sharakhai

Titre : Les douze rois de Sharakhaï
Cycle : Sharakaï, tome 1
Auteur : Bradley P. Beaulieu
Éditeur : Bragelonne
Date de publication : 2016 (août)

Synopsis : Dans les arènes de Sharakhaï, la perle ambrée du désert, Çeda combat tous les jours pour survivre. Comme de nombreux autres, elle espère la chute des douze Rois immortels qui dirigent la cité depuis des siècles. Des souverains cruels et tout-puissants qui ont peu à peu écrasé tout espoir de liberté, protégés par leur unité d’élite de guerrières et les terrifiants asirim, spectres enchaînés à eux par un sinistre pacte. Tout change lorsque Çeda ose braver leur autorité en sortant la sainte nuit de Beht Zha’ir, alors que les asirim hantent la ville. L’un d’eux, coiffé d’une couronne en or, murmure à la jeune fille des mots issus d’un passé oublié. Pourtant, elle les connaît. Elle les a lus dans un livre que lui a légué sa mère. Et le lien que Çeda découvre entre les secrets des tyrans et sa propre histoire pourrait bien changer le destin même de Sharakhaï…

Note 2.0

 

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de Bragelonne pour la simple et bonne raison que j’ai de plus en plus de mal à me retrouver dans le style des romans publiés par l’éditeur. Romans qui, à quelques exceptions près, louchent un peu trop du côté d’une fantasy très classique et légèrement « bourrine » dont les auteurs nous sont systématiquement vendus comme « l’un des meilleurs du genre de ces dernières années » (on a maintenant presque droit à la même formule à chaque sortie…). Récemment je me suis malgré tout laissée séduire par le premier tome de « Sharakhaï » qui me semblait faire preuve d’un peu plus de singularité que les précédentes parutions de l’éditeur et qui, selon les avis de certains blogueurs que j’apprécie beaucoup, était de bien meilleure qualité. Si je n’ai effectivement pas été déçue en ce qui concerne l’originalité, je ressors malgré tout de cette lecture avec un sentiment plus que mitigé. Commençons par le point le positif, à savoir la qualité du décor. Un décor qui se limite à cette fameuse cité de Sharakhaï (l’auteur ne nous en dévoilant pour le moment guère plus sur son univers), mais quelle cité ! Bradley P. Beaulieu opte ici pour une ambiance orientale et brosse le portrait d’une ville vivante et fourmillante dans laquelle on déambule avec plaisir de quartier en quartier en appréciant la multitude de parfums et douceurs locales.

Pour l’immersion aucun problème, donc. Là où les choses se gâtent, c’est au niveau de l’intrigue qui constitue à mon sens le plus gros point faible du roman. Le système des flash-back pour en apprendre davantage sur la personnalité du héros n’est généralement pas une mauvaise idée mais là les transitions entre présent et passé sont assez maladroites. De même, la plupart des révélations tombent à l’eau car trop prévisibles pour le lecteur à défaut des personnages qui passent leur temps à être surpris par tout ce qu’ils voient ou entendent. Même l’héroïne (qui s’amuse à échafauder des plans inutilement tordus et complexes pour parvenir à ses fins) n’en finit pas de s’étonner chaque fois qu’une de ses actions aboutit au résultat qu’elle semblait pourtant vouloir atteindre. Les quelques tentatives de l’auteur visant à donner à son intrigue un côté un peu plus sombre via des exécutions d’enfants ou des sacrifices sanglants tombent elle aussi à l’eau à partir du moment où on comprend qu’il ne mettra jamais vraiment en danger son héroïne ni ses petits camarades. Difficile dans ces circonstances d’être vraiment convaincu par la dureté du monde dépeint… Çeda avait pour sa part tout ce qu’il fallait pour me plaire mais j’ai trouvé le personnage assez agaçant, en grande partie parce que j’ai passé la majeure partie du roman à tenter de comprendre la logique de son comportement… sans succès.

 

Avec ce premier tome, Bradley P. Beaulieu nous plonge dans un décor immersif et suffisamment atypique pour titiller la curiosité du lecteur. L’intrigue et les personnages sont malheureusement loin d’être à la hauteur aussi abandonnerai-je ici ma découverte de la série et de cet univers.

Autres critiques : Apophis (Le culte d’Apophis) ; Blackwolf (Blog-O-livre) ; Gilthanas (Elbakin) ; Jean-Philippe Brun (L’ours inculte)