Fantastique - Horreur

Moedium

Titre : Moedium
Auteur/Autrice : Renée Zachariou
Éditeur : Mnémos
Date de publication : 2026 (février)

Synopsis : On dit que certains liens sont immuables, et que l’oubli a toujours un prix. Data scientist rationnelle, allergique aux prophéties comme aux souvenirs trop lourds, Moira n’a jamais cru aux dons de voyance de sa mère. Alors, à sa mort, elle n’a plus qu’une obsession : sceller à jamais la porte de l’agence de médium qui l’a vue grandir. C’était sans compter sur un objet étrange abandonné là… À son contact, les sensations affluent : des fragments du passé reviennent, précis, troublants, incontrôlables. Hallucinations ? Malédiction ? Lorsque surgit un duo énigmatique – un vieil homme au sourire démesuré, accompagné d’une adolescente à la pâleur spectrale –, les certitudes de Moira vacillent. Qui était réellement sa mère ?

Quand le surnaturel s’invite dans le deuil

Dernière rescapée des Indés de l’imaginaire, les éditions Mnémos perpétuent cette année encore la tradition des « pépites de l’imaginaire », des romans écrits par de jeunes auteurs ou autrices jugées prometteuses et donc mis en avant. Cette année c’est Renée Zachariou qui bénéficie de ce dispositif avec son roman « Moedium ». On y découvre une jeune femme, Moira, qui vient de perdre sa mère et se retrouve à devoir trier ses affaires dans le cabinet de voyance qu’elle tenait. Une activité professionnelle que notre héroïne a toujours désapprouvée et sur laquelle elle escompte bien tirer un trait le plus rapidement possible. Seulement tout ne se passe pas exactement comme prévu. Il y a d’abord ces deux étrangers qui viennent sonner à la porte de l’agence de médium de sa mère et qui semblent posséder des informations importantes sur elle et sa famille. Et puis il y a cet œuf, un petit objet à priori purement décoratif mais qui ne tarde pas à provoquer tout un tas de réminiscences qui viennent alourdir encore davantage le deuil de la jeune femme. Elle qui voulait à tout prix éviter d’être mêler à quoique se soit tournant autour des soi-disant talents surnaturels de sa mère, la voilà entraînée dans une histoire rocambolesque impliquant de très vieilles divinités, un artefact magique et un secret de famille.

Un roman et des personnages déjantés

« Moedium » est un roman court qui surfe avec le fantastique et se veut intimiste mais avec une bonne dose d’humour. L’alliance de ces différents éléments aurait pu fonctionner mais le charme n’a malheureusement pas opéré. Le début est plutôt intriguant et on s’attache vite à cette jeune femme en deuil qui veut absolument tourner la page mais ne cesse d’être confrontée à des souvenirs agréables ou douloureux à mesure qu’elle fait le tri dans les affaires de sa mère. Seulement l’intrigue prend assez vite un tournant insolite où l’on perd complètement pied avec la réalité pour basculer dans une ambiance déconcertante digne d’un bad-trip sous LSD. Les personnages sont tous un peu bizarres et s’expriment tour à tour de façon survoltée ou par énigme. C’est amusant parfois mais heureusement que le roman ne fait pas plus de deux cent pages parce que cela devient lassant au fil des pages. L’intrigue, elle, ne m’a pas emballée plus que ça puisque le seul aspect m’ayant vraiment captivée concerne le deuil de l’héroïne tandis que tout ce qui a trait à son histoire familiale et à la mythologie grecque (que j’affectionne pourtant particulièrement) m’ a laissée de marbre. Les personnages ne sont pas non plus parvenus à susciter l’enthousiasme tant leur côté décalé est ici poussé à l’extrême, ce qui les rend gênants plus qu’attachants.

« Moedium » est un roman court présenté par les éditions Mnémos comme sa pépite de l’année et met en scène une jeune femme tentant de faire le deuil de sa mère médium et bientôt rattrapée par son histoire familiale. Il y a de bonnes idées dans le récit de Renée Zachariou mais je n’ai malheureusement pas réussi à embarquer pour le voyage auquel elle nous convie. Les personnages sont trop décalés, l’intrigue trop déjantée et, sans parler d’ennui, on suit les aventures de l’héroïne avec un intérêt poli mais sans grande passion. A découvrir si vous aimez les romans courts un peu farfelus surfant avec l’ésotérisme.

Autres critiques : L’ours inculte

Passionnée d'histoire (surtout le XIXe siècle) et grande lectrice des littératures de l’imaginaire (fantasy essentiellement) mais aussi d'essais politiques et de recherches historiques. Ancrée très à gauche. Féministe.

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