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Titre : Y le dernier homme
Série : y le dernier homme, volume 1
Scénariste : Brian K. Vaughan
Dessinateur : Pia Guerra
Éditeur : Urban Comics (Vertigo)
Date de publication : 2012

Synopsis : Une épidémie mystérieuse a décimé toute la population mâle de la Terre ! Toute sauf un jeune homme, appelé Yorick Brown, et son singe, Esperluette. Pourchassés par des groupements de femmes aux intérêts divers, Yorick et Esperluette partent sur les routes dévastées des États-Unis, sous la protection de la mystérieuse et mortelle Agent 355.

Note 3.0

Vous savez, l’espace d’une seconde j’ai été assez con pour croire qu’être le dernier homme sur Terre, ça pourrait être fun…

 

Yorick est un jeune américain tout ce qu’il y a de plus banal. Bon… son occupation favorite consiste à jouer au magicien (il est d’ailleurs passé maitre en l’art de s’échapper de n’importe quelles paires de menottes ou camisoles de force) et il partage son petit studio avec un singe hyperactif, mais sinon sa vie n’a rien de bien exceptionnelle. Du moins était-ce le cas avant qu’il ne devienne le dernier homme encore vivant sur Terre. L’idée ne manque pas d’originalité, et cela surprend moins quand on apprend qu’elle vient de Brian K. Vaughan a qui l’on doit également d’autres superbes comics, à commencer par la série de science-fiction « Saga ». Mais qu’en est-il véritablement ici ? Si « Y le dernier homme » n’est certainement pas la plus grande réussite de l’auteur, ce premier volume pose cela dit des bases prometteuses. On y découvre les dix premiers chapitres des aventures de ce jeune homme qui va se retrouver au centre d’une immense toile après la mort inexpliquée d’absolument tous les représentants de la gente masculine, aussi bien des hommes adultes que des enfants ou même des animaux. On retrouve ici les bases de tout récit post-apo : une catastrophe inexpliquée qui entraine la chute de notre civilisation et la disparition de nos modes de vie et nécessite donc pour les survivant(e)s de s’organiser autrement.

Mais difficile de justement pour ces femmes de s’organiser sans les hommes… Non pas parce qu’elles seraient incapables de se débrouiller sans un mâle fort et brave à leur côté mais justement parce que le dit mâle a tendance dans nos sociétés contemporaines à avoir le monopole sur certaines professions essentielles pour le bon fonctionnement du pays. Impossible désormais de se déplacer en avion puisque que 90% des pilotes avant la catastrophe étaient des hommes, idem pour des métiers plus physique ou encore pour ce qui est de l’organisation politique du pays. Outre cette réflexion engagée sur la place des femmes dans nos sociétés modernes, l’intérêt de l’ouvrage tient aussi aux différentes réactions des survivantes face à la catastrophes. Endeuillées, nostalgiques, pragmatiques, euphoriques…, chacune se fait à sa manière à ce nouveau monde dont elles sont désormais les seules maîtres. Dommage toutefois que la bande des Amazones, guerrières tyranniques bien satisfaites d’être débarrassées du « joug » masculin, soit présenté de façon aussi peu nuancé : nous avons affaire à des folles fanatiques et cruelles, sans une once de raison et dont on comprend mal les motivations. Les personnages sont pour leur part plutôt intrigants, même si là encore on peine à comprendre les réactions ou les obsessions de certain(e)s.

 

Ce premier volume d’ « Y le dernier homme » marque le commencement d’une série prometteuse reposant sur une idée originale mais un scénario pour le moment assez classique dans sa construction. La toute dernière page de l’ouvrage laisse toutefois prévoir de sacrés rebondissements et donnent incontestablement envie au lecteur de poursuivre plus loin l’aventure en compagnie de Yorick et de son compagnon simien.

Voir aussi : Volume 2 ; Volume 3 ; Volume 4