La Tartine du Dimanche matin #8 : Du bon goût dans les œuvres de l’imaginaire

17 novembre 2013 0 Par Dionysos

Jeu Oui Seigneur des Ténèbres

Et revoilà la Tartine après l’interruption due aux Utopiales ! Et si l’Imaginaire est bien fait pour créer des mondes emplis de magie, de technologies futuristes, d’horreurs sans nom ou bien de mystères dantesques, alors pourquoi se priver de multiplier les allusions osées, les décors ubuesques et les scènes particulièrement douteuses ?


 

Dans cette optique, doit-on être choqué dès que l’action d’un roman mise sur le scabreux, l’impoli, le décalé et le politiquement incorrect ? Vous vous en doutez, je réponds « non » sans hésiter. En revanche, « oui » au goût du graveleux, au délicieusement sale et au furieusement loufoque !

Suscitant ventes et possibles adaptations, les antihéros et notamment la crapule fantasy marchent du tonnerre de Zeus ces derniers temps. Sans réclamer une surenchère inutile au niveau de ces situations, il est important de voir ces fictions comme un rapproché direct avec le concret et le quotidien de nos sociétés en crise. Ainsi, il s’agit surtout d’aborder des problèmes concrets tout en demandant aux lecteurs d’aborder un niveau de lecture supplémentaire, car malgré leurs univers parfois créés de toutes pièces, les littératures de l’imaginaire renvoient de près ou de loin (mais bien souvent de très près) à des considérations particulièrement actuelles.

Les blagues douteuses et les scènes tout aussi glauques font le sel de bon nombre d’œuvres de SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique). Alors, bien sûr, il ne s’agit pas ici de poursuivre avec du J.R.R. Tolkien, du H.P. Lovecraft ou du Jules Verne : le consensuel n’est pas notre but. Non, misons plutôt sur le Wastburg crade, sur Les Salauds Gentilshommes qui donnent tout le ton dans le titre, ou même tout simplement sur Le Trône de fer qui avec son étude la place de la femme, de la vulgarité et de la sexualité dans une société médiéval-fantastique touche aux plus concrets des aspects fictionnels.

Alors définitivement, oui, le bon goût dans les œuvres des littératures de l’imaginaire doit être pris avec des considérations très larges. Bien sûr, le Docteur Manhattan est complètement d’accord… Affligeant, n’est-ce pas ? En vous remerciant, bonne journée.

 

—————————————————————————
La Tartine, une volée de mots émiettée au dépourvu, un billet à croquer le dimanche matin entre le petit déj’ et l’apéro. Car le monde des livres reflète toujours une part du réel.

Retour en haut