Interview de Laurent Genefort (Utopiales 2017)

Interview de Laurent Genefort (Utopiales 2017)

15 mars 2018 0 Par Dionysos
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À l’occasion du festival des Utopiales de Nantes 2017, Laurent Genefort a bien voulu répondre à quelques questions à propos de sa conception de grands récits de science-fiction, et notamment de sa trilogie en cours chez Critic, Spire.

Laurent Genefort [2008] (C) Jérôme Lavadou
Photographie de Laurent Genefort,
prise en 2008 par Jérôme Lavadou

Le Bibliocosme : Laurent Genefort, bonjour. Vous approchez de la soixantaine de romans, il me semble.

Laurent Genefort : Bonjour. Oui, j’ai eu peur que vous disiez « vous approchez de la cinquantaine », c’est vrai aussi. (rires)

 

Le Bibliocosme : Je ne me serai pas permis. (rires) Je me demandais, pour commencer : la trilogie Spire est votre premier inédit chez Critic, est-ce que vous apportez aussi des contraintes à votre éditeur ?

Laurent Genefort : Non, pas du tout, c’est juste que comme l’éditeur, j’ai affaire surtout à Simon Pinel qui s’occupe vraiment du côté éditorial, j’ai vu en fait que ça colle au niveau de l’orientation éditoriale de Critic et j’avais quelque chose qui collait et qui était Spire, tout bêtement. Je fais comme ça avec tous les éditeurs, c’est-à-dire que quand j’ai un projet qui colle avec la ligne éditoriale d’un éditeur, je lui propose et puis si ça le branche, on le fait. C’est aussi bête que ça.


 

Le Bibliocosme : C’est un projet qui remonte à un certain nombre d’années ?

Laurent Genefort : Pas tellement non, c’est un projet qui est relativement récent. Là, ça fait déjà un moment qu’il me disait « un inédit, ce serait bien », parce que ça fait un moment qu’il me réédite des livres et donc c’était logique que je leur propose un inédit, même si mon éditeur principal reste Le Bélial’ quand même. Alors comme Critic était dans une logique patrimoniale… mais on arrive un peu au bout des bouquins à rééditer, il y en a un certain nombre qui ne sont vraiment pas rééditables, surtout ceux du début.

 

Le Bibliocosme : Même en les reprenant ?

Laurent Genefort : Même en les reprenant, des fois non non, la cause est perdue. (rires) Donc c’était dans la logique. Et puis j’avais aussi envie de faire parallèlement à des titres un peu plus ambitieux entre guillemets, littérairement j’entends, des livres un petit peu plus atypiques comme Lum’en qui est un fix-up et qui est un livre immobile, alors que dans ces bouquins, ça bouge énormément, j’avais envie de temps en temps de rompre avec mes mauvaises habitudes. De temps en temps, j’aime bien casser les trucs, tout en restant dans mon univers et là, Spire, c’est de l’extrait pur. On est vraiment dans le voyage, dans la découverte d’écosystèmes étrangers en pagaille, dans ce que j’adore faire en fait. Ce que j’adore faire entre les lignes, c’est devenu presque le motif principal du cycle.

 

Le Bibliocosme : Spire, c’est la construction, le devenir d’une entreprise de transport interstellaire. D’où vient l’idée déjà ? C’était pour mettre en œuvre vos différents mondes pour les relier ou c’est un autre but, une métaphore d’autre chose ?

Laurent Genefort : Il y avait plein de buts en fait. Déjà, j’avais envie de ne pas oublier qu’on est dans un monde avec plein de planètes colonisées que j’explore, mais jusqu’à présent, les vaisseaux, c’était juste des vecteurs mais rien de plus. Et là, j’ai voulu vraiment, en racontant l’histoire d’une compagnie de transport mais de l’intérieur, vue par les navis, c’est-à-dire les navigateurs, de dire que c’est aussi un monde en soi. Le monde des navigateurs, ce n’est pas qu’un moyen de transport, c’est aussi un monde où l’on vit, tout simplement. Dans un roman, c’est rare que je dépasse plus de trois planètes et là j’avais vraiment envie d’avoir une foule de planètes à explorer, c’était aussi une manière d’évacuer mon trop-plein de planètes. En fait, il y avait plein de choses. Un retour à l’aventure pure et dure aussi. J’avais fait des bouquins un peu plus, pas intellectuels mais moins tournés vers l’aventure en tout cas. Là, c’est un retour vers l’aventure pure et dure et ce côté, justement, de prendre comme ça à bras-le-corps une histoire qui commence comme l’Aéropostale avec des capitaines de rafiots qui mutualisent leurs moyens, leurs tout petits moyens, en plus pour ravitailler des planètes sans intérêt, économique. Tout était fait pour que ça me plaise, donc c’était un bon moyen de m’inscrire dans la politique d’une maison d’édition qui revendique aussi l’héritage Fleuve Noir, l’héritage des romans d’aventure, du roman populaire. Donc ça collait bien tout bêtement.

