La saga de Hrolf Kraki

Titre : La saga de Hrolf Kraki
Auteur : Poul Anderson
Éditeur : Le Bélial / Folio SF
Date de publication : 2004 / 2006

Synopsis : Il est l’héritier des ténèbres. Son père est mort dans un odieux complot. Son grand-père a péri de la main même de son propre frère… Il est le fils du pouvoir. Dans ses veines coule le sang des Skjoldung, souverains d’un Danemark impitoyable et sauvage. Il est Hrolf Kraki, le plus grand prince danois du Haut Moyen Âge, né d’un amour incestueux, en guerre pour accéder au trône. Voici le récit d’une époque où régnait la magie des runes, où les êtres surnaturels marchaient aux côtés des hommes, où l’Histoire s’appelait Destinée et avait pour couleur celle du sang versé.

Note 3.0

Notre vie est perdue mais ceci nous survivra. La mémoire ne tombe pas en poussière et jusqu’à la Fin du Monde, protégé de l’oubli, le nom du héros vivra.

 

Avec cette « Saga de Hrolf Kraki », Poul Anderson nous propose une plongée dans la vie de ce célèbre roi danois du Haut Moyen-Age dont le règne marqua une sorte d’âge d’or de la civilisation nordique. L’auteur explique bien dans son avant-propos n’avoir nullement la prétention de reconstituer LA réalité historique mais plutôt une réalité, en tentant de combler les vides tout en restant fidèle aux modèles originaux. Le pari est réussi sur ce point, la structure même du roman ainsi que les multiples chants insérés dans le récit favorisant l’immersion du lecteur dans cette civilisation nordique du VIe siècle à propos de laquelle on sent que Poul Anderson s’est abondamment documenté.

Mais c’est là aussi que le bat blesse en ce que me concerne : le roman veut tellement coller aux sagas et textes médiévaux que je n’ai à aucun moment réussi à me sentir vraiment concernée par le destin de ce personnage manquant trop d’humanité, de chaleur. La figure de Hrolf Kraki n’est pourtant pas la seule sur laquelle Poul Anderson s’attarde puisque il consacre par exemple toute la première partie du roman au père de celui-ci ainsi que de nombreux chapitres à ses principaux compagnons d’armes. Autre regret également, le personnage de Skuld, demi-sœur du roi et rare élément surnaturel intégré au récit, que je trouve largement sous-exploité alors que j’en attendais beaucoup, peut-être trop.

 

Un roman qui m’a donc laissé un peu sur la touche malgré le talent évident de l’auteur et le soin apporté par celui-ci à rester fidèle à ses sources sans pour autant négliger le plaisir de lecture.

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