• Le bleu des abeilles

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    Titre : Le bleu des abeilles
    Auteur : Laura Alcoba
    Éditeur : Gallimard
    Date de publication : 2013

    Synopsis : La narratrice a une dizaine d’années lorsqu’’elle parvient à quitter l’’Argentine pour rejoindre sa mère, opposante à la dictature réfugiée en France. Son père est en prison à La Plata. Elle s’’attend à découvrir Paris, la tour Eiffel et les quais de Seine qui égayaient ses cours de français. Mais Le Blanc-Mesnil, où elle atterrit, ressemble assez peu à l’’image qu’’elle s’’était faite de son pays d’’accueil. Comme dans son premier livre, Manèges, Laura Alcoba décrit une réalité très dure avec le regard et la voix d’’une enfant éblouie. La vie d’’écolière, la découverte de la neige, la correspondance avec le père emprisonné, l’’existence quotidienne dans la banlieue, l’’apprentissage émerveillé de la langue française forment une chronique acidulée, joyeuse, profondément touchante.

    Note 4.0

    Le point de départ de mon voyage se trouve quelque part sous mon nez.
    J’étais encore en Argentine quand je me suis mise en route.

  • Chien du Heaume

    Chien du Heaume

    Chien du Heaume

    Titre : Chien du Heaume
    Auteur : Justine Niogret
    Éditeur : Mnémos (Icares)
    Date de publication : novembre 2009
    Récompenses : Prix Imaginales 2010 du roman francophone ; Grand Prix de l’Imaginaire – Étonnants Voyageurs 2010 du roman francophone ; Prix Oriande 2010 du roman de féérie

    Synopsis : On l’appelle Chien du Heaume parce qu’elle n’a plus ni nom ni passé, juste une hache ornée de serpents à qui elle a confié sa vie. La quête de ses origines la mène sur les terres brumeuses du chevalier Sanglier, qui règne sans partage sur le castel de Broe. Elle y rencontre Regehir, le forgeron à la gueule barrée d’une croix, Iynge, le jeune guerrier à la voix douce, mais aussi des ennemis à la langue fourbe ou à l’épée traîtresse. Comme la Salamandre, cauchemar des hommes de guerre…
    On l’appelle Chien du Heaume parce qu’à chaque bataille, c’est elle qu’on siffle.
    Dans l’univers âpre et sans merci du haut Moyen Âge, loin de l’image idéalisée que l’on se fait de ces temps cruels, une femme se bat pour retrouver ce qu’elle a de plus cher, son passé et son identité.

    Note 4.0

    Il y a beau temps que je ne pense plus. Depuis des années, j’ai compris que la chose était trop compliquée et douloureuse pour avoir encore envie de m’y frotter. J’ai la chance d’avoir des convoitises de loup et des appétits de sang ; si la faim me serre, je mange ; si je veux tuer, je le fais. Je ne vois guère plus loin. Pas de questionnements là-dedans ; aucun. Pas plus que pour un animal.

    Ma petite fan de fantasy préférée a encore frappé ! Et me voilà lancé à l’assaut de la courte, mais intense, bibliographie de Justine Niogret, une des nouvelles têtes de la fantasy française.

  • Olympe de Gouges

    Olympe de Gouges

    Titre : Olympe de Gouges
    Scénariste : Catel
    Dessinateur : José-Louis Bocquet
    Éditeur : Casterman (Écritures)
    Date de publication : 14 mars 2012

    Synopsis : Mariée et mère à 18 ans, veuve aussitôt après, Marie Gouzes décide ensuite de vivre librement. Elle se fera désormais appeler Olympe de Gouges. Femme de lettres, fille des Lumières, libertine et républicaine, Olympe a côtoyé la plupart de ceux qui ont laissé leur nom dans les livres d’histoire au chapitre de la Révolution : Voltaire, Rousseau, Mirabeau, Lafayette, Benjamin Franklin, Philippe Egalité, Condorcet, Théroigne de Méricourt, Desmoulins, Marat, Robespierre… En 1791, quand elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe demande l’égalité entre les sexes et le droit de vote; des propositions qui resteront révolutionnaires jusqu’au XXe siècle.

    Note 3.0

    Mon corps est prisonnier mais mon esprit est libre.

    Olympe de Gouges est de ces personnages historiques que beaucoup ne connaissent uniquement par des rues portant son nom. Catel nous offre la possibilité d’approfondir ses faits et gestes alors que l’Ancien Régime vit ses derniers jours.

