Batman & the justice league tome 1

Titre : Batman & the justice league
Cycle/Série : Batman & The justice league, tome 1
Auteur : Shiori Teshirogi
Éditeur : Kana
Date de publication : 3 novembre 2017

Synopsis : Gotham City est la ville avec le plus haut taux de criminalité du pays. Cela n’empêche pas Rui, un jeune japonais, de s’y rendre dans l’espoir de retrouver ses parents disparus. Mais à peine arrivé, il est attaqué par un policier devenu complètement fou. Malgré son talent pour le combat, Rui ne s’en serait pas sorti sans l’intervention de Batman. Le Chevalier Noir le met en garde… La ville est trop dangereuse pour lui… Sans compter que celui qui tire les fi celles n’est autre que le Joker ! Batman devra se faire aider pour faire revenir la paix sur Gotham City…

Bibliocosme Note 2.5

-Batman ? Qui est-ce ? Ce type aussi est mauvais ? […] Vous les avez tués ?
-Je ne suis pas un assassin. Je cherche simplement à faire peur aux criminels.

    DC comics élargit décidément ses horizons en ce moment. Si Marini est partout mis en avant avec sa version franco-belge de Batman, l’éditeur américain est également allé voir du côté du Japon pour trouver un auteur digne de proposer lui aussi sa version des aventures du chevalier noir. Une auteur en réalité, puisque c’est Shiori Teshirogi, connue pour son travail sur Saint-Seiya qui se voit confier cette périlleuse mission. Une lecture un peu périlleuse elle aussi en réalité.

Le jeune Rui Aramiya, venu tout droit du Japon, arrive à Gotham City où ses parents ont mystérieusement disparus dans un accident industriel. Convaincu qu’ils ne sont pas morts, Rui, formé aux arts ninja, décide de mener l’enquête. Rapidement, il est pourtant en bien mauvaise posture. C’est sans compter sur l’arrivée de Batman, qui enquête lui aussi. Mais si le Joker apparaît comme l’évident responsable de la catastrophe, l’ombre d’un autre criminel plus ambitieux encore plane aussi sur cette étrange affaire.

Dans un premier temps, ce Batman & the justice league nous est présenté du point de vue du jeune japonais, qui arrive tout plein de sa naïveté à Gotham City. Aramiya, c’est en fait un peu l’alter ego d’un lecteur qui ne se serait jamais vraiment plongé dans les comics. Il découvre la métropole Gothamienne et s’étonne de n’en trouver aucune trace dans les guides touristiques et a à peine entendu le nom de Batman. Aussi, Batman & the justice league a pour principal (et seul ?) intérêt de constituer une porte d’entrée dans l’univers DC pour qui n’y connaît mie. Enfin, il faudrait tout de même avoir quelques bases, parce qu’on ne nous présente pas vraiment les personnages croisés dans ce premier tome. Au moins, les origines de Batman nous sont épargnées puisque Aramiya est lui-même orphelin. Aramiya est justement la grande faiblesse de ce manga. Pour séduire le public japonais, il a sans doute été jugé indispensable d’imaginer un personnage japonais et des petites doses de culture japonaise, sans quoi Batman & the justice league aurait été boudé. Mais ce nouveau héros n’est pas bien intéressant… Et tellement mal introduit. Lui qui apparaît comme une faible victime (dans son écriture autant que dans son trait), se retrouve d’un seul coup ninja. Mouais. Quant aux autres protagonistes, Teshirogi assiste très lourdement sur leurs caractères histoire de bien les camper, au point que cela puisse sembler un peu caricatural pour qui les connaît. L’histoire en elle-même est aussi un mélange assez peu subtil entre le shônen et le comics. La trame autour des Ley Lines est clairement issue de l’univers du manga, mais elle est aussi démesurée qu’improbable dans l’univers du comics Batman. En somme, si Marini de son côté a opté pour une histoire très classique, Teshirogi ose davantage mais pour un résultat qui manque beaucoup d’équilibre. A la manière du shônen cependant, ce premier tome se démarque pas un rythme très soutenu.

Visuellement, il est assez surprenant de retrouver nos héros en collants préférés dans un style japonais très marqué. Ce n’est pas gênant d’ailleurs. Le souci est que l’on peut assez aisément confondre quelques personnages une fois débarrassés de leurs masques. Batman est plutôt réussi, le joker est assez moyen (50 nuances de gris n’aident pas), mais surtout Superman a des proportions pour le moins étranges… Le reste du casting de la Justice League est quant à lui à peine entraperçu dans ce premier volume. Le découpage est en revanche très efficace pour ce qui est de mettre en scène l’action. Une débauche d’effets en tout genre vient toutefois ternir la lisibilité des cases dans un format par nature déjà réduit.

Batman & the justice league a le mérite de proposer quelque chose de nouveau, d’un peu bancal, certes, mais qui pourrait avoir le potentiel pour attirer des lecteurs néophytes dans l’univers du comics.

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