Titre : Étoile Rouge
Série : One-shot dans l’univers de Block 109
Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat
Éditeur : Akiléos [fiche officielle]
Date de publication : juin 2010

Synopsis : Le 22 juillet 1944, l’URSS est envahie par les troupes du IIIe Reich. Le 12 octobre de cette même année, les pilotes du 3e Groupe de Chasse “Normandie” atterrissent à Ivanovo pour combattre aux côtés des troupes soviétiques.
À travers Étoile Rouge, c’est l’épopée glorieuse et tragique de cette escadrille que nous vous proposons de suivre, en s’attachant plus particulièrement au destin de trois de ses pilotes français.

Une vie pour deux. Le calcul est simple.

Bande dessinée de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat, Étoile Rouge se situe dans l’univers uchronique de Block 109. En effet, Adolf Hitler a été assassiné alors qu’il avait déjà déclenché la Deuxième Guerre mondiale, mais ses lieutenants n’ont pas faibli dans l’effort de guerre, bien au contraire puisque, par exemple, les Allemands ont terminé leur première arme atomique dès 1944.


Dans ce contexte troublé, nous suivons Bébert, Roland et Marcel, trois aviateurs français expérimentés qui font partie d’une unité « Normandie » envoyée en Russie, dans le secteur de Leningrad, pour soutenir le front est et tester de nouveaux avions de combat : pitch peut-être assez simple mais qui peut comporter quelques bons morceaux de bravoure. Le but pour le scénariste Vincent Brugeas était de mettre en avant une escadrille particulière de l’aviation française tout en prolongeant l’univers de Block 109. Quant à Ronan Toulhoat, c’était l’occasion d’utiliser son trait dru mais dynamique pour mettre en scène des monstres aériens impressionnants.

Dans un style très proche des personnages (cadrage serré, centré sur les visages, et dialogues souvent cloisonnés au strict quotidien militaire), les deux auteurs créent ici un récit plutôt convenu et que le lecteur risque de trouver extrêmement court. Malgré les quelques rebondissements inhérents à la situation militaire de tension permanente, Étoile Rouge semble n’être qu’une introduction à un récit qui aurait pu être bien plus grandiloquent. Pour les fans déjà connaisseurs de Block 109 plus spécifiquement, et ils constituent sûrement le public-cible de cette extension d’univers, le constat n’est pas beaucoup plus reluisant puisque les allusions à d’autres événements uchroniques sont loin d’être légion ; finalement, un seul en particulier reste comme point de repère.

Akiléos public ici un bel album franco-belge dans un format très classique, alors qu’ils sont davantage habitués à des formats un peu plus volumineux de romans graphiques. Pour autant, le scénario comme le dessin donnent l’impression que le travail a nécessité d’être bouclé un peu trop vite, voire à l’arrache. C’est vraiment dommage quand on constate l’impact que peuvent normalement avoir des dialogues de Vincent Brugeas bien ficelés ou des planches épiques de Ronan Toulhoat.

Étoile Rouge est donc une déception à plusieurs niveaux et aurait mérité une refonte pour attirer de nouveaux lecteurs alors que là l’impression donnée signifie davantage que le public visé se restreint un peu plus.

Voir aussi : Block 109

Autres critiques : Yaneck Chareyre (Chroniques de l’Invisible)