  • D’eau et de feu

    D'eau et de feu

    Titre : D’eau et de feu
    Auteur : Françoise Bourdin
    Éditeur : Belfond
    Date de publication : 12 septembre 2013

    Synopsis : Au coeur de l’Ecosse, un vaste manoir victorien abrite une famille fraîchement recomposée. De cette confrontation tumultueuse et violente va naître une intense passion. Le jeune Scott revient au domaine familial de Gillepsie. Stupéfait, il découvre que son père, Angus, patriarche autoritaire et vieillissant, s’est remarié avec une Française, Amélie. Installée à demeure en compagnie de ses quatre enfants, trois garçons turbulents et une jeune fille, Kate, cette nouvelle belle-mère a bien l’intention de marquer son territoire. De son côté, Scott ne trouve pas cette famille recomposée particulièrement à son goût. Les tempéraments s’affrontent et les jalousies s’installent. La tension sourd silencieusement autour du véritable enjeu familial : qui sera l’héritier ? Qui gardera le domaine et fera fructifier l’entreprise de distillerie de Gillepsie ? Chaque clan aiguise ses armes, mais un amour improbable, impossible, fera peut-être tout basculer.

    Note 3.0

    Je sais qu’elle me plaît et que, le soir, je suis content de la retrouver et d’être un homme marié. C’est assez clair ? […] Qu’est-ce que t’imaginais ? Qu’à soixante ans on est fini ? Qu’on n’a plus de besoins ? Ah là là ! attends d’y être et tu verras ! Je suis dans la force de l’âge et bien décidé à profiter enfin de l’existence.

    Que je ne suis pas coutumier de lire du Françoise Bourdin ! Je m’y suis mis grâce aux éditions Belfond, qui la publie depuis des années, ainsi qu’à Babelio et à sa Masse Critique régulière, ms aussi et surtout aux conseils de lecture de ma chère maman.

  • Allende, c’est une idée qu’on assassine

    Allende

    Titre : Allende, c’est une idée qu’on assassine
    Auteur : Thomas Huchon
    Éditeur : Editions Eyrolles
    Date de publication : 2013

    Synopsis : Le 11 septembre 1973, le gouvernement du président démocratiquement élu Salvador Allende est renversé par un coup d’Etat militaire. Après 3 ans d’enquête de terrain et 30 interviews accordées par l’entourage du Président, Thomas Huchon revisite l’histoire contemporaine du Chili, patrie du socialisme démocratique latino-américain. Il construit ainsi un texte exclusif, où l’originalité d’une forme dynamique se nourrit d’informations inédites. Documenté et vivant, il éclaire de l’intérieur la figure de l’homme politique, dont il révèle à la fois le charisme et l’actualité. A noter en complément du livre, le documentaire de Husson sur ces années d’enquêtes.

    Note 5.0

    « L’histoire est à nous. Ce sont les peuples qui les font. »

  • Les faibles et les forts

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    Titre : Les faibles et les forts
    Auteur : Judith Perrignon
    Éditeur : Stock
    Date de publication : 2013

    Synopsis : Il a l’air d’un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l’argile, rivière Rouge, c’est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s’élancent, à leurs mères qui disent, Attention au courant, et aux vieilles, comme moi, qui se retranchent à l’ombre sur leurs sièges pliants.

    Note 4.0

    Rien ne trouble le fleuve. Il connaît son sort, il descend l’Amérique et s’en va se noyer dans le Mississippi puis dans la mer. Il est tout petit là-bas dans la mer, mais si grand devant nous. J’ai peur de lui. J’ai l’impression qu’il rit, qu’il rit du pont un peu plus loin qui rouille en ayant cru l’enjamber, qu’il rit de nous aussi, de nos mains et nos pieds incapables de nager, de nos sueurs froides quand passe la police, j’ai l’impression que nous sommes comme les feuilles mortes qui dans quelques mois se détacheront des arbres, poussières dans l’eau.

  • L’oeil du purgatoire

    L'oeil du purgatoire

    Titre : L’œil du purgatoire
    Auteur : Jacques Spitz
    Éditeur : L’Arbre Vengeur
    Date de publication : 24 octobre 2008 (1ère édition en 1945)

    Synopsis : Vous connaissez le passé, imaginez le futur, redoutez le présent: il vous reste à découvrir le «présent vieilli», ce temps inédit inventé par Jacques Spitz dans un roman phénoménal considéré comme un des classiques du roman d’anticipation français.
    Son héros, un peintre raté résolu au suicide, va vivre une expérience hors du commun qui le conduira où nul n’est allé: inoculé par un savant fou, un bacille s’est attaqué à sa vue et lui permet de voir le monde et les êtres tels qu’ils seront dans un futur proche. Mais ce qui n’était qu’une étrange expérience devient une aventure effarante lorsqu’il réalise que le temps se dilate et qu’il «voit» de plus en plus en avant.
    Livre haletant sur le cauchemar d’un homme seul au milieu d’un univers en déréliction, L’œil du purgatoire est un roman unique qui réussit à pousser une logique jusqu’à son extrême limite avec une audace et une intelligence qui ont laissé pantois ses admirateurs. Il était impensable de ne pas le proposer de nouveau à ceux qui croient que la littérature, mieux que n’importe quel art, doit nous permettre d’explorer les confins et les mystères de notre imaginaire.

    Note 5.0

    Je suis mort, et il n’y a rien de changé dans l’univers : dirai-je que c’est un peu décevant ?

