Jeunesse - Young Adult

Les Profs

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Titre : Les Profs
Réalisateur : Pierre-François Martin-Laval
Acteurs principaux : Christian Clavier, Isabelle Nanty, Pierre-François Martin-Laval, Kev Adams, Arnaud Ducret, Stefi Celma
Date de sortie : 17 avril 2013

Synopsis : Avec ses 12% de réussite au bac, le lycée Jules Ferry est le pire lycée de France. Ayant déjà épuisé toutes les méthodes conventionnelles, l’Inspecteur d’Académie, au désespoir, s’en remet aux conseils de son Adjoint. Ce dernier lui propose de recruter une équipe de professeurs selon une nouvelle formule : aux pires élèves, les pires profs pour soigner le mal par le mal… C’est sa dernière chance de sauver l’établissement, à condition de dépasser le seuil des 50% de réussite au bac. L’inspecteur accepte, pour le meilleur… et pour le pire.

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« Je suis grillé comme un tournedos qu’on a oublié dans une vieille poêle à frire.
– Le langage sans mots transmet parfois plus de mots que les mots du langage.
– Hein ?
– Il veut dire qu’elle a les yeux qui te mangent les fesses, la petite. »

La bande dessinée Les Profs, c’est des situations caustiques, de l’humour grinçant et une actualité bien trouvée. Cette adaptation est tout le contraire, semble-t-il.


 

Le constat de départ (les 12% de réussite au bac, etc.) est plausible, tout peut arriver. Mais dès les premières scènes, on nous dit que le slogan « aux pires élèves, les pires profs » est complètement con (sic !), mais alors pourquoi en faire un film, me direz-vous ? Et comment assumer une telle adaptation ?

Les Profs, ce sont d’abord des Profs. Cela tombe sous le sens, mais ce n’est jamais mvs de souligner les évidences. Alors, en effet, ils ont trouvé des stars, mais pas le pire du pire non plus : Christian Clavier en Serge Cutiro (ou « Tirocu » comme vous voulez), Isabelle Nanty en Gladys, professeur d’anglais et également Kev Adams pour le rôle du fameux Boulard, le cancre. Quelques seconds couteaux et Pierre-François Martin-Laval lui-même en Polochon, le professeur d’histoire-géographie, en plus de réaliser, rejoignent le casting. Mais dans quel but, si ce n’est attirer le chaland ? Si certaines productions se veulent une cour de récréation pour acteurs de talent et l’assument pleinement, Les Profs, eux, ne jouent pas sous ce préau-là. Effectivement, on nous sert une comédie insipide où ces acteurs en font des caisses et ça agace dès les premières minutes. Clavier et Nanty jouent sur leur registre respectif, mais cela tombe rapidement à plat entre deux scènes bâclées ; la prof de français est bonne (selon les ralentis, apparemment), et c’est tout ; le prof de sport est ridicule mais en joue vachement bien, au moins. Bref, bonjour l’estime du professeur qui n’est déjà pas bien haute ! Ce film réussit à démonter le statut de professeur sans ne jamais avoir aucun recul (ce que la bande dessinée a, il me semble), le pire étant Polochon, recruté sans aucune qualification.

Alors, bien sûr, nous pourrions toujours trouver des points positifs, car les délires d’Isabelle Nanty, malgré sa perruque aberrante, sont quand même énormes, parce que les costumes de Polochon sont bien trouvés, parce que d’une certaine manière les Profs originaux sont bien présents. Mais cela n’empêche pas de constater que nous sommes là devant un remake bas de gamme de Les Sous-doués passent le bac (et sans Daniel Auteuil en cancre pour tenir le film, car Kev Adams est quand même bien limité), où le scénario repose sur du vide, où l’année est expédiée en cinq minutes et où les passages musicaux sont assommants. Et puis, vraiment, pourquoi la Guyane comme punition ? le bagne de Cayenne n’est pourtant plus d’actualité. Bonjour, encore une fois, l’image de notre système scolaire qui, sans être parfait (loin de là), mériterait d’être défendu en y mettant un peu du sien.

Une réalisation bas de gamme, des personnages bâclés et un scénario aux abonnés absents… ce ne sont pas les quelques sourires gênés qui réussissent à pointer qui rattraperont le tout. Pierre-François Martin-Laval fait donc ce qu’il peut, mais on n’y croit pas. Alors, non : les Profs n’ont clairement pas le swag ! Ceux qui ont aimé la bande dessinée détesteront cette adaptation… les autres, ma foi, ils verront bien.

 

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, essais historiques, littératures de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine. Membre fondateur du Bibliocosme.

Aucun commentaire

    • Dionysos

      S’ils avaient cherché l’art et la manière d’être drôle, commencer par regarder la BD aurait pu être utile alors : poser les scènes, le contexte, miser sur le comique de situation et verbal (le prof de sport est au moins servi de ce côté avec les activités sportives dans les arbres et ses surnoms à la Sellig). Là, ils nous servent un humour bas de plafond misant sur le visuel uniquement. Au bout de quelques plans, c’est déjà vide de sens, j’ai l’impression.

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