Olympe de Gouges

22 janvier 2014 0 Par Carre

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Titre : Olympe de Gouges
Auteur : Catel et Bocquet
Éditeur : Castermann
Date de publication : 2012

De Montauban en 1748 à l’’échafaud parisien en 1793, quarante-cinq ans d’’une vie féminine hors normes, et l’’invention d’’une idée neuve en Europe : la lutte pour les droits des femmes. Née dans une famille bourgeoise de province, sans doute fille adultérine d’’un dramaturge à particule, Marie Gouze dit Olympe de Gouges a traversé la seconde moitié du XVIIIe siècle comme peu de femmes l’’ont fait. Femme de lettres et polémiste engagée, elle se distingue par son indépendance d’’esprit et l’’originalité parfois radicale de ses vues, s’’engageant pour l’’abolition de l’’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. Opposée aux Robespierristes et aux ultras de la Révolution, elle est guillotinée pendant la Terreur. Comme ils l’’avaient fait avec Kiki de Montparnasse, Catel et Bocquet retracent de façon romancée, mais avec une rigueur historique constante, le parcours de vie de cette femme d’’exception, dont les idéaux très en avance sur son temps ont forgé quelques-unes des valeurs clés de nos sociétés d’’aujourd’hui. En quelque trois cent planches de création exigeante et généreuse, un magnifique portrait féminin et un hommage vibrant à l’’une des figures essentielles du féminisme.

Note 3.5

« Si les femmes sont reconnues responsables et punissables par la justice, alors on doit leur donner accès à l’urne et à la tribune. »

C’est pas si facile d’être une femme libérée comme disait le grand philosophe Cookie Dingler !!! Olympe de Gouges était de ces femmes là. Catel et Bocquet dans ce roman graphique de 500 pages remettent en lumière la vie tumultueuse de cette jeune femme, très tôt mariée et très tôt devenue veuve Aubry, célèbre pour son franc parler, sa passion pour les lettres et le théâtre. Indépendante, cultivée, libertine, elle clame haut et fort que la femme est l’égal de l’homme et prêche pour être sur un pied d’égalité. Elle dénonce aussi l’esclavage et se bat pour son abolition. Révolutionnaire, non ?

Et c’est ce qui causera sa perte, il ne fait pas bon en cette dernière décennie du dix-huitième siècle, de dire haut et fort ce qui nous parait des évidences deux siècles plus tard (quoiqu’il y ait encore du boulot). Les coupeurs de tête (merci Mr Guillotin) s’en donnent à cœur joie, arrêté, jugé, raccourci en vingt quatre chrono. Pardon, je m’égare.

On suit avec plaisir ce destin hors norme car le travail scénaristique est parfaitement maitrisé, on croise tout du long de grands personnages de l’époque (Franklin, J.J. Rousseau, les comédiens du Français, les principaux protagonistes da la révolution française etc), on apprécie les répartis cinglantes et pleines d’esprit de miss Olympe, on est touché par la protection maternelle pour son fils Pierre, intéressé par les intrigues et influences du pouvoir.

Un roman graphique en noir et blanc dense, qui rend un bel hommage à cette femme idéaliste et passionnée.

Voir aussi : La critique de Dionysos

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