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Titre : Harry Potter et l’enfant maudit
Auteurs : J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne
Éditeur : Gallimard
Date de publication : 2016 (octobre)

Synopsis : Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Note 3.0

-Rose te déteste.
-Rectification, elle me haïssait, mais tu as vu son regard quand je lui ai posé la question ? Ce n’était pas de la haine, c’était de la pitié.
-Et la pitié c’est bien ?
-La pitié c’est un début, mon cher, une fondation sur laquelle bâtir un palais, un palais d’amour !

 

Harry Potter. Ce nom, tout le monde le connaît car nous sommes nombreux à avoir vécu aux côtés du petit garçon, puis de l’adolescent, des aventures littéraires et/ou cinématographiques extraordinaires. Alors, quand dix ans après la sortie du dernier tome de la série, une suite est finalement annoncée, forcément, le public est au rendez-vous. La forme, pourtant, n’a rien à voir avec les précédentes œuvres de J. K. Rowling puisque nous avons ici affaire au script d’une pièce de théâtre co-écrite par Jack Thorne et John Tiffany. Un roman aurait sans doute davantage contenté les fans mais la perspective de quitter de nouveau, l’espace de quelques pages, le monde des Moldus a cependant vite balayé les réticences de la plupart des lecteurs. Mais qu’en est-il du résultat ? S’agit-il d’une escroquerie parmi tant d’autres pour nous faire cracher au bassinet en exploitant jusqu’à la lie une franchise à succès, ou s’agit-il bel et bien d’une œuvre cohérente, s’inscrivant dans la continuité de la série ? En ce qui me concerne je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé. C’est indéniable, on ressent énormément d’émotion à la lecture de cette huitième histoire. Revenir à Poudlard aux cotés d’Harry, Hermione, Ron et les autres, c’est un peu comme retrouver de vieux amis dans un décor qui recèle de tellement de souvenirs que l’on s’y sent presque comme chez soi. Ce ne sont pourtant plus tout à fait ni le monde ni les personnages que l’on a quitté il y a tant d’années et je pense que beaucoup ressentiront une petite pointe de nostalgie en constatant que l’époque de nos trois héros est bel et bien révolue et qu’ils ont désormais laissé leur place à une toute nouvelle génération.

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Pour ce qui est de la relève, justement, les jeunes protagonistes sont plutôt réussis, qu’il s’agisse d’Albus Potter ou de Scorpius Malfoy, deux jeunes garçons frustrés de ne pas pouvoir communiquer comme ils le voudraient avec leur père et entretenant une solide amitié. C’est du côté de l’intrigue, en revanche, que je suis un peu plus embêtée. D’abord parce que certains éléments sont vraiment tirés par les cheveux et que parfois les personnages que l’on connaissait si bien n’agissent pas du tout comme on pouvait s’y attendre (et pas dans le bon sens…). Ensuite parce que la pièce n’hésite pas à nous faire revivre certaines scènes des tomes précédents (« La coupe de feu », notamment) selon un angle légèrement différent…. et je ne parviens pas à décider s’il s’agit d’une bonne chose ou pas. Car si ces passages ne manquent effectivement pas de faire vibrer la fibre nostalgique des lecteurs, je ne peux d’un autre côté m’empêcher de les trouver trop faciles, comme si le but n’était pas du tout de raconter une nouvelle histoire mais d’offrir aux fans une autre conclusion à la précédente. Alors je mentirais si je n’avouais pas m’être délectée de certains passages dans lesquels les personnages emblématiques de la série défilent lors de brèves apparitions (ah Severus Rogue !) mais le ressort sur lequel repose la majeure partie de l’intrigue ne fonctionne tout simplement pas. Pour ce qui est du format, on s’habitue bien vite aux didascalies comme aux dialogues, même si on éprouve à nouveau de la frustration à voir certains éléments révélateurs de la richesse de l’univers de Rowling balayés aussi rapidement. Difficile malgré tout de ne pas se montrer admiratif devant l’ambition de cette pièce qui, à première vue, me semble assez compliquée à mettre en scène. Étant donné son formidable succès, je ne risque pas d’assister à une représentation de si tôt mais j’avoue que je serais curieuse de voir de quelle manière les producteurs ont réussi à jouer avec autant de décors aussi différents et surtout aussi vastes (sans parler de tout ce qui à trait à la magie !).

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Avec ce « huitième tome », la série Harry Potter trouve une nouvelle conclusion qui rassurera les fans sur la situation de leurs héros plus de vingt ans après les événements relatés dans les autres tomes. L’œuvre n’arrive cependant pas à la cheville des précédents opus, même si c’est avec un petit pincement que l’on referme, sans doute définitivement cette fois, l’histoire d’Harry Potter. Bref, un ouvrage qui fait ressurgir de bien plaisants souvenirs, sans nous en créer de nouveaux…