Sherlock Holmes aux Enfers

10 juillet 2018 6 Par Dionysos
Sherlock Holmes aux Enfers

Titre : Sherlock Holmes aux Enfers
Auteur : Nicolas Le Breton
Éditeur : Les Moutons électriques (Bibliothèque voltaïque) [site officiel]
Date de publication : 5 octobre 2017

Synopsis : On assassine aux Enfers.
On a tué, là où nul n’est censé mourir. Un damné a échappé aux tourments éternels… Seul, Sherlock Holmes élucidera ce mystère effroyable.
Mais comment le maître de la logique résoudra-t-il cette énigme dans le royaume de l’absurde, ce théâtre de masques, de faux-semblants et d’incohérence ? Assisté d’un Watson inattendu, l’enquêteur de Baker Street plonge dans les méandres de l’irrationnel, au plus profond des abîmes de la psyché humaine… et démoniaque. Il lutte pour sa sauvegarde et celle de ses compagnons dans l’inframonde au risque de s’y perdre, car il est dit que nul ne s’évade des Enfers s’il a partagé le repas des morts.
Dans ce thriller nourri d’occultisme, le grand détective affronte la terreur de la Clef de Salomon et du Dictionnaire infernal au cœur d’une intrigue policière fantastique. Les apparences se jouent de la raison, l’intelligence se trouble, et du chaos émerge la lumière d’un savoir inquiétant.

Bibliocosme Note 1.5

On aurait difficilement trouvé là un blasphème – insulter le Diable, ici-bas, revenait à le complimenter.

Les Moutons électriques tentent depuis de nombreux mois de réintroduire dans les littératures de l’imaginaire un style qui disparaissait des radars, celui qui est l’héritier des « romans populaires » de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C’est notamment le cas avec Sherlock Holmes aux Enfers qui place la célèbre figure du consultant détective dans un contexte très particulier.

Un pitch qui claque

Avec un prologue percutant mais un brin malsain (en même temps, c’est le bon lieu pour cela), le problème est posé : on a tué là où tout le monde est censé être déjà mort, aux Enfers ! Ni une, ni deux, le célèbre détective Sherlock Holmes est dépêché sur place pour résoudre l’affaire. On lui fait comprendre qu’il a intérêt à déceler le mystère au plus vite et on lui colle un acolyte local. Le pitch est simple mais efficace, en revanche l’enquête l’est beaucoup moins.

Une intrigue qui retombe très vite comme un soufflet

Bon, c’est vrai, c’est un roman court, c’est vrai que c’est un roman qui se veut un hommage aux enquêtes feuilletonnantes du début du XXe siècle qui mettaient en scène des détectives dans des situations toujours plus rocambolesques (d’ailleurs, cet adjectif est de l’époque)… Et puis, quand bien même il est court, que ce roman a été compliqué à terminer de lire ! Clairement, même s’il peut paraître défouloir à certains aspects, on ne retrouve pas dans ce roman le style recherché que Nicolas Le Breton avait instillé dans le diptyque Pax Germanica. Quelques scènes trash voire plus qu’érotiques viennent émailler les péripéties, mais au fond l’enchaînement se fait très artificiellement. D’ailleurs, au bout d’un moment, l’auteur oublie son intrigue principale et raconte l’histoire d’un personnage secondaire. Pas inintéressante pour autant, mais c’est juste qu’on part sur autre chose, c’est un peu déstabilisant.

Bref, Sherlock Holmes aux Enfers est une déception et ne donne pas l’impression de remplir les attentes formulées au départ. L’idée aurait pu être charmante, mais le bilan de cette lecture est plutôt décevant.

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