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Titre : A comme Alone
Auteur : Thomas Geha
Éditeur : Rivière Blanche (Blanche n°2015) [fiche officielle]
Date de publication : 2005

Synopsis : Pépé est un Alone, l’un de ceux qui errent sur les autoroutes sauvages d’une France post-cataclysmique, en proie aux hordes de pelerinceurs, aux monstrueuses voitortues, aux mutants diaboliques et aux fanatiques de tous bords. Il cherche Grise, la femme qui l’a élevé et qu’il aime encore. Mais y a-t-il encore de la place pour ce sentiment dans un monde sans pitié ? Qui triomphera ? A comme Amour ou A comme Anarchie ? A comme Apocalypse ou A COMME ALONE…

Note 4.0
 
Coup de coeur

« Prends le temps d’observer et d’être à l’écoute, et tu vivras vieux ! » me racontait une personne chère.

Si vous avez aimé l’un ou l’autre (ou bien les deux) des tomes du Sabre de Sang, il serait de bon aloi de s’intéresser au cycle Alone de Thomas Geha. Ce premier opus, A comme Alone, commence à dater (2005), mais il est pourtant diablement intéressant et d’actualité.

Pépé (il vaut mieux découvrir par soi-même d’où lui vient ce surnom) est un solitaire dans la plus pure tradition des Alones, ces aventuriers qui errent dans les immensités de la France post-apocalyptique, survivant à l’écart des communautés qui tentent de se reformer, voire de se réformer, au prix de nombreux fanatismes. En effet, les Alones ont un code d’honneur entre eux, envers aussi ceux qui pourraient parfois être dans le besoin, mais ne peuvent pas blairer du tout les Fanar et les Fanam (fanatiques religieux / fanatiques militaires). La France transcrite par l’auteur a subi ce qui ressemble à une apocalypse scientifique, puis une apocalypse sociale, car les machines ont détruit les villes et les communautés restantes périclitent vers un nouvel âge de la loi du plus fort (ce n’est pas très clair dans ce roman-ci).

Ayant alors, eux, des traditions, des codes, un vocabulaire en commun, ces Alones pourraient être vus comme une nouvelle communauté, mais non, ils préfèrent la solitude, ou en tout cas les groupes réduits. Ils prônent la libre-conscience, la maîtrise très tôt de l’art de la survie, y compris de certains arts martiaux, ainsi que l’habitude de savoir se débrouiller foncièrement seul et d’aimer cela. Puisqu’il faut bien avoir été entraîné, voire élevé par un mentor, le héros l’a été par Grise, à peine plus âgée que lui, qui a disparu lors d’une escarmouche. Pépé s’est résolu à tracer sa route sans elle et à constamment se fondre dans un environnement inhospitalier, même si l’attrait romantique et la fougue de la jeunesse ne sont jamais complètement oubliés. L’est comme ça, le Pépé !

A comme Alone permet alors de se familiariser très vite avec le personnage (notamment une scène introductive extrêmement immersive) grâce à un vocabulaire un peu châtié, à de l’humour grinçant et un rythme très soutenu. Ainsi, les cent cinquante pages de ce roman en font une aventure au long cours, car la montée en puissance de l’intrigue est quasiment un cas d’école : le héros débute mal, trébuche plusieurs fois, affronte ses peurs et rencontre surtout, au fil de ses pérégrinations, des communautés de plus en plus hostiles. L’auteur a opté avec raison pour un panel de personnages restreint mais bien utilisé : trois personnages secondaire gravitent autour du protagoniste et lui sont, tour à tour, d’une bonne aide, sans pour autant s’arroger sa place.

Ce « A comme Alone » m’a soufflé par son rythme, ses personnages et sa fraîcheur ! Ne connaissant pas l’œuvre de Gilles Thomas (alias Julia Verlanger) dont ce roman semble être un hommage, je ne peux pas décemment faire de parallèles, toutefois, si le but était de faire un exemple parfait de ce qui est appelé le « roman populaire », aventure-plaisir immersive, bien écrite et référencée (car les noms ne sont jamais un hasard), alors c’est réussi.

Voir aussi : Alone contre Alone ; Alone : Intégrale

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