Ghostopolis

Titre : Ghostopolis
Scénariste et Dessinateur : Douglas TenNapel
Éditeur : Milady Graphics
Date de publication : 2012 (2010 en VO chez Graphix)

Synopsis : Le jeune Garth ne pensait pas découvrir si tôt le monde des spectres ! Propulsé par accident à Ghostopolis par Franck Gallows, un chasseur de fantômes un peu usé, il s y découvre des pouvoirs spéciaux… et de nouveaux ennemis ! Car ses nouvelles capacités font des envieux parmi les puissants. Frank sait que les heures de Garth sont comptées. Il n’a pas le choix : il doit s infiltrer dans Ghostopolis et trouver une issue vers le monde des vivants.

Note 2.0

Les insectes abîment toujours tout ! Ils sont un peu comme les CM1 de l’au-delà !

Ghostopolis, la « ville des morts », nous allons la visiter en compagnie d’un jeune humain qui ne devrait pas y être. Doug TenNapel propose un récit loufoque et macabre, publié chez Milady.

Nous débutons avec l’alternance intéressante entre Garth Hale, un enfant atteint d’une longue maladie, et l’agent Frank Gallows, chasseur de fantômes : le second finit par envoyer par accident le premier dans le monde des morts où il renvoie d’habitude tous les fantômes qui ne souhaitent pas y rester. En effet, pour la Force d’Intervention de l’Immigration Surnaturelle, dirigée par le lieutenant Brock, la règle est claire : « pas de fantômes chez les vivants » ! La mythologie de l’au-delà est intéressante avec la rencontre successive de Joe, pilote de Tuskegee, de Vaugner, maître des insectes, du roi des spectres du Sud (il y a un Sud dans l’au-delà ?), de la reine des Faes, du pharaon noir, du duc des gobelins, du roi squelette venu du Nord, du seigneur des zombies et du roi des croque-mitaines, rien que ça ! Le tout est lié par un rassemblement des « Sept royaumes ». Nous pouvons ajouter à tout cela que l’ex-femme fantôme du héros est bizarrement nommée « Claire Voyante » et son conjoint précédent est tout simplement « un cador dans sa partie » (pas davantage de secrets dévoilés) et que, pour finir, comme par hasard, son oncle est loup-garou !

Bon donc, le scénario est plutôt facile. Mais les gags se révèlent efficaces tandis que les personnages sont attendrissants ; le dessin prend d’ailleurs le même chemin. Nous accompagnons le jeune héros dans sa découverte du monde des morts, à la suite du cheval dénommé « Côtelette » et c’est l’occasion de croiser quelques personnages complètement barrés qui détonnent, ainsi qu’un humour relativement garni dans ces passages. Graphiquement, justement, c’est clairement tourné vers un esprit enfantin ; une question peut quand même poindre à l’horizon : pourquoi faire de temps en temps des cases en noir et blanc ou en jaune et noir au milieu d’une quantité d’autres tout à fait normales ? J’imagine que c’est pour mettre en valeur un aspect, un objet, un personnage ou une situation, mais dans les cas que j’ai repérés, impossible de les justifier autrement que par une envie subite de l’auteur. On regrettera également que l’humour devienne par moment vraiment pipi-caca, c’est ainsi, avis aux amateurs. On remarque enfin, pour pinailler, un art de l’onomatopée mal maîtrisé quand il s’agit, par exemple, de mettre un « bloque » pour illustrer une parade lors d’un combat… Ce n’est pas grand-chose, mais ce sont les détails qui font les avis les plus précis.

Avec un final qui gâche un peu les bonnes dispositions prises par le début de l’histoire et une fin fondée sur un simple retour à la normale très convenu, Ghostopolis ne se termine pas aussi bien qu’il pouvait nous avoir attirés. Pourtant, pour un jeune public, cela peut se révéler une très bonne lecture sur des sujets comme devenir adulte ou ne pas avoir peur de la mort (deux sujets que je n’aborderais surtout pas moi-même !).