Fantasy

SFFF : Les coups de coeur de l’année 2025

Nous voilà arrivés en décembre, le moment idéal pour faire un point sur les lectures les plus marquantes de 2025. Bonnes lectures ! [Un simple clic sur le titre de l’ouvrage vous permettra d’accéder directement à l’article complet le concernant.]

Re:Start – Katia Lanero Zamora (Argyll – collection RéciFs)
Dans sa novella « Re:start » Katia Lanero Zamora met en scène une communauté de femmes fonctionnant comme une véritable secte, obsédée par la beauté et la minceur qu’elles veulent toute obtenir, quitte à tout sacrifier. Véritable thriller psychologique, le récit met en lumière la souffrance causée par les injonctions incessantes que la société fait peser sur le corps des femmes, tout en abordant les mécanismes qui régissent des troubles tels que l’anorexie ou qui rendent possible l’adhésion à des principes ou des groupes toxiques. Uppercut réussi !

 

Chlorine – Jade Song (Argyll)
Véritable coup de cœur « Chlorine » est un roman à la lecture duquel on ne ressort pas indemne. Mettant en scène une jeune fille passionnée de natation convaincue d’être une sirène en devenir, l’ouvrage s’inscrit dans le courant « body horror » et aborde des problématiques passionnantes sur l’adolescence et son cortège de violences, mais aussi le rapport au corps, ou encore les ravages de la compétition sportive. Un roman coup de poing à côté duquel il serait dommage de passer !

 

Comme l’exigeait la forêt – Premee Mohamed (L’Atalante)
Avec « Comme l’exigeait la forêt », Premee Mohamed signe un roman court mais percutant. Narrant le périple d’une femme envoyée dans une forêt terrifiante à la recherche de deux enfants perdus, le récit séduit aussi bien par la profondeur de ses personnages que par le caractère immersif de son décor. L’autrice utilise ici une trame narrative classique des contes qu’elle se réapproprie avec talent en ajoutant une touche de noirceur supplémentaire et en mettant l’accent sur les expériences intimes traumatiques de son héroïne. Une lecture courte mais intense que je vous recommande chaudement, tout comme les autres romans de l’autrice qui sont tous excellents, qu’il s’agisse de « Et que désirez-vous ce soir » ou de « La migration annuelle des nuages » et sa suite.

 

L’orage qui vient – Louise Mey (Pocket)
« L’orage qui vient » est un thriller post-apo féministe redoutablement efficace qui décrit l’arrivée d’un homme dans un village de femmes, avec tout le lot de menaces que sa présence fait peser sur les habitantes. Mila est une héroïne assez marquante, puissante et sauvage mais aussi bouleversante d’humanité. Là encore vous pouvez vous ruer les yeux fermés vers les autres romans de l’autrice qui sont très bons, que ce soit en jeunesse (« La sans-visage ») ou en polar « La deuxième femme » ou « Petite sale« .

 

Sur toutes les vagues de la mer – Guy Gavriel Kay (L’Atalante)
Guy Gavriel Kay poursuit avec « Sur toutes les vagues de la mer » son travail de reconstruction historique du monde du XVe siècle, balayant ainsi les principaux stéréotypes sur la période et documentant la grande porosité existant alors entre les trois principaux monothéismes. Porté par des personnages bouleversants, le roman nous entraîne de l’Italie à l’Afrique du Nord, en passant par la France ou Constantinople, dressant ainsi une fresque historique passionnante dans laquelle chaque individu a un rôle à jouer, et ce quel que soit son statut ou ses origines. Énième coup de cœur, donc, pour ce roman dont on ressort avec une seule envie : pouvoir se replonger à nouveau dans un roman de Guy Gavriel Kay.

 

Le chant des déesses, tome 3 – Claire North (Hauteville)
Avec sa trilogie « Le chant des déesses », Claire North livre un vibrant hommage à toutes ces femmes, déesses, reines ou simples servantes, que les mythes ont complètement invisibilisées, caricaturées ou sous estimées. Sous la plume de Claire North, Pénélope perd ses allures de veuve éplorée fade et silencieuse pour se métamorphoser en régente avisée, redoutablement intelligente et efficacement conseillée par toute une galerie de femmes fortes et attachantes. S’il devient aujourd’hui difficile de s’y retrouver dans tout le panel d’ouvrages de fiction consacrés à des héroïnes de la mythologie, vous pouvez ici vous laisser tenter les yeux fermés.

 

Aatea – Anouck Faure (Argyll)
Dans « Aatea », Anouck Faure nous dépeint le périple d’un jeune homme épris de liberté fuyant la servitude et l’oppression qui lui ont été imposées depuis sa naissance sur son île natale. Une île vivante parmi une multitude d’autres parsemant un gigantesque océan aux multiples secrets et dangers. L’intrigue est intéressante, les rebondissements fréquents et bien dosés, les personnages attachants : bref, le roman vaut incontestablement le détour et offre de très beaux moments d’émotion. A lire !

 

Le bouffon de la couronne – Thibault Lafargue (ActuSF)
Pari réussi pour Thibault Lafargue qui signe avec « Le bouffon de la couronne » un premier roman convainquant et qui, bien que doté d’un cadre très classique, se révèle être d’une redoutable efficacité. Difficile de ne pas être happé par les nombreuses péripéties de Sébrain, un héros un peu naïf mais attachant qui va devoir tout apprendre du rôle de bouffon et des luttes de pouvoir qui agitent une cour mise en effervescence par la potentielle fin du conflit opposant le royaume à son voisin. Bien que l’arc narratif ouvert dans ce premier tome trouve ici une résolution satisfaisante, on ne peut qu’avoir hâte de se plonger dans le deuxième et dernier volume qui devrait nous livrer les dernières pièces de ce puzzle bien pensé.

 

La lance de Peretur – Nicola Griffith (L’Argyll)
Avec « La lance de Peretur » Nicola Griffith se réapproprie la légende de Perceval devenu ici Peretur qu’elle dépoussière avec efficacité pour nous livrer à la fois un bon roman d’apprentissage, une réflexion sur l’inclusivité et la réinterprétation des mythes, et surtout une belle aventure portée par des personnages profonds et attachants.

 

Station symbiose – Noëmie Lemos (Critic)
Destiné à un jeune lectorat, « Station Symbiose » est un roman à même de séduire un public plus âgé, amateur de science-fiction décontractée et réconfortante. Noëmie Lemos nous offre ici une enquête palpitante qui aborde ingénieusement la question du racisme, le tout dans un cadre amusant et plein de surprises. Porté par un duo de personnages attachant, le roman vaut incontestablement le détour et peut aussi bien constituer une belle entrée en matière dans la SF qu’une parenthèse agréable entre deux romans plus graves du même genre.

 

 

En espérant que cette petite liste vous aura donné envie de plonger dans tous ces univers extraordinaires ! Et vous, quels sont vos gros coups de coeur de l’année ?

Passionnée d'histoire (surtout le XIXe siècle) et grande lectrice des littératures de l’imaginaire (fantasy essentiellement) mais aussi d'essais politiques et de recherches historiques. Ancrée très à gauche. Féministe.

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