Orcs et gobelins, tome 1 : Turuk

20 décembre 2017 1 Par Casper

Titre : Turuk
Cycle/Série : Orcs et gobelins, tome 1
Auteur : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Diogo Saïto
Éditeur : Soleil
Date de publication : 25 octobre 2017

Synopsis : L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. A l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer. Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, Il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…

Bibliocosme Note 3.0

-Donc, soit on en construit un, soit on dégote le dragon de mademoiselle l’elfe, qui n’en a pas fini de nous les briser !!!
– Ce coin, c’est un vrai piège. On ne trouvera rien pour le quitter parce que personne ici ne veut que la bouffe s’enfuie. Et la bouffe,
c’est nous !
Rondar’r n’avait pas le sens du dramatique, pas une once d’imagination. S’il disait ça c’est qu’il le ressentait dans ses tripes.

   Avec 19 tomes de Elfes et huit tomes de Nains en moins de cinq ans, nul doute que les aventures des peuples des terres d’Arran ont trouvé leur public en ces temps où la Fantasy connaît de bien beaux jours. Deux familles manquaient encore cependant à l’appel pour compléter cette grande fresque. C’est désormais chose faite puisque Jean-Luc Istin rassemble dans un même titre les deux charmantes races des orcs et des gobelin, accompagné de Diogo Saito pour dessiner ce premier album, Turuk. Quatre autres sont déjà en cours, et le cahier de croquis en fin d’album permet d’en avoir un bref aperçu.

    Prisonnier des elfes avec deux de ses subtils comparses, l’orc Turuk, au physique peu commun parmi ceux de sa race, a mis au point un plan d’évasion grandiose qui lui permet de recouvrer la liberté. Lorsqu’il se réveille des heures plus tard, c’est avec une sale bosse et une douleur à la tête. Pas moyen de se rappeler ce qui s’est passé ni où il a atterri. Comme ses premières pérégrinations le lui apprennent, il semble bien loin de son point de départ, sur une île dont la ville semble avoir été abandonnée dans la précipitation. Turuk n’y retrouve que ses deux potes d’évasion. Reste à savoir pourquoi l’île est si calme si l’on fait exception de la geôlière elfe qui leur délivre des salves de flèches et qui est bien déterminée à ramener ses prisonniers morts ou vifs.

    D’emblée, le lecteur qui découvre cet attrayant album en librairie est en droit de se demander s’il lui est impératif de se farcir tous les albums susmentionnés pour comprendre quelque chose à Orcs et gobelins, premier du nom. Et c’est là une première bonne chose : absolument pas ! N’ayant moi même lu que le premier tome de Elfes, il n’est fait référence qu’une fois dans l’album à ces autres aventures. On peut donc se lancer sans hésiter dans Turuk. L’amnésie du personnage rend ce sentiment de découverte plus facile. L’attachement du lecteur au vert faciès de l’orc et lui aussi grandement facilité par le fait que d’orc, Turuk ne porte que le nom, il est en fin de compte très humain dans son système de pensée et ne dépayse donc guère. Les deux compagnons du héros ressemblent bien plus à l’idée que l’on se fait des orcs en général : bourrins, un peu drôles et un peu classes quand même. Turuk lui-même ne passionne donc pas, mais ses aventures sont sans temps morts, mâtinées d’humour et avec un petit rebondissement en fin d’album. Mais bon, voilà, Turuk aurait été un elfe, un nain ou un bête humain, il aurait été le même. Cette ambiance un peu huis-clos avec son lot de monstres zombiesques sur fond de romance naissante ne brille pas tellement non plus par son originalité. Attention, la lecture n’en est pas désagréable pour autant ; elle est juste très classique et sans réelle surprise.

    Diogo Saito fournit de son côté un très beau travail pour ce premier Orcs et gobelins qui attire beaucoup par ses couleurs légères et ses dégradés qui donnent un cachet tout particulier à cet album. Dans sa totalité, l’album est vraiment très réussi visuellement, qu’il s’agisse des personnages, de leurs apparence et de leurs expressions comme des environnements, magnifiés dans les scènes de course-poursuite à travers la ville à renfort de perspectives. Mon seul regret est vraiment Turuk, trop générique et trop humain, tant dans sa personnalité que dans son aspect. Le découpage est parfaitement adapté à ce récit plein d’action avec des gouttières plutôt discrètes, ce qui fluidifie encore le tout. Quelques cases de grandes dimensions, voire de pleine page, permettent d’admirer le travail de Saïto.

Servi par un superbe graphisme, Turuk est une lecture agréable mais aussi très classique qui risque de vite faire oublier son histoire. Une entrée en demi-teinte dans l’univers des orcs.

Autres critiques : Belette2911 (The Cannibal Lecteur)

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