 

Le Bibliocosme : Ces navis (navigateurs), qu’est-ce qu’ils ont de spécifique en tant que personnages ? Quelles sont leurs réflexions particulières ?

Laurent Genefort : Moi, ce que j’ai voulu montrer, c’est déjà les traiter sur le même plan que les planétaires, que mes peuples planétaires. Du coup, je leur monte des coutumes, leurs manies, les difficultés au quotidien en fait. M’immerger réellement dans la vie d’un navi, en fait. Parce qu’un navi, c’est une vie à part : pour l’essentiel, il ne se passe rien ; tout se passe au départ et à l’arrivée, finalement. Le reste, c’est du pilotage automatique, d’une certaine manière, et il faut juste résister l’hostilité absolue du vide. Mais sinon, il ne se passe rien. Ce que j’ai voulu inscrire, c’est dans une aventure populaire, dans un vrai récit d’aventure, une vie la plus réaliste possible, c’est ça en fait : la vie des navis, c’est la vie la plus réaliste possible de navigants, d’habitants de vaisseaux spatiaux qui sont des mondes en soi, parce qu’ils naviguent pendant des semaines voire des mois. Ce sont des systèmes qui sont autonomes et donc ils doivent survivre pendant ces longues périodes, avec une coque d’acier et le vide absolu derrière. C’est un monde qui est extrêmement hostile.

 

Le Bibliocosme : Toutes ces manies, cela se voit pas mal dans le deuxième tome où vous insistez beaucoup sur l’Hymne de ces navis. Le fait de le changer, ça influe aussi sur leurs considérations au sein de l’entreprise, ce n’est qu’un détail peut-être…

Laurent Genefort : Oui, ça montre les rapports entre les gens qui font et les gens qui administrent. Cela a aussi une logique dans le récit : ce qui est évacué par les instances dirigeantes de la Spire, c’est ce qui est gênant, ce qui n’est pas « corporate », on va dire. C’est juste les administrateurs qui mettent, comme dans toute entreprise, un écart qui se creuse de plus en plus entre ceux qui administrent et ceux qui font les choses. Enfin bon… J’allais dire la Spire, c’est aussi une société, tout bêtement, en réduction, comme toute entreprise c’est une société en réduction. Comme toute structure, elle vieillit ; et au bout d’un moment, la Spire, elle est vraiment faite par des navigateurs, c’est sa particularité au début, c’est une compagnie qui a été faite par des navis, et ce que je montre c’est comment les navis se font déposséder de leur pouvoir et, fur et à mesure, les navis vont devenir au service, et au bout d’un moment, la Spire va devenir aussi indiscernable que les autres grandes compagnies qui exploitent leurs employés.

 

Le Bibliocosme : Elle se voulait plus familiale, on dirait, plus axée sur les indépendants.

Laurent Genefort : Oui, c’est ça. J’allais dire que c’est une bête extrapolation du monde d’aujourd’hui, du monde libéral d’aujourd’hui, et de n’importe quelle structure qui grossit. D’ailleurs, le premier tome, c’est vraiment une crise de croissance : ils vont de crise de croissance en crise de croissance. Toute crise de croissance peut clore l’aventure comme ça arrive dans des vraies entreprises. J’ai été réaliste tout bêtement, comme dans la vie d’une entreprise en fait.

 

Le Bibliocosme : Du coup, cela permet, pas de critiquer, mais d’analyser le monde libéral qu’on a nous et le calquer comme cela.

