Poum a une idée

Poum a une idée

11 mars 2018 2 Par Dionysos

Titre : Poum a une idée
Scénariste : Richard Maranzano
Dessinateurs : Angélique Césano (avec un bonus de Benjamin Basso)
Éditeur : Eidola [site officiel]
Date de publication : juin 2017

Synopsis : Poum a changé d’école et doit se faire de nouveaux amis. Mais des groupes sont déjà constitués et de solides rapports de force se sont déjà établis qui, dans la cour d’école comme partout ailleurs, se manifestent par la soumission au groupe ou au plus fort. Mais Poum a toujours des idées…Car Poum est une petite anarchiste qui espère des relations de camaraderie égalitaires. Elle va essayer de convaincre les autres enfants.

Bibliocosme Note 3.5

Si nous voulons être libres alors nous devons être égaux, car il ne peut y avoir de liberté si certains ont le pouvoir de dominer les autres.

Découvert par hasard, ce petit album à destination des plus jeunes fait partie d’une collection volontairement pédagogique. Chaque opus de la collection Chouette ! aborde un thème politique ou sociologique à voir du point de vue des enfants. Un peu par hasard et sans trop me rendre compte du thème abordé, je suis tombé sur cet album tout mignon sur bien des aspects.


Ainsi, Richard Marazano est ici associé à Angélique Césano (Benjamin « Ben » Basso participe seulement à un bonus de quelques pages) pour offrir une initiation à l’anarchie. Oui ! L’anarchie expliquée aux enfants ! n’est-ce pas déjà une très bonne idée ? Poum arrive dans la cour d’école et rencontre trois autres enfants qui suivent d’ores et déjà un fonctionnement, une organisation entre eux, et donc forcément politique, puisque cette organisation décide de qui dirige, que faire et comment le faire. Forcément, Poum est un petit peu celle qui « crache dans la soupe », c’est l’élément perturbateur. Il est intéressant déjà de placer une héroïne dans cette position et surtout de proposer un modèle de petite fille qui casse certains codes. Cela est bienvenu, d’autant plus sur un sujet aussi sensible. Ce n’est pas parce que les protagonistes et le public visé sont d’un très jeune âge que la politique au sens d’organisation des rapports de force ne sont pas à questionner. Les enfants comprennent particulièrement bien les rapports de force ; que ce soit entre frères et sœurs, avec les parents, dans la cour de récré, avec les copains, dans une crèche, tous leurs lieux de vie sont régis par cette élément primordial qu’est un rapport de force. Au passage, les dialogues comme les dessins permettent de donner un petit coup de jeune à l’idée anarchique, qui n’est pas du tout l’absence totale de pouvoir, mais plutôt l’absence de pouvoir centralisé dominant, le but étant plutôt de répartir le pouvoir sur davantage d’individus : c’est l’ordre moins le pouvoir, en somme. Et c’est intéressant de proposer l’idée aux plus jeunes avant que « l’anarchie » ne devienne pour eux que l’expression d’un chaos qu’il faudrait fuir.

Alors Poum, ce n’est ni le Parti ouvrier d’unification marxiste (parti espagnol qui luttait contre le franquisme, au passage), ni ce gai chenapan de la vieille série Pim Pam Poum. Pour autant, peut-être que ces deux inspirations se sont culbutées pour concocter un album bien sympathique et vraiment didactique.

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