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Titre : L’astragale
Scénario : Brigitte Sy et Serge le Peron d’après le livre autobiographique d’Albertine Sarrazin « L’Astragale » (1965)
Réalisateur : Brigitte Sy
Acteurs principaux : Leïla Bekhti, Reda Kateb, Esther Garrel, Jocelyne Desverchere, India Hair, Jean-Charles Dumay, Louis Garrel, Zimsky
Date de sortie française : 8 avril 2015

Synopsis : Une nuit d’avril 1957. Albertine, 19 ans, saute du mur de la prison où elle purge une peine pour hold-up. Dans sa chute, elle se brise l’os du pied : l’astragale. Elle est secourue par Julien, repris de justice, qui l’emmène et la cache chez une amie à Paris. Pendant qu’il mène sa vie de malfrat en province, elle réapprend à marcher dans la capitale. Julien est arrêté et emprisonné. Seule et recherchée par la police, elle se prostitue pour survivre et, de planque en planque, de rencontre en rencontre, lutte au prix de toutes les audaces pour sa fragile liberté et pour supporter la douloureuse absence de Julien…

Note 4.0

Je jouais ma dernière chance sur l’amour.

L’histoire d’amour entre Albertine et Julien Sarrazin, en tout cas ce début de passion, est au cœur du film de Brigitte Sy. L’actrice réalisatrice opte pour un noir et blanc qui nous permet de rentrer de plein pied dans l’époque (les années 50).

Ce choix fait penser aux films de voyous, notamment les scènes de bistrots, celles des rencarts clandestins. Albertine s’enflamme pour le beau Julien, comme si cette rencontre était la lumière pour enfin éclairer son chemin tortueux. Tour à tour forte, insoumise, libre, fragilisée, Leila Bekhti dans le rôle d’Albertine Sarrazin est d‘une grande justesse émotionnelle, elle incarne une jeune femme à fleur de peau, blessée dans sa chair mais qui trouve dans l’amour pour Julien un réconfort et une force indéfectible. Magnifiée par ce choix du noir et blanc, elle est y est remarquable. Et puis il y a Reda Kateb, qui en quelques films (« Hippocrate », « Loin des hommes ») impose son charisme et son élégance. A eux deux, ils donnent une sacrée densité à l’ensemble. Le choix des seconds rôles n’est pas anodin n’ont plus, leur « gueule » colle parfaitement à l’atmosphère de l’époque et donne une vraie authenticité.

Une histoire d’amour bouleversante, d’une grande pudeur portée par de magnifiques acteurs. Brigitte Sy signe un deuxième film d’une belle sensibilité.

 

Autres critiques : Auroreinparis (Auroreinparis) ; Sébastien Bertho (Les Temps Critiques)