté, ainsi, on pourrait être tenté de se dire : après tout pourquoi pas ? Malheureusement la lecture de ce premier tome m’aura définitivement convaincu de ne pas pousser plus loin ma découverte de cette série pourtant présentée comme « une saga familiale voracement addictive ». Tout commence avec Birdie (ce nom…!), une jolie jeune étudiante américaine qui vient de se faire renvoyer de sa faculté et cherche à tout prix un travail qui lui éviterait de repartir dans sa région natale pour laquelle elle éprouve visiblement une profonde aversion. Fort heureusement, une offre d’emploi publiée dans le journal lui fait un jour de l’oeil. Coup de bol, non seulement elle possède les compétences requises, mais en plus on l’invite à venir passer un entretien sur place. La voilà en route pour sa période d’essai en tant que suivante d’une vieille dame en mal de conversation en français sur la péninsule d’Eversand. L’endroit lui était jusqu’ici inconnu (et pour cause) et dès son arrivée la jeune femme constate que rien ne semble s’y dérouler normalement. Le climat, d’abord, ressemble à s’y méprendre à celui d’un beau printemps alors que l’action se déroule en plein mois de janvier. Mais ce qui va surtout surprendre la nouvelle arrivante réside dans les pratiques désuètes qui ont cours au château de la famille Rosemore. Là -bas, seigneurs et domestiques vivent en effet comme si le XXe siècle n’avait jamais eu lieu. Tout est très hiérarchisé, codifié, jusqu’aux tenues des employés, sans oublier la négation de tout ce qui relève d’un quelconque droit du travail. Mais Birdie est une brave fille, un peu désespérée, et, plutôt que de prendre ses jambes à son cou, elle trouve toujours une bonne raison pour se dire que, finalement, tout va bien. Bon, très vite de gros gros indices s’accumulent pour lui faire comprendre que non, vraiment Birdie, là, il est temps de s’inquiéter. Il y a par exemple le fait qu’on enferme tous les domestiques la nuit à double tour dans leur chambre. Il y a ces coups de feu et ces hurlements qui retentissent dans la forêt alentour. Et puis il y a la famille Rosemore, dont les membres sont plus flippants les uns que les autres.

Pourquoi je n’ai pas aimé

Vous l’aurez compris je n’ai pas été emballée par cette lecture qui m’aura malgré tout bien fait rire tant certains de ses aspects frôlent le ridicule. Birdie, notamment, est bien mignonne mais elle ne possède pas un sou de jugeote, passe son temps à jouer à l’écervelée (quoi qu’on se demande si elle joue vraiment) et à s’émerveiller d’Eversand alors même que la situation alarmerait n’importe qui d’un peu sensé. Je vous épargne la romance avec le bad-boy finalement pas si méchant (alias le palefrenier des Rosemore) qu’elle déteste (mais qui est tout de même bien sexy) et qui se montre désagréable et malaisant au possible (mais je vous ai dit qu’il était sexy?). L’auteur tombe vraiment ici dans tous les clichés possibles, multipliant les scènes ou l’héroïne peste contre le ténébreux palefrenier tout en adirant sa musculature sous son tee-shirt moulé, sans oublier les innombrables comparaisons à une bête ou un beau félin. La naïveté de l’héroïne est franchement agaçante, et ce d’autant plus que les autres personnages passent leur temps à vanter le fait que, décidément, elle n’est pas qu’un joli minois ! Outre le fait qu’on ne sait pas sur quoi se base leur jugement dans la mesure où Birdie adopte quasi systématiquement l’attitude d’une cruche, l’auteur trouve visiblement très important de nous rappeler à longueur de temps que Birdie a vraiment, vraiment, un corps de rêve. On a même le droit à une conversation lunaire au cours de laquelle l’héroïne s’enflamme sur la romantisation de comportements toxiques dans la littérature du XIXe (c’est très maladroit mais bon, on ne va pas cracher dessus) pour se faire bombarder ensuite de questions par son amie sur la façon dont elle a réussi à obtenir un si beau corps (je vous mets le dialogue en citation, vous allez voir c’est rigolo !). L’intrigue, elle, ne va pas chercher très loin et on voit venir les péripéties à des kilomètres. Les autres personnages sont quant à eux aussi caricaturaux que Birdie et sa belle tenue de travail : une beau costume de soubrette, bas-résilles et escarpins en prime (véridique !).

« La Suivante » est le premier tome d’une série de quatre romans consacrés aux « Mystères d’Eversand » et écrit par Victor Dixen. Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout apprécié ma lecture, le roman multipliant les pires clichés et mettant en scène une héroïne franchement cruche pour laquelle il est difficile d’éprouver une once d’empathie. Au moins cette fois, vous ne pourrez pas m’accuser de faire grossir votre PAL !

Autres critiques : ?

Passionnée d'histoire (surtout le XIXe siècle) et grande lectrice des littératures de l’imaginaire (fantasy essentiellement) mais aussi d'essais politiques et de recherches historiques. Ancrée très à gauche. Féministe.

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