Laurent Genefort : Pas seulement le monde libéral, j’allais dire aussi les États, c’est aussi valable pour une nation qui s’instaure et qui, à certains moments, est au service des habitants et puis, des fois, c’est l’inverse. Quand ça devient l’inverse, ça devient une dictature et puis une démocratie de moins en moins directe, de plus en plus représentative et finalement qui ne représente plus personne. Mais c’est logique pour toute structure qui vieillit, c’est une espèce d’inéluctabilité, sauf si dans les statuts, on a la capacité de se réformer, que ce soit une obligation législative de se réformer. Mais tant qu’il n’y a pas d’obligation de se réformer, toute structure finit pas n’avoir comme but que sa propre survie, que sa propre perpétuation.

Spire illustration Manchu
 

Le Bibliocosme : Vous en profitez aussi, dans cette trilogie, pour réutiliser des thèmes que vous avez utilisé dans plein de romans, notamment l’altérité. Rencontrer de nouvelles espèces, c’est là l’avantage comme vous le disiez, il y a plein de planètes à utiliser et donc aussi plein d’habitants. Est-ce qu’il y en a une que vous vouliez absolument placer ?

Laurent Genefort : Toutes, en fait. Parce que moi depuis le début quand j’imaginais le monde, le réseau des Portes de Vangk, j’avais vraiment l’idée de faire un projet à la fois de science-fiction et littéraire en fait. C’est-à-dire qu’à l’intérieur de ce même univers, je voulais faire des récits qui soient très différents les uns des autres et qu’on puisse avoir dans la même trame narrative des livres qui relèvent quasiment de genres différents, c’est-à-dire qu’on ait des romans d’aventure, des romans psychologiques, des romans où ça bouge, des romans où ça bouge pas du tout, avec très peu de personnages ou des fresques énormes. Voilà, je voulais avoir cette espèce de roman total.

 

Le Bibliocosme : Dans un vaste univers partagé mais où les romans ne dépendent les uns des autres…

Laurent Genefort : Voilà, c’est ça. Et, en fait, pour moi la variété est très importante, à l’intérieur des romans comme entre les romans. C’est étrange de dire que l’unité est dans la dissémination, mais c’est un peu ça.

 

Le Bibliocosme : Et donc cet élément commun, les Portes de Vangk, est-ce que vous pourriez refaire un petit topo dessus pour bien expliquer comment ça fonctionne et puis ce qu’on peut peut-être être amené à découvrir sur elles dans la trilogie Spire ?

Laurent Genefort : Historiquement, l’univers de space opera que je décris est une histoire future de l’humanité où j’imagine que nous sommes tombés sur une Porte en orbite probablement de Saturne et cette Porte, quand on la franchit, elle ouvre sur des milliers de systèmes stellaires différents. Alors, il faut y aller en vaisseau parce que ce sont des Portes qui font un kilomètre et demi de diamètre, qui sont en orbite autour de masses planétaires ou autres et qui ouvrent sur d’autres systèmes stellaires. L’Homme a commencé à essaimer à travers la galaxie. Assez tôt dans cette expansion, la Terre a été exclue de ce réseau, parce que ces Portes, elles ont été créées une race extraterrestre inconnue dont il ne reste que quelques vestiges, des artefacts qu’on ne comprend pas à la surface de certaines planètes et donc ce grand réseau de trous de ver abandonnés, qui a été édifié probablement il y a cent mille ans mais on ne sait pas vraiment non plus. On appelle ça les Vangk, mais c’est probablement celui qui a découvert l’anneau si ça se trouve, on ne sait pas vraiment, parce que ça s’est perdu dans la nuit des temps. Et la Terre, que j’appelle le Berceau, a été exclue du réseau assez tôt, parce que, une des caractéristiques de ce réseau, quand on essaie d’étudier une Porte de Vangk, la Porte se désactive ; on ne peut pas la scanner ou essayer de prélever un bout, elle ne se laisse pas approcher. Et quand on essaie de vouloir la contrôler, elle se désactive définitivement, c’est-à-dire qu’on n’est plus jamais réactivé au réseau. Évidemment, les êtres humains utilisent ce réseau mais sans l’étudier, parce que c’est devenu un tabou.

