Mage de bataille, tome 2

13 février 2019 4 Par Dionysos
Mage de bataille 2

Titre : Mage de bataille, tome 2
Cycle/Série : Mage de bataille, tome 2
Auteur : Peter A. Flannery
Éditeur : Albin Michel (Imaginaire) [site officiel]
Date de publication : 9 janvier 2019

Synopsis : Falco Danté était un gringalet dans un monde en guerre. Pire, Falco était méprisé, mis à l’écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Mais à l’Académie de la guerre, Falco a bien changé : il est devenu plus puissant, il a gagné le respect de ses compagnons d’arme. Il ne lui reste plus qu’une épreuve pour devenir un mage de bataille à part entière : le rite d’Assay. S’il réussit, il aura le droit d’invoquer son dragon, son âme soeur dans la lutte contre les Possédés.
Dans le camp adverse, son ennemi juré, le démon Marchio Dolor progresse sans relâche vers la victoire. L’Humanité ne s’est jamais trouvée aussi proche de l’extinction totale.
Pour Falco et ses compagnons, l’heure de la bataille finale va bientôt sonner.

Dans toute la création, on ne trouve d’âme qu’en trois choses : les hommes, les dragons, et dans l’épée d’un mage de bataille.

Même si à l’origine Mage de bataille, de Peter A. Flannery, est un seul et même roman, sa traduction a mené à une publication en deux tomes chez les éditions Albin Michel. C’est la deuxième partie de ce diptyque dont nous parlons ici.

De retour dans la bataille !

À peine sortis de l’Académie, les trois amis, que sont Falco le futur mage, Malaki le chevalier et Bryna l’archère et cheffe de compagnie, doivent partir sur le front, puisque les Possédés, ces hordes grouillantes de morts-vivants, sont guidés par des démons de plus en plus puissants vers les contrées encore habitées par de véritables vivants. C’est l’occasion pour chacun d’eux de s’illustrer dans son art de prédilection, malgré le jeune âge qu’ils ont au compteur. Même si les personnes à suivre sont de plus en plus nombreuse (sans être un nombre délirant), clairement Falco est le héros qui monte et que tout le monde sent venir, toutefois il doit relever certains défis mis sur sa route, à commencer par le fameux rite d’Assay qui doit le consacrer en tant que mage de bataille apte à diriger des armées. En parallèle de cette quête initiative à venir à bout, de cette montée de puissance, l’un de ses mentors, Mérédith Saker tombe par hasard sur une étrange piste qui risque de le conduire vers les secrets inavoués de sa compagnie des thaumaturges. La situation est donc bel et bien tendue à l’extrême pour nos compagnons, d’autant qu’au loin s’annonce déjà le démon des démons, le dénommé Marchio Dolor ! (je serais bien curieux de savoir quel était le terme utilisé par l’auteur en version anglaise, ou alors Patrice Louinet, qui fait un très bon travail de traduction de bout en bout, a juste conservé l’expression originale)
Mage de bataille Dragons

Un deuxième tome plus dynamique

Cette deuxième partie du diptyque (en édition française) se révèle très classique, à l’image du premier tome évidemment, mais diablement efficace au point de ne pas lâcher cette aventure jusqu’à la fin. Il faut se souvenir que c’est un roman découpé en deux, donc il est nécessaire de constamment se souvenir que l’œuvre originale suit une progression logique. Par exemple, ici, l’échelle change. Nous ne suivons plus uniquement un petit héros appelé à faire de grandes choses, mais une carte des opérations de plus en plus immense que nous sommes amenés à parcourir à tire d’ailes de dragon. Mine de rien, comme il y a plutôt beaucoup d’action, les personnages n’ont pas trop le temps de s’appesantir sur leurs chagrins, malgré des situations franchement tristes et douloureuses pour un certain nombre d’entre eux. D’ailleurs, ces moments passent tellement vite et l’histoire s’étend parfois sur de telles distances que le temps semble passer à une vitesse plus grande que prévue. Cela se voit dans la progression rapide des personnages par exemple. Quelques controverses politiques viennent émailler le récit, notamment concernant l’attitude à tenir face à cette menace commune à tous les royaumes, mais chacun ayant sa propre stratégie ce qui mène forcément à des quiproquos non désirés.

Épopée, épopée, qui es-tu, épopée ?

La force de ce roman est le souffle que son auteur arrive à impulser entre ses lignes. Nous sommes clairement dans de la high fantasy comme on en voit plus que rarement dans les publications mises en avant et l’aspect épique dans ce style-ci, il faut savoir le tenir de bout en bout. Peter A. Flannery sait le tenir, il faut le reconnaître. Les moments dramatiques sont bien présents, sans être longuets. Les moments de bravoure sont parfaitement répartis entre les personnages, principaux ou secondaires d’ailleurs. Les retournements de situation sont parfaitement dosés (ni trop énormes, ni répétitifs). Bref, tous les bons ingrédients sont là et il est difficile de trouver des faiblesses à l’organisation de ce récit. Alors à quoi tient l’aspect épique d’un texte ? Dans un tel contexte de high fantasy, de fantasy mettant en scène un combat entre Bien et Mal sous leurs formes quasi absolues (des hordes dirigées par des créatures venues des Enfers contre de petits héros qui sortent des prouesses pour régler la situation), cela tient surtout à de petites choses comme la façon de faire interpréter aux plus simples personnages des situations hors du commun sans que cela paraisse si incroyable que cela ou bien le fait d’entendre cliqueter les armes, gronder les éléments et vrombir les champs de bataille tant l’ambiance est bien dépeinte. Enfin, un dernier aspect parle forcément à nous lecteurs occidentaux férus d’histoire féodale : les noms de lieux, de personnages qui font référence à la toponymie anglaise, écossaise, française, germanique, etc. selon les royaumes d’Ire traversés. C’est classique, mais toujours efficace, au risque cependant de parfois aller trop loin quand l’auteur, sûrement fan de football et de rugby franco-britanniques, invite un certain Ginola et un autre Sébastien Cabal sur le champ de bataille…
En somme, avec Mage de bataille, nous sommes clairement dans de la high fantasy des plus classiques, mais qu’à cela ne tienne, ce roman est rudement efficace et l’essentiel est de passer un excellent moment avec ces héroïnes, ces héros et quelques dragons en prime !

Alain Brion - Mage de bataille

Voir aussi :
Tome 1

Autres critiques :
Célindanaé (Au pays des Cave Trolls)
Chroniques du chroniqueur
Jean-Philippe Brun (L’Ours inculte)
Lutin (Albédo)

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