Red dragon tome 1

Titre : Red Dragon
Cycle/Série : Red Dragon, tome 1
Auteur : Masahiro Ikeno
Éditeur : Glénat
Date de publication : 4 octobre 2017

Synopsis : La dynastie Qin a fondé le premier Empire en Chine, mais cette dictature laisse le peuple dans la misère… Liu Bang et Lu Wan, deux amis d’enfance issus de la classe populaire, décident d’allier leurs forces pour organiser une rébellion et prendre le pouvoir, l’un par sa force et l’autre par son intelligence. Ce sera le début d’une belle aventure pour nos deux jeunes héros.

Bibliocosme Note 4.0

Mon nom est Liu Bang Ji! Je suis le descendant de l’empereur rouge, envoyé par les cieux pour mettre fin aux atrocités de l’empereur blanc, de son vrai nom Zhen Ying, le premier empereur qui vous tyrannise, vous exploite et vous tue! Si vous refusez de continuer à vivre en vous pliant à sa logique absurde, si vous avez le courage de prendre les armes pour l’affronter, alors rassemblez-vous sous la bannière de Liu Bang !

Parmi la bonne dizaine de titres qui sort dans nos librairies chaque mois ne serait-ce que pour les mangas, il n’est pas simple de faire le tri. On tombe parfois sur du très mauvais, parfois sur du surprenant, d’autres fois encore sur quelque chose de prometteur. Glénat, qui possède un catalogue de shônen bien fourni, l’étoffe encore avec un nouveau venu : Red Dragon, qui nous plonge dans l’histoire de la Chine antique. Rien que pour ce contexte original, le voyage vaut le détour.

    Deuxième siècle avant Jésus Christ, dans une Chine qui ne porte pas encore son nom, les royaumes rivaux ont enfin laissé la guerre derrière eux, rassemblés sous la fragile bannière de l’empereur de la dynastie des Qin. La guerre n’est plus mais les querelles intestines demeurent entre les clans. La population, encore très marquée par les duretés de la guerre, souffre elle aussi de ces inimitiés. Liu Bang et Lu Wan sont un peu les Robin des Bois de l’époque, ils détroussent les caravanes pour ravitailler la population. Derrière cette bienveillance, les deux héros nourrissent de bien plus importantes ambitions, ils veulent le pouvoir, rien de moins.

    L’histoire de Red Dragon trouve ses racines dans l’histoire chinoise antique, Liu Bang a bel et bien existé, c’est une première originalité pour un shônen. Premier empereur issu des classes populaires, il est le fondateur de la dynastie des Han. Tout n’est donc pas pure invention dans cette nouvelle série et, si le background des personnages est un peu romancé évidemment, des bases n’en sont pas moins conservées. Le quatuor de personnages principaux de ce premier tome est d’ailleurs plutôt bien construit, leurs intentions clairement exposées et leurs caractères tout à fait intéressants. Et puis ce contexte géopolitique chinois est pour le moment très prenant, entre corruption des élites, pauvreté et famine des populations. Dès ce premier tome, on s’attache à ces personnages charismatiques, les bons comme les mauvais d’ailleurs, à une aventure qui est déjà bien rythmée et intrigante et qui, au vu des enjeux, promet d’être trépidante. Masahiro Ikeno saupoudre enfin sa trame de bons dialogues et de petites touches d’humour sympathiques pour un peu plus de légèreté. Après tout, Red Dragon reste un shônen, il ne faut pas s’attendre non plus à un véritable récit historique. Presque pas de lubricité en plus, dans ce premier tome. Presque.

    Les personnages de ce premier volume sont, on l’a dit, intéressants et ils le sont tout autant dans leur design. Les personnages sont visuellement tous réussis et très charismatiques avec un Liu Bang légèrement androgyne. Les costumes des héros sont assez réussis également. Les expressions, notamment grâce à des regards perçants et marqués, ainsi que les mouvements des personnages en général, sont très bien rendus dans un découpage assez dynamique. Des cases relativement grandes pour un manga sont d’ailleurs au programme, ce qui semble plutôt un bon choix. Les environnements sont en revanche beaucoup plus avares en détails, parfois presque absents, la faute à des plans souvent assez rapprochés des personnages. On est à peine assez plongé dans la Chine. C’est un peu dommage pour l’immersion, d’autant plus que le trait de Ikeno est très agréable. Des effets de plongée et de contre plongée ou encore de jolis effets de perspective donnent encore un peu plus de vie à l’ensemble.

Red Dragon s’ouvre sous de très bon auspices, avec son histoire et ses personnages séduisants. Il n’y a plus qu’à espérer que la suite soit de la même veine !

 

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