 

Le Bibliocosme : Pour peupler tout un tas de planètes que vous utilisez, il a fallu qu’il y ait suffisamment d’explorateurs avant qu’elle soit désactivée…

Laurent Genefort : Oui, mais l’être humain, c’est comme n’importe quelle culture de bactéries : il n’en faut pas beaucoup au début. (rires)

 

Le Bibliocosme : Dans ce monde des Portes de Vangk, on va refaire un petit zoom sur deux opus. Omale est considérée comme l’œuvre phare, la clé de voûte ; pourquoi est-ce une œuvre si spécifique ?

Laurent Genefort : Parce que c’est un cycle de romans et de nouvelles et que c’est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur, c’est un peu comme une inclusion à l’intérieur du grand récit des Portes de Vangk. Ça raconte l’histoire de la colonisation humaine d’une sphère de Dyson, donc par des humains qui sont en contact avec d’autres espèces extraterrestres, enfin extrahumaines, et qui se partagent un territoire. Les premiers humains qui ont colonisé cette sphère sont arrivés par une Porte de Vangk. Donc, ce que je révèle – je vais spoiler un peu, mais ce n’est pas grave – c’est qu’à un moment, l’humanité qui circulait à travers ce réseau de Portes (il y avait entre 25 et 30 000 mondes colonisés à ce moment-là), tous les vaisseaux qui passaient plusieurs heures ou plusieurs jours à travers une Porte, toutes les Portes se sont polarisées vers la Porte d’Omale et donc il y a des centaines ou quelques milliers qui se sont retrouvés, qui croyaient arriver sur une planète et qui se sont retrouvés au-dessus du vaste territoire d’Omale. Après, la Porte d’Omale disparaît, et puis les humains sont livrés à eux-mêmes et vont recréer toutes une société avec ses cultes, ses différentes sociétés mais du coup, cela jette un nouvel éclairage sur le reste de ma production antérieure où je raconte à la fois des récits qui se déroulent dans un monde où les Portes fonctionnent, mais aussi quelques romans comme Les Chasseurs de sève ou Les Croisés du vide ou Arago qui se passent sur des planètes où il est dit que jadis il y avait un réseau de Portes. À un moment, les Portes se sont fermées et ne se sont plus rouvertes ; en fait, c’est probablement au moment toutes les Portes se sont polarisées sur Omale et après se sont closes. Donc, ça éclaire sous un nouveau jour tout l’univers que j’avais mis en place depuis quinze ans.

 

Le Bibliocosme : Autre exemple de roman, vous l’avez déjà nommé tout à l’heure, l’an dernier c’était Lum’en qui trustait un certain nombre de prix et il est quand même particulier puisque c’est un roman un peu immobile qui se concentre sur une planète et sa vie en elle-même. Est-ce que ce n’est pas tentant, avec ce genre de romans, de se passer des personnages et de faire une histoire sur un décor ? Certes, il y a le personnage de la planète, mais il n’intervient pas vraiment…

Laurent Genefort : Non, c’est un fil rouge.

 

Le Bibliocosme : Du coup, est-ce que ce n’est pas tentant de mettre les petites histoires simples de la vie quotidienne de côté et de ne faire que la grande trame planétaire ?

