Fantasy

Voyage léger

Titre : Voyage léger
Auteur/Autrice : Naomi Mitchison
Éditeur : Callidor
Date de publication : 1952 / 2026

Synopsis : Après avoir été recueillie par les ours des forêts septentrionales, la jeune Halla est rapidement confiée à Uggi, un Maître-Dragon qui l’élève selon les principes de la draconité. Mais le règne de ces créatures ancestrales touche à sa fin, et un choix s’impose bientôt à Halla : vivre tels les dragons, amassant des trésors, ou voyager léger. Des lointaines contrées du Nord à la cité de Constantinople, elle arpentera le monde, portée par la sagesse des bêtes et la cruauté des hommes.

Une autrice injustement oubliée

« Voyage léger » est un roman paru en 1952 sous la plume de Naomi Mitchison, une autrice américaine très prolifique dont l’ensemble des oeuvres a malheureusement été occultée jusqu’à aujourd’hui. En proposant une réédition de ce texte dans un superbe écrin, qui plus est agrémenté d’une préface d’Amal El-Mohtar et d’une postface de Samantha Shannon (autrice du roman à succès « Le prieuré de l’oranger »), les éditions Calidor rendent un bel hommage à cette autrice injustement oubliée et pourtant comparée à J. R. R. Tolkien.

Une héroïne originale et attachante

Le texte met en scène une petite fille, Halla, dont les parents humains vont très rapidement se séparer. Recueillie par une ourse, puis par un dragon, notre héroïne va grandir au milieu de ces créatures sublimes mais dangereuses, obnubilées par leur désir de se constituer un trésor et de le défendre face aux guerriers (avides de gloire, eux) qui cherchent à le leur voler. Au terme de nombreuses péripéties, sa route l’amènera finalement à Constantinople, aux côtés d’un groupe d’hommes confrontés aux jeux de pouvoir aussi bien à la cour qu’auprès des ecclésiastiques. Là, elle découvrira les nombreuses facettes de l’humanité, capable du pire comme du meilleur.

Une histoire entre classicisme et modernité

Le parallèle avec Tolkien, quoique légèrement exagéré, n’est pour autant pas vraiment usurpé. Naomi Mitchison signe en effet avec « Voyage léger » un récit merveilleux capable d’enflammer l’imagination d’un.e jeune lecteur/lectrice et ponctué par de nombreux rebondissements. Les références à la culture et la mythologie nordique sont quant à elles nombreuses, mais l’autrice prend aussi soin d’ancrer son récit dans un contexte historique et religieux précis auquel j’ai pour ma part été très sensible. On peut également saluer la modernité de l’héroïne, à même d’inspirer une jeune lectrice et à lui rappeler que la fantasy n’est pas uniquement faite de grands et forts guerriers armés de haches, ni d’élus au destin flamboyant.

Bel ouvrage sur la forme comme sur le fond, « Voyage léger » de Naomi Mitchison propose de remettre à l’honneur un texte et une autrice injustement méconnus. Destiné à un jeune lectorat, le roman met en scène une héroïne pleine de jugeote qui n’a pas peur de s’affirmer et à laquelle on s’attache rapidement. Il constitue à ce titre une excellente porte d’entrée dans la fantasy pour de jeunes lecteurs et lectrices déjà friands de merveilleux mais désireux de sortir des sentiers battus.

Autres critiques : ?

Passionnée d'histoire (surtout le XIXe siècle) et grande lectrice des littératures de l’imaginaire (fantasy essentiellement) mais aussi d'essais politiques et de recherches historiques. Ancrée très à gauche. Féministe.

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