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Titre : Lune mécanique
Série : Descender, tome 2
Scénariste : Jeff Lemire
Dessinateur : Dustin Nguyen
Éditeur : Urban Comics (Urban Indies)
Date de publication : 30 septembre 2016

Synopsis : À court d’options, TIM-21 et ses compagnons rejoignent l’équipage de Psius, leader de la résistance robotique secrète, vers une destination inconnue. Le petit robot se découvre alors l’existence d’un autre androïde en tout point identique : TIM-22. Au même moment, à la bordure connue de la galaxie, un chasseur de primes écume le secteur à la recherche des foyers de racailles mécaniques. Sa traque le met sur la piste de TIM-21.

Note 4.5
 
Coup de coeur

C’est étrange de voir à quel point les humains font peu de cas de leurs anciens. Je pense que s’ils pouvaient les désactiver une fois qu’ils deviennent défaillants, comme ils le font avec nous, ils n’hésiteraient pas.

Il était bien temps que Casper revienne me direz-vous. C’est pas faux, vous répondrais-je ! Bien triste de n’avoir point rédigé de chroniques depuis un lustre, je m’en vais vous donner mon avis sur le second tome de la série de science-fiction Descender , l’un de mes coups de cœur de l’année qui vient d’arriver à son terme.

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Dans ce second opus de Jeff Lemire et Dustin Nguyen, l’on nous invite toujours à suivre les pérégrinations du petit droïde Tim-21 dans le feu des bot-grom, génocide perpétré par les humains à l’encontre des robots après l’attaque subie par le Conglomérat Galactique Unifié par des machines gigantesques sur laquelle s’ouvre le premier tome. Celui-ci se trouve désormais aux côtés du Programme, soit la résistance robotique.

Tandis que le premier tome suivait cet unique fil narratif, ce second tome ouvre une intrigue parallèle autour du personnage d’Andy, qui était, enfant, à la fois le compagnon et le propriétaire du jeune droïde. L’aventure se veut plus posée que dans le premier volume, le scénario continue de s’installer mais se complexifie aussi, au sens positif du terme, dans le même temps. Le caractère et l’histoire de certains personnages se développent. Une nouvelle fois, l’émotion est au rendez-vous, tant par les relations qui unissent les personnages entre eux que par les dialogues parfois poignants qui ne sont pas sans prise sur la réalité de la société actuelle, sans pour autant verser dans le mélodramatique ou le plaidoyer. De fait, le lecteur s’attache à tous les personnages, même à ce petit chien robot, Bandit, dont les expressions sont traduites par des smileys sur le petit écran noir qui lui tient lieu de visage.

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Graphiquement, le choix d’une palette de couleurs réduite n’empêche aucunement Dustin Nguyen de réaliser des planches superbes à l’aquarelle. Les visages sont superbes et expressifs par le seul jeu des nuances chromatiques. Un dessin qui était superbe dans le premier tome et que l’on retrouve avec joie ici. Quelques décors peuvent peut-être parfois sembler un peu vides néanmoins, mais cela s’accorde aussi avec le décorum spatial et la mise en scène de situations dans des environnement robotiques naturellement plus aseptisés. Enfin, plus classiquement, certaines planches revêtent des tons sépia pour évoquer des moments passés de l’histoire des personnages.

L’année s’achève de fort belle manière avec la suite des aventures de Tim-21 menée de mains de maître par Jeff Lemire et Dustin Nguyen. Une suite peut-être légèrement moins rythmée mais à l’histoire prenante et aux personnages attachants. Si cela ne suffisait encore, la couverture, sublime, doit vous convaincre à elle seule d’ajouter Descender à vos rayonnages.

Tim ? Qu’est-ce que tu fais ? Voilà, j’ai ajusté mes protocoles réactifs pour que mon visage et ma voix expriment la peur en cas de situation appropriée. Le jeu sera plus amusant désormais, Andy. Je te le promets.

Voir aussi : Tome 1

Autres critiques : Kameyoko (Fant’Asie)