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Titre : Les voiles de Frédégonde
Cycle : Les reines pourpres, tome 1
Auteur : Jean-Louis Fetjaine
Éditeur : Pocket
Date de publication : 2006

Synopsis : Née esclave, Frédégonde était destinée à devenir courtisane dans un village gaulois. Mais un abbé la place servante chez l’un des fils de Clotaire, roi des Francs. Très vite, la jeune femme découvre la cour mérovingienne et devient la confidente d’Audowère, l’épouse du fils cadet de Clotaire. Novembre 561, le roi meurt. Ses quatre fils se partagent le royaume. L’impulsif Chilpéric se débarasse d’Audowère et prend Frédégonde pour maîtresse. Son frère Sigebert, lui, chef de guerre talentueux respecté de tous, épouse Brunehilde, la fille du roi wisigoth d’Espagne, aussi belle qu’instruite. Chilpéric, à la fois ébloui par cette alliance prestigieuse et rongé par la jalousie, décide alors d’épouser la soeur de Brunehilde. Mais Frédégonde n’est pas de celles que l’on peut impunément délaisser…

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Je ne sais ce que sera ta vie mon pauvre petit. Nos ennemis sont si nombreux, si puissants, si triomphants alors que tu n’as plus rien, hormis le nom que tu portes et l’espoir de ta lignée. Je prie pour qu’ils te laissent vivre, même pauvre, même asservi. Tu ne le seras jamais autant que je le fus. Tant que tu vis tout reste possible. Cela ne dépend que de toi. Tu peux réussir et forger toi même ton destin. C’est ce que je fis. On me le reprocha assez, mais à voix basse, loin de ma vue, car on me craignait.

Avec « Les reines pourpres », Jean-Louis Fetjaine nous offre un diptyque consacré à deux figures féminines emblématiques de l’histoire de la France du VIe siècle : Brunehilde et Frédégonde. Le lecteur se retrouve ici plongé au cœur d’une période trouble pour le royaume franc, partagé après la mort du roi Clotaire en 561 entre ses quatre fils (Sigebert, Chilpéric, Caribert, Gontran) qui n’auront dès lors de cesse de s’opposer les uns les autres dans une lutte de pouvoir sanglante et implacable. Nul doute que l’auteur ait effectué de sérieuses et abondantes recherches sur le contexte historique de l’époque tant ce premier tome se distingue par la qualité de sa documentation et par la profusion de détails sur la période concernée. Si cette avalanche d’informations peut avoir tendance à se faire parfois indigeste, il convient malgré tout de saluer le travail de l’auteur qui aborde avec clarté et concision un sujet extrêmement complexe.

Malgré ce léger défaut, il faut reconnaître que Jean-Louis Fetjaine signe là une belle fresque historique dont le principal intérêt réside, à mon sens, dans le fait que l’auteur adopte un point de vue féminin afin de relater des événements desquels elles sont généralement exclues, ou du moins n’occupent-elles qu’un rôle très secondaire. Il faut dire que Frédégonde, à laquelle est consacré ce premier tome, est un personnage particulièrement remarquable qui méritait bien un roman : ambitieuse épouse du roi Chilpéric Ier, reine de Neustrie, responsable de l’assassinat de tous ceux susceptibles de se mettre en travers de sa route (et ils furent nombreux!), maîtresse en l’art du complot et des manigances politiques… Le personnage ne brille certes pas par sa sympathie mais fascine néanmoins par son intelligence et sa force qui ne peuvent que laisser admiratif.

Encore une belle réussite pour Jean-Louis Fetjaine qui, après un cycle consacré au mythe arthurien (« La trilogie des elfes »), nous prouve avec ses « Reines pourpres » qu’il est tout aussi doué pour la fantasy que pour les romans historiques.

Voir aussi : Tome 2