Didier, la 5e roue du tracteur

5 mai 2021 0 Par Dionysos
Didier la 5e roue du tracteur

Titre : Didier, la 5e roue du tracteur
Scénariste : Pascal Rabaté
Dessinateur : François Ravard
Éditeur : Futuropolis [site officiel]
Date de publication : 23 août 2018

Synopsis : Didier vit avec sa sœur Soazig dans une petite ferme bretonne. Il est très malheureux : à 45 ans, il n’a toujours pas connu le grand amour. Alors qu’il doit acheter une moissonneuse à la vente aux enchères du matériel agricole de Régis, copain de beuverie et fermier en faillite, il revient sans matériel mais avec son copain. Soazig, furieuse, l’inscrit à son insu sur un site de rencontres. Rapidement, le profil de Didier fait une touche : la très entreprenante « Coquinette »…

Je vais te présenter nos bêtes.
Voilà Pissenlit… Pavot… Pastis… Une idée de mon frère.
Rutabaga… Calcium… Cresson… Et là c’est Morano, faut s’en méfier, c’est une teigneuse…

Départ pour la campagne bretonne dans l’album Didier, la 5e roue du tracteur, que nous devons à Pascal Rabaté et François Ravard chez Futuropolis !

Agriculture, mon amour

Dans la campagne bretonne, Didier cherche l’amour entre deux traites de vaches et l’entretien de son poirier. Dans le même temps, son ami Régis doit vendre aux enchères tout ce qu’il possède et finit par rejoindre la ferme de Didier après une énième cuite. Sa sœur Soazig n’est pas commode, mais parce qu’elle se rend bien compte que c’est elle qui fait tourner la ferme et qui doit remotiver tout ce petit monde. Sur sa lancée de vouloir bouger son frère, elle l’inscrit sur meetic en peaufinant son profil. La sémillante Coquinette débarque dans la vie de Didier qui risque de s’en mordre les doigts (ou autre chose), car ce n’est pas la 5e roue du tracteur pour rien, le Didier…

Thématiques agricoles

Au vu du titre, forcément, on se doute bien que nous allons aborder ce qui fait le « sel » du métier d’agriculteur et d’agricultrice. Dès les premières planches, le ton est donné : être agriculteur, c’est être très exposé économiquement : la scène de vente aux enchères de l’ensemble des biens, matériels et domaniaux de Régis est très bien construite entre cynisme des uns et lassitude des autres. Malgré cela, le personnage de Régis apporte une bulle d’enthousiasme une fois qu’il a quitté ce qui le minait vraiment et qu’il a retrouvé une certaine liberté. C’est Didier, le personnage principal, qui sert de stéréotype repoussoir, et heureusement que sa sœur Soazig est là pour le malmener afin qu’il sorte de son carcan. Il est râleur, apparaît comme fainéant alors qu’on se doute qu’il doit abattre un certain travail de temps en temps, lui aussi, mais ses malheurs sont plus visibles, à côté de Soazig qui apparaît comme plus libre (paradoxalement). L’amour aide à tenir devant les cadences du travail journalier et face à la faiblesse de la reconnaissance financière et sociale.

Le bonheur est dans le pré

Même si les thématiques abordées tout au long du récit sont déprimantes à souhait, l’ensemble fait mouche par un ton décalé. Tout est condensé en quelques échanges, mais du coup ce n’est ni pesant, ni mélodramatique. On sent bien que le suicide pourrait poindre ici ou là, mais le ton réussit à rester joyeux. Ainsi, l’humour est omniprésent, soit par des situations absurdes, soit par des répliques gentillettes. Les graphismes rondouillards de François Ravard donnent de drôles de trombines aux personnages, mais ne les rend que plus attachants.

En conclusion, cette histoire de Didier, la 5e roue du tracteur, est fraîche, joyeuse à défaut d’être optimiste. C’est un bon moment de lecture sans prétention déplacée.

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