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Titre : Les larmes de Brunehilde
Cycle : Les reines pourpres, tome 2
Auteur : Jean-Louis Fetjaine
Éditeur : Pocket
Date de publication : 2007

Synopsis : Printemps 570. Attaqués par les Lombards, ravagés par la peste, les royaumes francs sont sur le point d’affronter un péril plus mortel encore : la haine de deux femmes, l’ambition de deux rois. Chilpéric, roi de Soissons, a fait assassiner sa femme pour offrir le trône à sa concubine Frédégonde, à qui il appartient corps et âme. Mais la reine assassinée était la sœur de la redoutable Brunehilde, épouse du frère aîné de Chilpéric, Sigebert. Pour assouvir sa vengeance, Sigebert se lance dans une guerre sans merci contre le royaume de son frère. Appuyées par les hordes de barbares saxons venues d’outre-Rhin, ses armées semblent invincibles. Mais, au moment où tout semble perdu pour Chilpéric et Frédégonde, l’intervention des évêques de Gaule et du roi de Bourgogne, Gontran, les préserve de l’anéantissement. La paix rudement négociée ne durera que quelques mois. Une nouvelle guerre va commencer, qui ravagera le pays pendant près de cinquante ans et que Frédégonde, reine des poisons, mènera à sa manière… p>

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Ma gorge se noue et voici que je pleure… Seigneur, ça ne m’était pas arrivé depuis si longtemps ! C’est bien. Il faut que je pleure, puisque ma vie fut triste. Que je pleure toute l’eau de mon corps. Ainsi, devant mes ennemis, je ne verserai pas une larme.

Avec ce second volet de l’histoire tourmentée du royaume franc du VIe siècle, Jean-Louis Fetjaine laisse quelque peu de côté le personnage de Frédégonde pour se concentrer sur celui tout aussi fascinant de sa némésis : Brunehilde. Le contexte pour sa part reste le même : les fils du roi Clotaire poursuivent leur lutte fratricide pour la conquête du pouvoir, lutte à laquelle se mêlent désormais leurs épouses respectives qui jouent un rôle de premier plan dans les affaires politiques de l’époque, quoique toujours dans l’ombre. Qu’il s’agisse du contexte géographique, politique ou encore religieux, tout est encore une fois abordé avec une précision et une clarté louable de la part de l’auteur, surtout compte tenu de la complexité du sujet. Les longs passages explicatifs, qui pouvaient quelque peu ralentir la lecture dans le premier tome, ont de plus tendance à se faire moins nombreux, ou du moins moins rébarbatifs.

Le changement de protagoniste relance pour sa part la curiosité du lecteur qui découvre les événements du point de vue de celle qui était jusque là « l’ennemie ». Ce regain d’intérêt est également en grande partie lié au personnage de Brunehilde, toute aussi passionnante que sa rivale et qui, comme elle, demeure aujourd’hui encore cernée d’une aura extrêmement noire que les recherches historiques récentes tentent difficilement d’atténuer. Notons toutefois que le personnage de Brunehilde bénéficie d’un portrait un peu plus nuancé, et donc plus flatteur, que celui de Frédégonde. Bien qu’aussi ambitieuse et retorse que cette dernière, l’épouse de Sigebert suscite ainsi davantage de sympathie que sa vieille ennemie dont elle ne possède pas autant la cruauté ou l’implacabilité qui avaient pu à quelques reprises faire douter au lecteur de son humanité dans le volume précédent.

Un second tome tout aussi réussi que le premier et une fresque historique captivante et remarquablement maîtrisée par cet auteur talentueux qu’est Jean-Louis Fetjaine. Une lecture à la fois divertissante et fort instructive.

Voir aussi : Tome 1