Le dernier rayon du soleil

Titre : Le dernier rayon du soleil
Auteur : Guy Gavriel Kay
Éditeur : Le Pré-aux-clercs / Pocket
Date de publication : 2006 / 2010

Synopsis : Quelque part au nord, trois civilisations sont parvenues à un tournant de leur histoire. À bord de leurs vaisseaux-dragons, les Erlings mènent des raids sanguinaires contre les Anglcyns, contraints de s’allier avec leurs ennemis de toujours, les Cyngaëls, pour repousser les envahisseurs. Mais le vent du changement souffle sur ces terres hostiles où rien ne pousse. Thorkell le Rouge, Aëldred et Alun, les chefs de ces trois peuples que tout oppose, vont bientôt réaliser que leur survie dépend les uns sans les autres, tant leurs destins sont désormais étroitement liés. Malgré la présence bienveillante des fées de l’entremonde, est-on arrivé au dernier rayon de soleil ?

Note 4.0

Il mourait debout, néanmoins, au combat, comme il le devait. Les dieux aimaient leurs guerriers, leur sang, les vaisseaux-dragons, les épées rougies: corbeaux et aigles vous invitaient à entrer dans les salles où l’hydromel coulait en abondance, pour toujours. Le soleil s’était levé, mais soudain il ne pouvait plus le voir. Il y eut une longue vague blanche. Guthrum murmura le nom d’Ingavin et de Thünir, et s’en alla les rejoindre

 

Après Constantinople sous l’empire romain (« La Mosaïque de Sarrance »), l’Italie de la Renaissance (« Tigane ») ou encore l’Espagne de la Reconquista (« Les Lions d’Al-Rassan »), Guy Gavriel Kay s’attaque avec « Le dernier rayon du soleil » aux civilisations celtiques et nordiques du Moyen Age. On découvre ainsi trois peuples aux origines peu éloignées mais qui se vouent pourtant une haine farouche, et un roi, à la fois ambitieux mais pourtant plein de noblesse et de bonnes intentions, habité par le rêve de voir un jour ces ennemis de toujours s’unir sous une seule et même bannière. Si les enjeux sont peut-être un peu moins importants et passionnants ici que dans les romans précédents de l’auteur, il n’en reste pas moins qu’on suit l’histoire avec un réel plaisir grâce au talent de conteur hors pair de Guy Gavriel Kay qui n’a décidément pas sont pareil pour créer des univers captivants et des personnages émouvants.

On retrouve donc ici tout ce qui fait le charme des romans de l’auteur, à commencer par une écriture très fluide mais surtout juste et poétique, donnant lieu à des scènes plus bouleversantes les unes que les autres (je pense notamment au voyage de certains des protagonistes dans les profondeurs de la forêt ainsi qu’à l’époustouflant duel final). Comme toujours, se sont cela dit les personnages qui constituent le plus gros point fort du roman, tous bénéficiant d’une psychologie très soignée et d’une personnalité attachante. Tout juste pourrait-on regretter que les femmes, généralement mises en avant dans les romans de l’auteur, semblent ici un peu trop en retrait… La reconstitution historique est elle aussi de qualité, mais venant de Guy Gavriel Kay, cela ne surprendra personne. L’auteur nous fournit ainsi un aperçu assez restreint mais néanmoins très riche de certaines des grandes civilisations nordiques du IXe siècle (les Anglo-Saxons, les Celtes Gallois, et les Danois) tout en mettant en avant une figure parmi les plus emblématiques de l’histoire de l’Angleterre : le roi Alfred le Grand.

 

« Le dernier rayon du soleil » est un excellent roman qui s’inscrit dans la même veine que les précédents ouvrages de Guy Gavriel Kay qui nous dévoile là encore toute l’étendue de son talent. Voilà bien un auteur que je ne me lasserai pas de lire de si tôt !

Autres critiques : Célindanaé (Au pays des cave trolls)