Titre : Death Note
Cycle/Série : Death Note, tome 1
Auteur : Tsugumi Ohba
Dessinateur: Takeshi Obata
Éditeur : Kana
Date de publication : 19 janvier 2007

Synopsis : Light Yagami ramasse un étrange carnet oublié dans la cour de son lycée. Selon les instructions du carnet, la personne dont le nom est écrit dans les pages du Death Note mourra dans les 40 secondes !! Quelques jours plus tard, Light fait la connaissance de l’ancien propriétaire du carnet : Ryûk, un dieu de la mort ! Poussé par l’ennui, il a fait entrer le carnet sur terre. Ryûk découvre alors que Light a déjà commencé à remplir son carnet…

Vous cherchez tous les deux un adversaire dont l’identité est un mystère… Et le premier qui sera trouvé mourra.
Les humains sont tellement intéressants…

Deathnote a débarqué en France il y maintenant dix ans et est terminé depuis déjà belle lurette mais n’en reste pas moins une des sagas marquantes du manga depuis le début des années 2000. Son succès a été foudroyant, et il n’est jamais trop tard pour vous donner envie de lire. Deathnote fut aussi la première collaboration du duo Takeshi Obata/Tsugumi Ohba qui ont récidivé deux fois depuis, récemment chez nous avec Platinum End. Mais revenons en à Deathnote. Quoi donc que c’est ?

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Le dieu de la mort Ryuk, miné par l’ennui, observe le monde des hommes depuis la dimension des dieux de la mort. Il y a volontairement laissé tomber son death note, son cahier de la mort dans lequel il note les noms de ceux dont il décide de la mort, qui, quelques quarante secondes plus tard, sont terrassés par une crise cardiaque. En abandonnant son cahier, Ryuk espère bien qu’un humain s’en emparera pour le divertir. Raito Yagami, brillant lycéen de 17 ans et dont l’ambition, par atavisme, est de devenir policier, met la main sur le cahier. Perçu comme un jouet dans un premier temps, Yagami ne tarde pourtant pas à vouloir éprouver les règles énumérées dans les pages du cahier. Rapidement, la liste de noms dans le Death Note s’allonge et déjà Yagami se perçoit comme le justicier ultime, le dieu qui vient débarrasser le monde du mal. Les uns après les autres, les criminels notoires meurent d’une crise cardiaque, cela ne passe évidemment pas inaperçu bien longtemps. Les polices de toute la planète tentent de mettre en commun leurs efforts pour lutter contre ces mystérieuses mises à mort, et seul L, le plus grand détective du monde, semble pouvoir lutter contre celui qui, déjà populaire, se fait appeler Kira.

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La réussite de Death Note repose indéniablement sur l’efficacité et l’ingéniosité de son scénario. Raito se lance dans un véritable massacre en décimant les rangs des criminels, et son action divise. L’opinion publique approuve globalement l’action de Kira, qui se livre à une épuration de la société, en ôtant la lie. Les forces de l’ordre sont tout autant divisées: doivent-elles soutenir l’action de Kira ? Est-il lui-même le plus odieux des criminels? Pour L, le doute n’est pas permis. Death Note met d’abord en scène le duel à distance que vont se livrer les deux personnages. Ces deux protagonistes sont l’une des grandes forces de ce premier tome. Raito (Light en Français, phonétiquement plutôt proche de la VO) est davantage développé puisque c’est sa routine de lycée puis de tueur que suit le lecteur. Loin du héros pétri de bonnes intention et tout gentil du shonen en général, Raito se révèle bientôt un personnage sombre et machiavélique, mentant, manipulant et trahissant à tout va derrière des ambitions qui lui semblent pures. Pourtant, quand il croit en avoir l’occasion, il ne perd pas un instant et tente de tuer L. La notion de justice qu’il prétend porter est-elle donc toujours valable ? Tout cela ne l’empêche pas par ailleurs d’être diablement charismatique. Raito est accompagné de son divin et mortel acolyte Ryuk qui n’est pas moins réussit, plein de mystère et de ressources. Ses objectifs ne sont pas encore très clairs, mais il mène sa petite étude sociale sur le genre humain. De l’autre côté de la barrière se dresse L, dont on ne connaît pas encore le visage mais seulement l’intelligence et la ruse qu’il s’applique déjà à utiliser pour coincer Kira. Le premier qui découvre l’identité de l’autre remporte la partie. Au-delà de cet affrontement dont les rebondissements s’annoncent très tôt dans ce premier volume avec un climax très réussit, Death Note propose aussi une réflexion sur le rapport à la mort dans notre société, et plus encore dans la société japonaise où la peine de mort est toujours d’actualité. Une façon intelligente d’aborder ce perpétuel débat. Si Death Note ne montre pas explicitement la violence et le meurtre, le lecteur reste confronté en permanence à la mise à mort de personnages qu’il ne connaît pas. Si les victimes de Raito sont bien des criminels, est-il sain de vouloir appliquer sa justice propre parce qu’on en a le pouvoir? Il est difficile de parler de manichéisme avec Death Note puisque les deux personnages ont en soi un objectif similaire: éradiquer la criminalité. D’autant plus que Raito hésite dans un bref premier temps à utiliser le cahier une fois qu’il a acquis la conviction de la réalité de son pouvoir. Seuls les moyens diffèrent, et sont même diamétralement opposés, entre les deux personnages. Je ne fais ici qu’esquisser la trame de Death Note et les relations qui se tissent entre les personnages dans ce seul premier volume. N’envisageant pas de faire la critique des volumes suivants, je peux néanmoins vous assurer de la constance de l’efficacité et de l’intelligence du scénario et des personnages de Death Note sur toute la série ou presque. Spoiler alert. Alors motus.

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L’histoire de Death Note est servie par un dessin qui est lui aussi très séduisant, les personnages rencontrés dans ce premier volume sont très réussis graphiquement, Raito en tête avec son charme et son allant naturel. Ryuk est lui aussi un belle réussite et rien qu’à le regarder voler de guingois, on ressent le mystère et les sombres ambitions qui entourent le personnage. Les environnements, urbain ou en intérieur sont agréables à l’oeil également. Enfin, la construction des planches à elles seules contribuent à l’efficacité de ce premier volume. Il n’y a pas de combats dans Death Note, de débauche de rayons laser ou d’autre effet pyrotechnique en tout genre, mais le choix de cases de tailles moyenne ou petite confère un rythme très soutenu à ce premier volume et qui rend rapidement le lecteur prisonnier de Death Note. Entendons-nous bien, cela n’entache nullement la lisibilité de l’action. Un mot enfin sur l’édition, très réussie, dès la couverture, et surtout sur les pages séparant les chapitres qui présentent les règles régissant le Death Note, comme si le lecteur feuilletait son propre cahier de la mort ou participait à un jeu de société. Malin et du plus bel effet.

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Ce premier volume inaugure superbement Death Note, une série d’une bonne dizaine de volumes mêlant à la fois policier et fantastique dans le cadre d’un duel sans merci, à mort, entre deux personnages géniaux. Pour les moins courageux, l’animé Death Note est lui aussi une belle réussite !

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