King of Eden, tome 1

1 mars 2018 2 Par Casper

Titre : King of Eden
Cycle/Série : King of Eden, tome 1
Scénariste : Takashi Nagasaki
Desssinateur : Ignito
Éditeur : Ki-Oon
Date de publication : 11 janvier 2018

Synopsis : Des villages entiers sont rayés de la carte par de gigantesques incendies aux quatre coins du globe. Thaïlande, Écosse, Espagne… le scénario est toujours le même : les cadavres calcinés des habitants portent des traces de morsures et ont subi de telles déformations qu’ils n’ont plus rien d’humain…

Bibliocosme Note 4.0

-Laissez-moi vous parler du premier meurtre de l’humanité.
– Pardon ?
– Vous savez comment le tout premier meurtre a eu lieu ? On a d’abord cru que l’assassin avait étranglé sa victime à mains nues. Mais cette théorie n’expliquait pas la présence de sang. […] Certains ont alors pensé qu’une pierre avait été l’arme du crime. Mais les deux camps avaient tort. L’arme du premier meurtrier de l’humanité était ses propres dents. C’est avec elles qu’il a arraché la vie à sa victime.

 

   Participant, là-haut dans l’Yonne, au prix SaYonne’ara qui élit chaque année le coup de cœur parmi les nouvelles séries du manga, je me retrouve fréquemment avec des sacs complets de mangas à lire. Autant dire qu’il y en a un paquet qui valent à peine le coup d’œil, mais certains se démarquent toutefois sans difficulté. Après Wonderland, voici donc venir King of Eden, édité par Ki-Oon.

Il n’y a plus âme qui vive dans un petit village d’Andalousie (ni dans la première partie du village, ni dans la seconde^^), deux policiers ont été envoyés en patrouille et découvrent un spectacle lugubre. Les villageois sont tous morts, déchiquetés, déformés, à moitié dévorés, et une étrange créature à la forme humaine rôde encore dans les ruelles avant de se jeter sur les deux agents. Un homme surgit et s’interpose et abat le monstre avant de mettre le feu au cadavres et de se laisser arrêter par les deux policiers terrifiés. Cet homme, Teze Yoo, jeune archéologue, est à la poursuite de ce virus lié au premier meurtre de la Genèse, que quelqu’un vend au plus offrant.

Connu et reconnu pour son travail auprès de Naoki Urasawa (Pluto, Monster…), Takashi Nagasaki nous emmène aux quatre coins du globe avec King of Eden dans une sombre chasse à l’homme. Il n’y a guère de répit dans ce premier tome entre l’Espagne, l’Écosse et la Corée. Mais King of Eden n’est pas un simple thriller puisque le scénariste plonge en même temps dans le fantastique en établissant les bases de son récit au moment de la Genèse. Le virus ayant entraîné ces meurtres trouverait son origine dans le meurtre d’Abel par un Caïn enragé au point de se transformer en monstre. King of Eden est un véritable melting-pot, entre policier, horreur et fantastique, avec une touche d’histoire du monde, de mythologie et de voyages. Beaucoup d’atouts en somme. Hormis cette introduction violente et horrifique particulièrement réussie, ce premier volume est aussi une exposition qui permet d’installer les bases d’une aventure prometteuse. A travers des lieux variés, on rencontre de nombreux personnages parmi lesquels Teze Yoo et le Dr Itsuki se démarquent comme les deux protagonistes. Ces lieux que l’on visite permettent de donner plus d’épaisseur au récit, d’étendre les ramifications de la menace qui plane au-dessus des personnages, exacerbant le sentiment d’urgence. L’histoire n’en est que plus prenante et rien ne laisse présager de la tournure que vont prendre les événements.

King of Eden est aussi l’occasion de découvrir pour la première fois en France Ignito, un dessinateur coréen qui met parfaitement en images ce premier volume. Une introduction toute en couleurs de près de trente pages (on en vient presque à tourner les pages pour voir quand la couleur va s’arrêter tant cela est rare !) vient donner l’ambiance : c’est sombre et glauque à souhait dans ce petit village andalou. Si on le voit d’emblée dans ce chapitre, le retour au noir et blanc par la suite confirme pour qui en doutait le talent d’Ignito. Le trait, réaliste convient parfaitement à l’atmosphère du récit. Les personnages sont très réussis, qu’ils soient secondaires ou principaux. Les décors, très variés par les lieux traversés sont aussi très bien illustrés avec une mention spéciale tout de même pour ce terrible village andalou et pour les jeux d’ombres en général. Les angles de vues sont très judicieusement choisis pour créer quand il le faut ce petit sentiment d’oppression et les visages des personnages, souvent à l’honneur, retranscrivent également très bien ces sentiments.

Que ce soit par son scénario fouillé, et à n’en pas douter plein de surprises, ou par son dessin qui installe une excellente ambiance, King of Eden a de quoi séduire les lecteurs de tous les horizons : policier, horreur, fantastique, tout y est !

Voir aussi : Tome 2

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