La musique du silence

Titre : La musique du silence
Auteur : Patrick Rothfuss
Éditeur : Bragelonne
Date de publication : 2014 (novembre)

Synopsis :  Rares sont ceux qui connaissent l’existence du Sous-Monde, une toile brisée d’anciennes galeries et de pièces laissées à l’abandon qui s’étend dans les profondeurs de l’université. Protégée par ce labyrinthe sinueux, confortablement installée au cœur même de ces lieux désolés, vit une étrange jeune femme. Le silence et les ténèbres semblent être ses seuls compagnons sur le chemin qu’elle se fraie dans cet univers souterrain. À moins qu’elle ne perçoive autre chose. Comme une complainte des oubliés, mêlant douceur et amertume à son existence… Son nom est Auri. Et sa vie est peuplée de mystères.

Note 2.5

On ne désirait pas de choses pour soi-même. Ça vous rendait humble. Ça vous gardait sain et sauf. Ça voulait dire qu’on pouvait se mouvoir de par le monde sans tout chambouler sur son passage. Et si on était scrupuleux, si on faisait partie intégrante des choses, alors on pouvait aider. Réparer ce qui était fêlé. Réparer les choses trouvées de guingois. Et l’on comptait sur le monde pour qu’en retour il mette sur votre chemin de quoi se nourrir. C’était la seule façon gracieuse de se mouvoir. Tout le reste n’était qu’orgueil et vanité.

 

« Vous n’aurez peut-être pas envie d’acheter ce livre. Même si vous avez lu mes livres précédents, je crois qu’il est plus honnête de vous avertir que c’est une histoire un brin étrange… différente. Elle ne fait pas tout un tas de choses qu’un récit classique est censé faire. » Dès la préface écrite de la main de Patrick Rothfuss lui-même les choses sont claires, et pourtant je ne m’attendais pas à être aussi déçue par cette novella (vendue au prix d’un roman, bien sur…). Avec « La musique du silence » l’auteur revient sur un personnage secondaire mais très atypique de sa série « Chronique du tueur de roi », la petite Auri, étrange jeune fille résidant dans le Sous-Monde, un dédale de tunnels et de pièces abandonnées situées sous l’université. Grande amatrice des précédents romans de l’auteur, c’est avec enthousiasme que je me suis plongée dans ce court récit censé nous en apprendre plus sur ce personnage et nous permettre de retrouver l’espace de quelques pages l’univers de la fabuleuse université de magie d’Imre. Or dans les deux cas, mes espoirs ont été lourdement déçus et l’avertissement lancé dans la préface me semble donc tout à fait approprié : il n’est pas dit que ceux qui ont adoré suivre les aventures de Kvothe montreront autant d’enthousiasme à la lecture de « La musique du silence ».

C’est donc une histoire bien atypique que nous relate Patrick Rothfuss puisqu’elle a la particularité de ne contenir ni action, ni dialogue et de ne comprendre qu’un seul personnage. Pourquoi pas… Le parti pris est originale mais le récit atteint vite ses limites. Auri est certes un personnage intéressant et plutôt attachant, mais on apprendra finalement rien de plus sur elle que ce qu’on avait déjà pu entrevoir dans les précédents tomes de la série. Dès le début du récit le lecteur est bien au fait qu’il va suivre un protagoniste au comportement étrange et qui entretien une relation très particulière avec le monde qui l’entoure mais aucune information supplémentaire ne sera donnée. On ignore pourquoi elle se soucie tant de « la bonne marche du monde » ou pourquoi elle accorde tant d’importance et d’affection aux objets inanimés qui l’entourent (l’accumulation d’adjectifs du style « charmante », « isolent » ou encore « rieuse » pour qualifiés les-dits objets peut au passage devenir un peu lassant). Ces sept jours passées au côté de la jeune fille ne tardent donc pas à devenir un peu longuets, d’autant qu’effectivement, l’action est réduite à peau de chagrin et que le moment le plus palpitant du récit se résume à assister à la confection de savons. Je ne suis pas contre un rythme plus lent et des scènes d’action réduites au minimum mais tout de même…

 

Patrick Rothfuss signe avec « La Musique du Silence » une novella très particulière qui, bien que située dans l’univers de la série « Chronique du tueur de roi », ne ravira pas nécessairement les fans des précédents romans. Le personnage d’Auri est intéressant, mais de là à lui consacrer un récit à part entière… Ne reste plus maintenant qu’à attendre le troisième tome des aventures de Kvothe qui devraient se montrer plus palpitants.

Autres critiques : Kissifrott (Le Dévoreur de Livres) et Nicolas Soffray (YoZone)