Gueule de Truie

27 décembre 2016 0 Par Dionysos

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Titre : Gueule de Truie
Auteur : Justine Niogret
Éditeur : Critic (Hors Collection) [fiche officielle]
Date de publication : 15 février 2013

Synopsis : Gueule de Truie est un inquisiteur, envoyé en mission par les Pères de l’Église après l’apocalypse. Ces gens sont persuadés que la fin des temps a été envoyée par Dieu lui-même, et que la Terre est morte. Leur but? Détruire le peu qui reste afin de, une bonne fois pour toutes, tourner la page de l’humanité. A leur service, Gueule de Truie, caché derrière le masque qui lui donne son nom, trouve les poches de résistance et les détruit les unes après les autres. Un jour, pourtant, il croise la route d’une fille qui porte une boîte étrange, pleine de… pleine de quoi, d’abord? Et pourquoi parle-t-elle si peu? Où va-t-elle, et pourquoi prend-elle le risque de parcourir ce monde mort?

Note 2.5

– Dans tous les univers possibles, combien de chances as-tu de rencontrer cette-fille-là, cette seule fille qui sait te reconnaître ?
– Aucune.
– Exactement. Aucune. Et pourtant, un jour tu comprendras ce que je viens de te dire.

On découvre souvent Justine Niogret avec son diptyque chez les éditions Mnémos, Chien du heaume et Mordre le bouclier, mais elle a aussi écrit un roman post-apocalyptique chez les éditions Critic : Gueule de Truie. Encore un titre difficile à oublier !

Ses lecteurs y sont habitués et les nouveaux apprécieront : le style de Justine Niogret est rude, vif et tranché. Ambiance post-apocalyptique oblige, l’autrice se fait plaisir pour laisser parler son langage haché menu. En somme, lire du Justine Niogret, ça se reconnaît vite. Ici, elle utilise toutefois un ressort habituel de certains romans post-apo, les termes inventés après la déliquescence consécutive à ladite apocalypse. Rien de très compliqué, mais la tentative est là. Pour le reste, si son onirisme médiéval vous avait plu, son mysticisme post-apocalyptique devrait passer relativement bien, tant qu’on reste dans son trip très personnel autour de la religion.

À l’image de ce style âpre, l’histoire de Gueule de Truie est brève et sèche. Après une catastrophe, la vie sur Terre tient plus du cauchemar que du rêve éveillé, tout comme la quête du héros tiendra plus du chemin de croix que de la balade tranquille au milieu des pâquerettes. Gueule de Truie est le nom que le héros a reçu quand il est devenu une Cavale, un inquisiteur chargé de traquer les derniers humains restants par les Pères qui considèrent que l’Apocalypse est divine mais que, pour atteindre le Jugement dernier, il faut finir le travail à demi-réalisé jusqu’ici. Dans sa traque, Gueule de Truie est obligé de porter un masque terrifiant, très bien illustré en couverture par Ronan Toulhoat, dessinateur de Block 109 dans le même ton. Il fait rapidement la connaissance d’une jeune fille esseulée et tenant une boîte au contenu mystérieux (qui a dit MacGuffin ?). Dilemme moral et humain pour le héros : où le mènera sa quête dans ce monde à l’abandon ?

Le récit est un poil étiré, donnant l’impression que nous avons affaire à une nouvelle étendue dans l’optique d’un court roman. À mon humble avis, nous partons aussi beaucoup trop dans le mystique à outrance, en surinterprétant les événements et leur « destin ». Bien sûr, nous sommes dans un contexte volontairement intégriste, mais vu les questionnements du héros dès le départ, il n’y avait peut-être pas besoin d’en faire tant, surtout que la toute fin nous laisse un peu sur notre faim.

Premier roman un peu dispensable de Justin Niogret (il en fallait bien un), Gueule de Truie parlera surtout aux acharnés (pas de décharnés ici) du post-apo.

Autres critiques : Boudicca (Le Bibliocosme) ; Vil Faquin (La Faquinade)

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