Serpentine

20 décembre 2016 0 Par Dionysos

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Titre : Serpentine
Auteur : Mélanie Fazi
Nouvelles : Serpentine ; Nous reprendre à la route ; Rêves de cendres ; Matilda ; Mémoire des herbes aromatiques ; Petit théâtre de rame ; Le faiseur de pluie ; Le passeur ; Gost Town Blues
Éditeur : Folio SF
Date de publication : 2010 (2004 pour la première édition)
Récompenses : Grand Prix de l’Imaginaire 2005. Prix Merlin 2002 pour « Matilda » (catégorie nouvelle)

Synopsis : Une boutique de tatouage où l’on emploie des encres un peu spéciales. Une aire d’autoroute qui devient un refuge à la nuit tombée. Une ligne de métro où l’on fait d’étranges rencontres. Un restaurant grec dont la patronne se nomme Circé. Une maison italienne où deux enfants croisent un esprit familier… Tels sont les décors du quotidien où prennent racine ces dix histoires. Dix étapes, et autant de façades rassurantes au premier abord… mais qui s’ouvrent bientôt sur des zones troubles. Car les lieux les plus familiers dissimulent souvent des failles, écho de ces fêlures que l’on porte en soi. Il suffit de si peu, parfois, pour que tout bascule…

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Le choix du motif n’a rien d’anodin, c’est un geste porteur de sens. Témoignage d’un instant qui vous accompagnera toute votre vie durant. On le choisit comme une profession de foi, un totem ou un blason. Un corps, on naît avec, mais rien n’empêche d’agir sur lui.
[dans « Serpentine »]

J’ai tant tardé à me lancer dans un des recueils de nouvelles de Mélanie Fazi que je ne savais pas par lequel commencer. Sur les conseils de ma chère et tendre, Serpentine m’a tendu les bras.

« Serpentine », qui ouvre et donne son titre au recueil, est d’ores et déjà la plus belle et la plus envoûtante des dix histoires que nous racontera Mélanie Fazi dans cet ouvrage. Je ne vais pas non plus détailler l’histoire de chacune des nouvelles, mais il est évident que toutes ont une identité propre et quelques grands thèmes communs. « Élégie », « Rêves de cendre », « Matilda », « Mémoire des herbes aromatiques », « Le faiseur de pluie », « Le passeur », « Ghost Town Blues », autant d’idées simples où le fantastique s’immisce comme si de rien n’était dans des lieux au premier abord quotidiens à l’extrême. Bien sûr, certains récits marqueront davantage le lecteur, comme la nouvelle « Nous reprendre à la route » où une jeune fille erre, abandonnée sur une aire d’autoroute, et qui se rend doucement compte qu’elle n’est pas seule sur le bord du chemin. Pour en prendre une moins aisée à part, « Petit théâtre de rame » est, elle, une chronique ordinaire de la vie du métro parisien ; sautant d’un personnage à l’autre par une simple rencontre, le lecteur trouvera dans ces mots une ultime manière de voir du fantastique dans son trajet quotidien.

Serpentine est donc un beau recueil de nouvelles, maîtrisées et qui savent remettre le fantastique là où il est, c’est-à-dire où on ne l’attend pas.

Autres critiques : Boudicca (Le Bibliocosme) ; Célindanaé (Au pays des cave trolls) ; Vil Faquin (La Faquinade)

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