Décade de l'Imaginaire 2015

Titre : L’évangile selon Artyom
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Éditeur : L’Atalante
Date de publication : novembre 2014 (2011 en VO)

Synopsis : Pour cette troisième édition de la Décade de l’Imaginaire, laissez-vous envoûter par les textes courts des auteurs que nous publions.

Note 2.5

Désormais, il n’y a ici que du charbon et de la suie et seuls les sacs en plastique survolent cette désolation noire. Quand nous aurons tous clamsé, et je donne à l’humanité deux cents ans tout au plus, ces sacs poursuivront leur course pendant encore quelques siècles. C’est sans doute tout ce qui restera de notre civilisation, de notre monde. Ces sacs sont nos excréments impérissables. Le mémorial le plus approprié à notre insignifiance.

Pour lancer l’opération de La Décade de l’Imaginaire 2015, les éditions L’Atalante proposent une nouvelle de Dmitry Glukhovsky, déjà parue dans l’anthologie Utopiales 2014, L’évangile selon Artyom.

Artyom est un héros solitaire. Masques à gaz, combinaison effrayante, il arpente le métro moscovite ravagé en quête d’un peu d’espoir et de reconnaissance. Ce personnage principal permet surtout à son auteur de revisiter l’univers post-apocalyptique qui l’a fait connaître internationalement : celui de Métro 2033. Nous remontons dans les souvenirs de cet Artyom au cœur bien lourd pour s’immiscer au sein même de ce qui a pu déclencher cette apocalypse nucléaire, mais c’est surtout sur les Noirs que nous en apprenons bien davantage, ces êtres mystérieux qui sèment la terreur auprès de ceux fuyant la surface autant que les vapeurs toxiques qui l’occupent.

Dmitry Glukhovsky adopte un récit un peu décousu, avec quelques retours en arrière et un certain nombre de phrases sans verbe conjugué, technique que je n’apprécie que très peu. On peut facilement regretter qu’il ne nous apporte finalement que bien peu d’éléments sur le déclenchement des mutations à la surface, mais il réussit au moins à nous intéresser à un personnage pas comme les autres, cet Artyom au destin si houleux.

Autres critiques : Baroona (233°C)