Laurent Genefort : Oui, oui, mais c’est que c’est difficile de se passer de la personnalisation. C’est une partie de l’art romanesque, qui est de faire passer des idées et les réflexions par le regard et les actions des personnages. J’avais tenté une expérience, quand j’en tentais, enfin quand j’en tentais plus que maintenant. Ça continue, mais je maîtrise un peu mieux qu’avant ; avant je ne maîtrisais pratiquement rien (rires) et je me rappelle, j’avais imaginé dans un roman qui s’appelait L’Homme qui n’existait plus, justement je voulais faire un livre d’objets. C’était une période où j’étais très influencé par Georges Perec, par La Vie : Mode d’emploi, par Cent ans de solitude, par Les Mille et une années de la nostalgie, par des romans de choses en fait. Je m’étais dit « je vais faire un roman de choses mais de science-fiction » et je m’étais complètement gaufré dans ce truc-là et en montrant un personnage, justement qui est un personnage creux. L’idée, c’était le gérant d’une station orbitale à la réforme, qui arrive en fin d’exploitation et ce personnage se retrouve échoué comme un quelqu’un échoué sur une île déserte, sauf que dans Robinson Crusoé, Robinson existe en tant que personnage et il va construire sa vie en fait, là mon personnage, c’était un administrateur qui ne vivait jusque-là que par le regard des autres, une personnage purement social qui, en-dehors du regard des autres, n’existait pas en fait. Donc l’idée, en prenant ce personnage-là et en le mettant tout seul, sans le regard d’autrui : qu’est-ce qu’il a en face de lui ? il n’a plus que des objets et donc je voulais faire un livre d’objets, justement sans personnage du tout, c’était vraiment ça l’ambition du roman, mais mal m’en pris, ça fonctionnait pas du tout (rires). Du coup, après des mois où j’essayais de tordre et de distordre cet objet littéraire qui branlait de partout, finalement j’ai réussi in extremis à tomber sur mes pattes en y intégrant une intrigue qui était une intrigue de polar, c’est-à-dire une voix dans les hauts-parleurs de la station qui lui dit qu’il a commis quelque chose, que c’est sa punition et il ne sait pas pourquoi. Donc, j’ai donné un but à ce personnage, qui reste tout aussi creux, mais au moins avec une sorte de flèche du temps qui est celle de la narration, tout simplement. Donc, en fait, ce n’est pas évident, de se passer de personnages dans un cadre romanesque, ce n’est pas évident. J’ai essayé vraiment de frôler ce truc-là en prenant un seul personnage tout au long du roman ; il est tout seul, en plus c’est un personnage creux et j’ai essayé d’y imprimer quelque chose. C’est une sorte de caisse de résonance de tout un tas de choses, mais c’est vrai qu’un livre purement d’objets, c’est une des limites du roman.

 

Le Bibliocosme : Et vous arrivez à vous souvenir absolument de tous vos écrits sans jamais mélanger quoi que ce soit ?

Laurent Genefort : En fait, il n’y a pas vraiment besoin, parce que les bases sont assez simples. C’est une trame de fond en réalité, mon réseau de Portes, même si qu’est-ce qu’était les Vangk ? Ont-ils vraiment disparus ? Ce genre de choses… J’ai toujours eu une optique vraiment constructiviste, c’est-à-dire que chaque roman est une brique. Je construis la maison ou plutôt un château, et j’ajoute des salles. C’est pour ça que c’est ouvert, ça reste ouvert ; je ne sais pas ce que ça donnera au final, c’est ça aussi qui est intéressant : peut-être que j’écrirai un bouquin qui invalide tout, si ça se trouve, que je remettrai en cause la validité même ou que je créerai un but particulier à ces Portes qui, pour le moment, n’ont pas de but. Ah si, Omale a révélé un but à ces Portes, clairement, mais il y a un après. Les Portes vont-elles se rouvrir ? Quelles sociétés cela va donner une fois que l’Homme a appris l’altérité des extraterrestres avec qui il est mise en contact dans Omale, alors qu’avant elle ne l’était pas ? Cela reste un univers très très ouvert, j’ai l’impression. J’ai écrit une quarantaine de bouquins qui se passent dans cet univers-là, j’ai l’impression d’être au tout début. Rendez-vous dans cent ou cent cinquante bouquins !

 

Le Bibliocosme : Et donc, pour terminer, la trilogie Spire va apporter quelle pierre dans ce monument ?

Laurent Genefort : Alors, je vais révéler plusieurs choses sur les Portes, un certain nombre de choses dont j’ai semé… J’essaie de donner une vision un peu kaléidoscopique, ou holographique plus exactement, des Portes de Vangk que je sème, dont je donne une image grossière dans chaque roman, plus des indices très précis sur des tout petits détails dans chaque bouquin. Donc je saupoudre d’informations qui sont parfois des bouts de légendes, des on-dit, des hypothèses. Quand on croise les hypothèses, il y en a certaines qui s’infirment et d’autres qui ont tendance à se renforcer, alors au lecteur intéressé – parce que ce n’est pas une obligation non plus, je ne suis pas obsédé, tous les romans n’ont pas pour but de découvrir ce que sont les Portes de Vangk, ça reste aussi un moyen d’acheminer des hommes sur des planètes. Au lecteur assidu alors… il y a une sorte de double effet Kisscool®.

Le Bibliocosme : Parfait, merci beaucoup et bonne continuation !

 

Merci donc à Laurent Genefort pour cette interview pleine de bonne humeur et n’hésitez pas à visiter son site internet qui permet de voir l’étendue de l’univers relié par les Portes de Vangk.