Le roi d'aout

Titre : Le roi d’août
Auteur : Michel Pagel
Éditeur : Flammarion / J’ai lu
Date de publication : 2002 / 2005
Récompenses : Grand Prix de l’Imaginaire 2003 (meilleur roman français)

Synopsis : À l’âge de quatorze ans, Philippe, promis aux plus hautes fonctions du royaume de France, s’égara lors d’une chasse en forêt. De la bouche d’un être que d’aucuns auraient cru légendaire, il apprit de quelle fantastique ascendance il était l’héritier, ainsi que la véritable nature des pouvoirs royaux des Capétiens. Sa vie entière, le souverain resta hanté par cet événement qui modela à jamais sa personnalité et ses actes, d’alliances en conflits avec la Papauté ou les Plantagenêts, et jusqu’à la stupéfiante répudiation de sa seconde femme, la belle Isambour de Danemark. Voici contée ici la destinée exceptionnelle du roi Philippe-Auguste : une chronique strictement fidèle aux faits relatés par les Témoins de l’époque, mais qui révèle enfin ce dont l’Histoire n’a gardé trace…

Note 3.5

Le peuple n’avait pas de nom car ses membres n’en avaient jamais ressenti le besoin, et il était d’une diversité étonnante – quoique bien inférieure à celle que lui prêtaient les légendes humaines. Centaures, sirènes, satyres, toutes ces créatures à mi-chemin entre l’homme et la bête étaient nées d’affabulations. Il y avait ceux des rivières qui vivaient et pouvaient se fondre en l’eau; il y avait ceux des forêts qui habitaient les arbres et les fougères, qui voyageaient pas les chemins végétaux; il y avait ceux des pierres et de la terre, qui occupaient montagnes ou cavernes..

 

C’est au règne du grand Philippe Auguste, l’un des plus célèbres rois de France qui exerça le pouvoir de la fin du XIIe au début du XIIIe siècle, qu’est consacrée « Le roi d’août », uchronie dans laquelle Michel Pagel propose d’insérer à la trame historique des éléments propres à la fantasy afin d’éclaircir certains points demeurés obscurs. L’auteur met un point d’honneur à suivre scrupuleusement les événements historiques, s’appuyant pour cela sur les chroniques de l’époque (dont chaque début de chapitre nous offre un bref passage) et sans aucun doute un grand nombre d’ouvrages spécialisés. Le roman souffre, à mon sens, de petits problèmes de rythme dans sa première partie, les personnages passant et disparaissant trop rapidement, sans vraiment que l’on ait assez de temps pour s’en émouvoir, tandis que l’intrigue peine à démarrer. La seconde partie, en revanche, se fait bien plus vive et donc plus passionnante.

Outre la qualité de la reconstitution historique, saluons également l’originalité du pitch de base qui part du principe de l’existence d’une race non humaine caractérisée par le milieu dans lequel ses membres évoluent (l’eau, le végétal, la pierre…) et qui apporte une grande dose de fraîcheur au récit. C’est d’ailleurs quand l’auteur ose vraiment s’écarter des chroniques et de la trame historique originelle pour mettre en avant cette trouvaille que le roman devient vraiment intéressant. Les passages consacrés à la reine Isambour de Danemark sont ainsi ceux que j’ai trouvé les plus aboutis et les plus captivants. Les personnages quant à eux manquent peut être un peu de chaleur au début, à commencer par Philippe Auguste, mais ne tardent pas à évoluer et à se faire plus attachants au fil du récit.

 

Une lecture agréable et instructive, récompensée en 2003 par le grand prix de l’imaginaire.

Autres critiques : Yossarian (Sous les galets, la plage)