Guide de survie en territoire littéraire2

Aujourd’hui, intéressons-nous à un genre en particulier, le roman policier. L’américain Raymond Chandler (1888-1959), auteur notamment de la série Philip Marlowe, a publié en 1950 l’essai The Simple Art of Murder où figure une simple liste de « 10 commandements pour écrire un bon policier ».


1. Le récit doit être motivé par la crédibilité, tant de la situation initiale que du dénouement.

2. Il doit respecter techniquement les méthodes d’assassinat comme d’enquête.

3. Il doit être réaliste dans ses personnages, son cadre et son ambiance. Il doit s’agir de gens réels plongés dans le monde réel.

4. Il doit avoir une valeur en tant qu’histoire, en dehors de son élément de mystère.

5. Il doit posséder une simplicité de structure, essentielle pour être expliqué sans peine le moment venu.

6. Il doit déjouer un lecteur raisonnablement intelligent.

7. La solution doit sembler évidente une fois révélée.

8. Il ne faut pas essayer de tout faire à la fois. S’il s’agit d’une histoire de résolution de puzzle dans une atmosphère plutôt cool, on ne peut en faire en même temps une aventure violente ou une romance passionnée.

9. Il faut punir le criminel, d’une manière ou d’une autre, pas nécessairement par l’effet de la loi. Sinon une enquête non résolue pourrait laisser au lecteur un sentiment de frustration.

10. Il faut être honnête avec le lecteur.

Surtout axée sur la simplicité et l’accessibilité des romans policiers, cette liste restreint aussi considérablement le champ d’action de ces romans de genre. Ainsi, selon Raymond Chandler, il ne peut donc y avoir de romans policiers en fantasy ou en science-fiction au vu du point n°3. De même, le point n°2 limite quand même l’éventuelle originalité de l’investigation.