labsente

Titre : L’absente
Auteur : Lionel Duroy
Éditeur : Julliard
Date de publication : 18 août 2016

Synopsis : Peu après son divorce, Augustin doit se séparer de sa maison. Bouleversé par le spectacle du déménagement, il s’enfuit en voiture avec pour tout bagage quelques photos, un ordinateur et ses deux vélos, puis se lance dans une course folle à la recherche d’un refuge, butant sur les personnes que le hasard place sur sa route – dont une femme qui le poursuit d’hôtel en hôtel. Revivrait-il le même effondrement psychique que sa mère, expulsée de son bel appartement de Neuilly un demi-siècle plus tôt ? Égaré, furieux et magnifique, Augustin entreprend alors de reconstituer l’histoire de cette femme qu’il a Note 3.5

Il n’y a que dans les livres que tout peut être dit. Si la mère avait eu l’idée d’écrire, elle ne serait pas devenue folle.

Dans « L’absente », le personnage de Duroy est en pleine déconfiture morale et amoureuse : le divorce avec Esther et la vente de la maison du Pertus l’ont jeté sur les routes de France en quête d’un nouvel endroit pour lui et ses enfants. L’auteur du « Chagrin » revient dans ce nouveau roman, sur ce qui fait la matière d’une partie de son œuvre, à savoir sa propre famille. Cette fois-ci c’est la mère qui en est le cœur. Augustin espère apporter des réponses aux questions qui le turlupinent sur Suzanne, cette mère dépressive, colérique, fille de la bourgeoisie bordelaise, qui en se mariant avec Théophile dit Toto (pétainiste et antisémite mais surtout homme faible devant son épouse hystérique) se retrouvera en HLM pour sa plus grande honte avec dix enfants à élever. Sous la forme d’un road movie parfois farfelu (les rencontres au gré des routes apportant des scènes improbables), c’est sur les terres de l’enfance de Suzanne qu’Augustin trouvera peut-être un certain apaisement. Duroy déroule sa prose tranquillement et j’ai eu le sentiment que tout cela commençait à tourner en rond. Mais la deuxième partie du roman, elle, se relève bien plus intéressante : les pièces manquantes prennent place, en réponse aux tourments existentiels d’Augustin.

Du Duroy pur jus, toujours agréable à lire, qui semble vouloir s’apaiser les années passants.