130709025820105893[1]

Titre : Le derniers des Francs
Auteur : Michel Pagel
Éditeur : Critic (collection Trésors de la Rivière Blanche)
Date de publication : 2013

Synopsis : Quand Brennus meurt devant Alésia, après avoir assassiné Jules César, il ne sait pas qu’il vient de changer la face de l’Histoire. Huit siècles plus tard, un Empire celte unifié affronte toujours Rome. Sous couvert de son mariage avec la jeune Lirane, Lucius Antonius Tubero (« le bossu ») accompagne son oncle sénateur pour une mission secrète à Gergovie d’où dépendra la survie de l’Empire romain. Parmi les guerriers de leur escorte se trouve Alrik, le dernier des Francs.

big_2.5

Seraient aussi du voyage deux hommes comme je n’en avais encore jamais vu, entourés d’un aura de tristesse et d’une gangue de désespoir quasi palpable. Une noirceur terrible pesait sur eux, comme s’ils avaient vu trop de gens mourir et en étaient venus à n’accorder qu’un prix dérisoire à la vie, la leur ou celle des autres. Comme s’ils n’avaient pas particulièrement tenu à la conserver mais avaient en revanche été prêts à la vendre aussi chèrement que possible. D’une certaine manière, ils avaient l’air déjà morts.
« Le plus vieux s’appelle Gervald, me déclara mon oncle quand je lui demandai qui ils étaient. Son fils, Alrik. Ce sont les derniers des Francs. »

Après une excellente uchronie consacrée au roi Philippe Auguste et au Moyen Age central, Michel Pagel retente à nouveau l’exercice avec « Le dernier des Francs », roman initialement paru en 2012 chez « Rivière Blanche » et republié cette année par les éditions « Critic ». Nous nous trouvons cette fois dans une Antiquité tardive totalement chamboulée par la mort prématurée de Jules César, assassiné non pas sur les marches du sénat par Brutus et ses complices, mais en plein milieu de la Guerre des Gaules, par un Celte aux ordres de Vercingétorix. L’idée est originale et les conséquences évoquées intéressantes : l’ascension de Pompée aux plus hautes fonctions de la République puis de l’Empire, le repli de Rome sur elle-même, le partage du monde entre quatre grands royaumes (les Romains, les Celtes, les Parthes, les Huns)… Si le cadre est certes assez enthousiasmant et l’écriture de Michel Pagel toujours aussi agréable, force est malgré tout de reconnaître que le roman m’a au final assez peu emballée.

Le faible enthousiasme suscité par le récit tient en grande partie à sa trop grande brièveté ainsi qu’au manque d’envergure dérangeant de l’intrigue qui aurait mérité d’être développée sur bien plus que les deux cent pages que compte le roman. C’est donc sans ennui, mais sans grande passion non plus, que l’on suit l’expédition menée par un petit groupe très hétéroclite en mission pour le compte de l’empire romain. Et il ne se passe malheureusement guère plus… Cet Occident uchronique totalement redessiné nous reste ainsi parfaitement étranger du début à la fin, et compte tenu de la très bonne idée de base de l’auteur, cela est fort dommage. Les personnages sont pour leur part assez attachants, le narrateur et sa promise Lirane en tête, à l’exception peut-être d’Alrik, le fameux dernier des Francs, qui donne son titre au roman (je serais d’ailleurs bien en peine de comprendre pourquoi tout comme il faudra m’expliquer le rapport entre son statut particulier de « dernier des Francs » et l’intrigue).

Un roman agréable et qui se lit très rapidement mais qui est loin de m’avoir laissé un souvenir impérissable. « Le dernier des francs » n’est certainement pas le meilleur ouvrage de Michel Pagel, aussi conseillerais-je plutôt à ceux qui souhaiteraient découvrir ce dont cet auteur talentueux est capable le très bon « Roi d’août » déjà mentionné plus haut, ou encore « Les flammes de la nuit ».