50 nuances de grey

Titre : Cinquante nuances de Grey (« Fifty shades of Grey »)
Scénario : Adapté du roman « Cinquante nuances de Grey » de E.L. James
Réalisateur : Sam Taylor Johnson
Acteurs principaux : Jamie Dornan et Dakota Johnson
Date de sortie française : 2015 (février)

Synopsis : L’histoire d’une romance passionnelle, et sexuelle, entre un jeune homme riche amateur de femmes, et une étudiante vierge de 22 ans.

Note 0.0

Si vous étiez à moi vous ne pourriez plus vous asseoir pendant huit jours.

 

J’y suis allée. J’ai vu. J’ai pleuré. Non pas d’émotion ni de joie, comprenez moi bien, mais bel et bien de douleur. Deux heures de navet, c’est que ça fait quand même long. Bon, je me doutais bien avant d’y aller que je n’allais pas franchement être emballée (rien que la bande annonce me donnait limite la nausée), mais il aurait été dommage de perdre deux invitations, alors par curiosité… Et c’est là que je me dis que parfois la curiosité peut effectivement être un très gros défaut. Que retenir alors de cette projection ? Une histoire d’amour bateau et classique au possible (un beau et riche jeune homme tourmenté s’éprend d’une petite « intello » inconsciente de son charme), de mauvais acteurs (Dakota Johnson en tête), des dialogues à se cogner la tête contre les murs, un doublage catastrophique… N’en jetez plus, c’est déjà bien assez. Curieusement (ou pas) se sont les scènes de sexe qui sont les plus réussies du film, à l’exception notable des scènes SM. On s’en doutait un peu mais le tout reste quand même très très soft et il n’y a guère que la dernière scène qui mette un peu en avant une pratique de ce genre. Une scène d’ailleurs totalement ridicule lors de laquelle l’héroïne nous démontre les ravages causés par l’absence constante d’activité cérébrale : « Comment ? En fait ce que tu veux c’est me faire mal ? ! ! ». Heu, comment te dire… Ça fait deux heures qu’il te parle de ses goûts particuliers, qu’il t’encourage à aller voir sur internet ce qu’est la soumission sexuelle et le sado-masochisme et qu’il t’a montré sa « salle de jeu » remplie de martinets, fouets et autres accessoires tous aussi réjouissants et toi tu ne captes que maintenant ? !

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Au delà de son insipidité, le film est surtout très dérangeant dans le sens où il donne une image révoltante de la femme d’aujourd’hui, ici complètement infantilisée (et de toute évidence heureuse de l’être). Apprenez donc que la femme ne sait pas manger, boire ou encore mettre sa ceinture. Non. Chaque fois, le patient et paternaliste Monsieur Grey est là pour « aider » la pauvre petite Anastasia à accomplir les gestes du quotidien. C’est lui qui lui explique qu’il va lui « donner un bain » (véridique…), qui lui change sa voiture sans lui en référer, qui lui achète les vêtements qu’elle doit porter, qui lui choisit son médecin… Et notre « héroïne » de s’amuser du caractère autoritaire de son amant tout en se pliant béatement à toutes ses exigences. Mais bon, elle rechigne toujours un peu au début alors l’honneur de la gente féminine doit sans doute être sauf… Les scènes ridicules de ce genre se succèdent, la palme revenant peut-être à celle au cours de laquelle le preux Christian Grey vole au secours de sa belle courant apparemment un redoutable danger à se trouver un peu alcoolisée dans un bar américain avec ses amis (si, si…). Tout cela est déjà bien déplorable, mais cela le devient malheureusement davantage lorsque le film ne cesse de nous rappeler grâce à de petits clins d’œil tout sauf subtiles qu’Anastasia est censée briller par son « intelligence ». Je vous assure. Elle répète par exemple à de multiples reprises que son truc c’est avant tout les bouquins (permettez-moi d’en douter…) et n’hésite pas à affirmer à sa colocataire qu’ « évidemment, je sais me servir d’un GPS, j’ai quand même 19 de moyenne en littérature anglaise ». Sans commentaire…

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Vous l’aurez compris, cette projection aura été pour moi (et pour Dionysos également) un moment très pénible, pas tant en raison des mauvais jeux d’acteurs, du scénario bancal et des dialogues d’une stupidité affligeante (ce qui fait quand même déjà pas mal…), mais surtout à cause de l’image déplorable que le film donne de la femme, gentille simplette un peu coconne mais qu’on aime bien quand même parce qu’elle est jolie et qu’elle fait ce qu’on lui dit. Et elle sait même faire des pancakes ! C’est à vomir, et malheureusement ça va cartonner…

Voir aussi : La critique du livre par Dionysos (Le Bibliocosme) ; La critique de Kimysmile ; La critique de Rue89 ; La critique d’Un odieux connard