Wielstadt

Titre : La trilogie de Wielstadt (Intégrale)
Auteur : Pierre Pevel
Éditeur : Pocket
Date de publication : 2011

Synopsis : Hiver 1620 : après s’être acquitté d’une délicate mission pour l’Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon. Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

Note 4.0

Je mène une guerre. Une guerre clandestine dont les nombreuses victimes et les rares héros ne seront jamais reconnus. Une femme va mourir ? Et alors ? Vous comme elle, comprenez trop tard, tragiquement trop tard, que cette guerre à laquelle vous désiriez vous mêler est impitoyable. Qu’elle est tout sauf une distraction de salon, un prétexte à des intrigues vaines. Si vous dites vrai, si le manuscrit que je possède mène à une prophétie ancienne, alors cela seul devrait vous convaincre qu’il ne doit à aucun prix tomber en les mains d’un démon. Quel qu’en soit le prix. Vous me reprochez mon indifférence ? Reprochez-vous plutôt votre inconséquence, car elle est la cause de tout.

 

Avec « La trilogie de Wielstadt » nous découvrons une ville du Saint-Empire-Romain-Germanique du XVIe siècle où l’opposition entre catholiques et protestants fait rage et où évoluent indistinctement du reste de la population des faunes, fées, dragons et autres sympathiques créatures du même acabit. Chaque tome nous offre une enquête différente menée par le chevalier Kantz qui se trouve successivement confronté à la dangereuse société secrète de la Sainte-Vehme, à un démon qui lui donnera bien du fil à retordre et enfin aux mystérieux et fascinants Hénokiens. On retrouve ici tout ce qui fait le charme des livres de Pierre Pevel : une intrigue bien ficelée et qui tient le lecteur en halène du début à la fin, des personnages attachants un univers extrêmement riche que l’on prend plaisir à découvrir et devant lequel on ne peut que s’émerveiller…

Le charme de ces romans tient aussi beaucoup à leur protagoniste, le chevalier Kantz, un personnage à la psychologie très fouillée et pour lequel on ne peut s’empêcher d’éprouver de la sympathie malgré son mauvais caractère et son côté bourru. Il s’agit là sans aucun doute du personnage le plus réussi de l’auteur, bien au dessus d’un Louis Griffont pourtant fascinant (« Les enchantements d’Ambremer ») ou encore d’un capitaine La Fargue (« Les lames du cardinal »). Les personnages secondaires ne sont pas en reste et c’est avec une petite pointe de nostalgie que l’on quitte la petite fée Chandelle, le faune Zacharios et son domestique simplet Feodor ou encore le Roi de Misère et sa cour des miracles revisitée.

Une excellente trilogie qui ne fait que confirmer le talent de Pierre Pevel qui figure sans aucun doute aujourd’hui parmi les meilleurs auteurs français de fantasy. Et ce n’est pas son dernier roman en date, « Haut Royaume » qui viendra prouver le contraire !