    Comme promis, voici comment j’ai abordé les éditions L’Arbre Vengeur, par l’entremise notamment de la chère Verdorie. Et c’est en complet novice de Jacques Spitz comme de son œuvre que j’attaquais ce court roman au titre énigmatique et mystérieux, L’œil du purgatoire.

  • Requiem pour Elfe noir

    Requiem pour elfe noir

    Titre : Requiem pour Elfe noir
    Auteur : John Gregan (Fabien Clavel)
    Éditeur : Mnémos (Icares)
    Date de publication : 2008

    Synopsis : Dans le Ghetto des Fées, les humains ont disparu et tout le monde perd la mémoire. Quand l’elfe Alfar se réveille un matin dans un hôtel miteux, il découvre que quelque chose ne va pas : le dernier lutin est mort, dans l’indifférence générale. Il se rend sur place, se fait passer à tabac par une bande de Bergtrolls, ne découvre rien de spécial, se pose des questions sur la suite, et décide d’y retourner. Il devient alors enquêteur dans un monde où les enquêtes n’existent pas…

    Note 3.5

    Je ne suis pas là pour être rentable. Nous sommes des inutiles et c’est notre grandeur. Est-ce que tu connais une plus belle réponse à la question : « À quoi tu sers ? » que celle-là : « À rien » ? D’ailleurs, toute autre réponse fait le lit de la tyrannie.

    Avouez que ce titre, Requiem pour Elfe noir, sonne doucement à nos oreilles comme un chant liturgique pour sombre créature enchantée ; et c’est bien le cas !

  • Stairways to hell

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    Titre : Stairways to hell
    Auteur : Thomas Day
    Nouvelles : Extermination Highway ; Dirty Boulevard (ou la transgression selon Maleki Neko) ; Punishment Park
    Éditeur : Le Bélial
    Date de publication : 2002

    Synopsis : Ils sont trois, ils se prénomment Thomas. Déchus du Royaume, ils recherchent l’Amour. Le premier est en prison pour un crime raciste qu’il a bel et bien commis. À sa sortie, il fait la connaissance d’une amérindienne qui va lui montrer sa véritable nature. Car cet homme est aussi un loup, qui déambule dans les carcasses automobiles d’Extermination Highway. Le deuxième est médecin urgentiste à Paris. Alors que la crise conjugale guette, il découvre le petit monde interlope des catacombes et de des carrières. Là, il rencontre Maneki Neko, actrice porno et sorcière, grande spécialiste de la transgression. Le dernier est écrivain, du moins c’est ce que croit son entourage. En réalité, il s’agit d’un imposteur hanté par le fantôme de celle à qui il a tout volé, une certaine Eddie qui s’apprête à le guider jusqu’aux escaliers qui descendent vers l’enfer.

    Note 3.5

    Quelles que soient les ruelles que nous arpentons ; les boyaux dans lesquels nous rampons ; les voies ferrées, de fer et de rouille, que nous longeons ; les filles, bandantes ou moches, que nous baisons ; les toits souillés sur lesquels nous aimons déambuler ; notre ennemi reste le même, pour toujours et à jamais. Nous n’avons qu’un ennemi : la réalité. Une ennemie, car s’il est un principe féminin, c’est bien celui-là. Au final – au moment où le livre des révélations s’ouvre à la bonne page – la condition humaine s’avère d’une étonnante simplicité, plus simple qu’un point, un cercle ou une ligne : nous n’avons qu’une ennemie et c’est la réalité.

  • Victor Hugo : Aux frontières de l’exil

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    Titre : Victor Hugo : Aux frontières de l’exil
    Scénariste : Esther Gil
    Dessinateur : Laurent Paturaud
    Éditeur : Daniel Maghen (BD Carnet)
    Date de publication : 29 août 2013

    Synopsis : Septembre 1853. Victor Hugo est en exil sur l’île de Jersey. Passionné de spiritisme, le poète assiste régulièrement à des séances de tables tournantes jusqu’au jour où le fantôme de sa fille, Léopoldine, morte tragiquement noyée lui apparaît. Dès lors, le poète est hanté par des visions nocturnes lui intimant de faire la lumière sur le drame. Accident ou meurtre ? Victor Hugo sort de son exil et se lance dans une enquête qui le mènera jusque dans les mystères du ventre de Paris. Là, au péril de sa vie, il découvrira un univers peuplé d’âmes sombres, qui lui inspireront la formidable épopée humaine des Misérables et quelques-uns de ses combats politiques.

    Note 4.0

     Il se dit des choses devant lesquelles je détourne la tête. Non, ce qui se dit n’est pas. Quoi ! Une voix ne pourrait pas, si c’est la voix d’un exilé, demander grâce dans un coin perdu de l’Europe, pour un homme qui va mourir, sans que M. Bonaparte l’entendit ! Sans que M. Bonaparte intervint ! Quoi ! M. Bonaparte qui a la guillotine de Belley, la guillotine de Draguignan et la guillotine de Montpellier, n’en aurait pas assez, et aurait l’appétit d’une potence à Gernesey ! En même temps qu’il y a un tout-puissant au ciel, il y aurait ce tout puissant sur la terre ! Non !