Le fou prend le roi

Titre : Le Fou prend le Roi
Cycle/Série : Le Bâtard de Kosigan, tome 2
Auteur : Fabien Cerutti
Éditeur : Mnémos (Icares) [site officiel] / Folio SF
Date de publication : 16 avril 2015 / septembre 2017

Synopsis : 1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France. Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout, pourrait bien se muer en talon d’Achille. Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Bibliocosme Note 4.0

À cette heure, les deux armées ennemies doivent se faire face et, ce soir, lorsqu’il disparaîtra par delà l’horizon, le monde comptera quelques milliers d’âmes en moins. Ainsi qu’un nombre appréciable de culs-de-jatte, de borgnes et de manchots supplémentaires.
Le jeu consiste à essayer de ne pas en faire partie…

Le Fou prend le Roi, et les Dames sauvent le Cavalier. Ainsi pourrait être précisé le titre du deuxième tome des aventures du Bâtard de Kosigan (même si ces volumes peuvent se lire indépendamment), de Fabien Cerutti chez les éditions Mnémos !


CERUTTI Fabien (2014.02.08)

Après la renommée acquise lors des événements du premier tome, le Bâtard de Kosigan a dû se faire un peu petit, histoire de regagner de la marge de manœuvre. Pour autant, il est envoyé en mission par son commanditaire anglais afin de sauver une « damoiselle en détresse » pour, à terme, être bien vu à la cour de France et pouvoir enquêter sur place sur un complot qui s’y tramerait. Vous le sentez, le complot dans le complot, caché lui aussi dans un complot ? C’est normal, les intrigues sont velues et Kosigan se retrouve dans ce sac de nœuds. Dans ce contexte du tout début de la guerre qu’on nommera un jour « Guerre de Cent Ans », les relations entre les nobles anglais et français sont tendues mais également floues, car le passage d’un côté à l’autre est courant. En leur sein, un personnage très puissant et semblant bien connaître le héros tente de tirer les ficelles.

Contrairement au premier tome, le lecteur a moins tendance à balancer des « oh, le Bâtard ! » devant la gouaille vantarde, la réussite insolente et l’extrême étendue des compétences stratégiques de Kosigan. Au contraire, ce coup-ci, le mercenaire doit s’employer, s’exposer constamment au danger et improviser au fur et à mesure qu’il découvre l’étendue du pouvoir de ses antagonistes. C’était une critique récurrente sur L’Ombre du pouvoir et l’auteur a de suite corrigé le tir afin de ne pas faire de son héros mercenaire un super-héros doublé de pouvoirs magiques, c’est très appréciable. D’ailleurs, mine de rien, celle qui est censée, au départ, n’être qu’une princesse en danger, Adélys de Quiéret, lui tient la dragée haute. Pour le reste, difficile de ne pas divulgâcher (oui, oh, « spoiler » si vous préférez) le fin de mot de l’histoire et ce serait vraiment bête.

D’un point de vue stylistique, quel auteur se permet de débuter son roman par l’expression « manuscrit sur vélin, fonds n°011b, exhumé de la nécropole du mont Éleu de Lens par l’équipe du professeur Ernest Lavisse entre le 26 mars et le 14 avril 1900 » ? Fabien Cerutti joue à plein la carte « écrit par un historien » sans pour autant que cela passe pour un cours d’histoire à chaque page. Cela peut passer par des anecdotes sur la vie quotidienne médiévale ou sur telle habitude, mais cela reste léger pour le lecteur qui ne veut pas y faire attention. Au contraire même, ce deuxième tome utilise encore davantage les intrigues à la cour du roi de France et des phases de course-poursuite captivantes (la toute première scène notamment, ainsi que la « bataille » finale). Après, en cherchant bien, ce roman concentre intelligemment des éléments uchroniques au point qu’on navigue pleinement dans l’Histoire secrète, ça ne change pas, tout en jouant également dans le registre d’un mystère à dévoiler, sans jamais vraiment nous le confirmer, ce qui est un bonus plaisant non négligeable.

Même si l’histoire du Fou prend le Roi se termine dans ces pages, il est indéniable qu’une fois terminée, le lecteur n’a qu’une envie : la prolonger avec le tome suivant, Le Marteau des Sorcières !

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 3 ; Tome 4

Autres critiques : Allison (Allison-line) ; Boudicca (Le Bibliocosme) ; Dup (Book en Stock) ; Jean-Philippe Brun (L’ours inculte) ; John Doe (Elbakin) ; Nicolas Soffray (YoZone) ; Ptitetrolle (Lectures trollesques) ; Salveena (Le Comptoir de l’Écureuil) ; Torospatillo (Fant’Asie)