Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald [Film]

23 novembre 2018 13 Par Boudicca

Titre : Les animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald
Série : Les animaux fantastiques 2
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Eddie Redmayne, Katherine Waterstone, Alison Sudol, Dan Fogler, Johnny Depp, Jude Law
Date de sortie : 2018 (novembre)

Synopsis : En 1927, quelques mois seulement après son arrestation, Grindelwald s’évade de la prison du ministère de la magie et tente rassembler des sorciers de « sang-pur » afin de régner sur l’ensemble de la population non magique. Albus Dumbledore, professeur de Poudlard, se dit incapable d’affronter lui-même Grindelwald, mais confie à son ancien élève Norbert Dragonneau la mission de retrouver le jeune Croyance avant qu’il ne bascule dans le camp de leur ennemi.

 

You are too good Newt. You never met a monster you couldn’t love.

Quand la magie perd de son charme

Les fans d’Harry Potter ne risquent pas d’avoir loupé l’événement : le deuxième film consacré aux « Animaux fantastiques » est enfin sorti ce mois-ci. Adieu New-York, bonjour Paris ! Nos héros se retrouvent une fois encore entraînés dans une traque sans merci afin d’empêcher le sorcier Grindelwald de nuire et de rassembler de nouveaux fidèles à sa cause. Envoyé par Dumbledore, le jeune Newt Scamander est évidemment de la partie, de même que les principales têtes d’affiche du film précédent (Tina, Queenie, Jacob). Ce second volet introduit également un bon nombre de nouveaux personnages, parmi lesquels on peut notamment citer la fameuse Leta Lestrange, Thésée (le frère de Newt) ou encore Dumbledore avec soixante ans de moins. Certains adoreront, d’autres détesteront : tout est fonction du type de film que vous souhaitez voir. Si vous voulez un blockbuster plein d’action avec des effets spéciaux spectaculaires le tout parsemé de références à l’univers d’Harry Potter, alors vous serez servi. Si au contraire vous vous attendez à un film dense, dévoilant encore plus en profondeur la richesse de l’univers de Rowling et dans lequel vous vous sentiriez comme chez vous, alors vous ne pourrez qu’être déçu, et je dois malheureusement m’inscrire dans cette dernière catégorie. Oui les personnages ont des baguettes, lancent des sorts et ont étudié à Poudlard, oui on sourit à la mention de Dumbledore, de Nicolas Flammel ou de la famille Lestrange, mais on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment d’avoir affaire à une pâle copie sans âme de l’univers de Rowling. C’est beau, ça rappelle des souvenirs, mais ce n’est, au final, plus qu’une coquille vide, dépouillée de tout ce qui faisait le charme et la profondeur d’Harry Potter.

De nombreux bémols…

Pourtant le réalisateur tente de faire plaisir au fan de la série ! On arpente à nouveau les couloirs de Poudlard, on repense grâce à tel objet ou telle créature à une scène bien précise des Harry Potter, et surtout, on a le droit à des versions jeunes de Dumbledore et de McGonagall. Seulement, là encore, le charme ne prend plus : Poudlard n’est plus qu’un simple décor, et non plus un monde à part entière. A trop vouloir faire de lien avec la précédente série, « Les Animaux fantastiques » finissent d’ailleurs par perdre en cohérence, comme en témoigne notamment la scène finale que je n’ai pu m’empêchée de trouver poussive. Le film pâtit aussi et surtout d’une intrigue bien trop brouillonne qui part dans trop de directions à la fois, sans que le spectateur en comprenne toujours les raisons. Certains rebondissements sont d’ailleurs très tirés par les cheveux, de même que le déplacement de quelques uns des personnages qui manque complètement de logique. Les scènes d’action se font plus nombreuses, plus spectaculaires, et surtout plus longues, au risque de lasser. Le film a, de plus, du mal à trouver le bon équilibre dans le ton, entre une intrigue et une ambiance résolument sombre que viennent parfois perturber des petites scénettes un peu ridicules visant à apporter une touche d’humour (qui tombe souvent à plat). Le principal reproche qu’on pourrait faire à ce deuxième opus concerne cela dit ses personnages, soit trop en retraits, soit carrément mis au placard, soit peu convaincants. J’ai pour ma part eu beaucoup de mal avec le personnage de Dumbledore joué par Jude Law, de même que par le frère de Newt ou encore de Leta Lestrange dont on nous balance l’histoire presque d’un seul bloc, ce qui limite évidemment l’empathie éprouvée par le spectateur.

… et quelques réussites

Malgré tous ces bémols on est tout de même loin du navet, le film comportant plusieurs points positifs qui méritent d’être cités. Parmi eux, on retrouve évidemment les fameuses créatures qui donnent leur nom au film. Kelpie, chats gardiens du ministère de la magie parisien… : on en prend une nouvelle fois plein les yeux. Difficile de ne pas craquer non plus devant les bébés niffleurs, ces adorables petits cleptomanes qui, s’ils ne servent pas à grand-chose d’autre qu’à rendre gaga le spectateur, n’en demeurent pas moins irrésistibles. Autre réussite du film : les personnages de Newt Scamander (non je ne l’appellerais pas « Norbert Dragonneau »!) et de Grindelwald. Si on peut trouver à redire à Dumbledore, Queenie et Tina ou encore Leta Lestrange, notre héros reste, lui, toujours aussi attachant et toujours aussi original. Il faut admettre qu’il est tout de même assez rare d’avoir pour protagoniste un homme timide, profondément gentil et honnête (on est plutôt habitué aux bad-ass débordant de testostérone et fort en gueule). Le personnage de Grindelwald est lui aussi bien campé par Johnny Depp qui, heureusement et contrairement à mes craintes, ne cherche pas à nous jouer un méchant loufoque, sorte de parodie de son personnage fétiche de Jack Sparrow. Très en retenu, le jeu de l’acteur gagne en efficacité et permet de donner un côté encore plus ambiguë à ce personnage qu’on a bien du mal à cerner. Le film joue d’ailleurs assez finement sur ce tableau en nous dévoilant un Grindelwald capable des pires monstruosités face à ses disciples mais nuancé et très éloquent lorsqu’il s’agit de s’adresser à ceux qui hésitent à rejoindre sa cause.

Ce second volet des « Animaux fantastiques » reprend la plupart des codes des blockbusters traditionnels : de l’action en permanence, des effets spéciaux à gogo pour faire oublier les faiblesses du scénario, et des personnages peu fouillés. C’est d’autant plus dommage que, compte tenu du formidable matériel d’origine, il y avait là de quoi faire un film plus dense et plus complexe. Tout n’est pas noir pour autant, et on passe malgré tout un bon moment en compagnie d’un héros attachant et de créatures tour à tour adorables ou effrayantes, mais toujours impressionnantes. Reste à voir ce que nous réserve la suite…

Voir aussi : Les animaux fantastiques 1

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