Le Rapport Brodeck 2 L'Indicible

Titre : L’Indicible
Série : Le Rapport de Brodeck, tome 2/2
Auteur : Manu Larcenet
Éditeur : Dargaud [fiche officielle]
Date de publication : 17 juin 201ta6

Synopsis : Manu Larcenet se confronte à une adaptation, celle du chef-d’oeuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck. Mais lorsque l’auteur de Blast et du Combat ordinaire s’empare du texte, c’est pour le faire sien, et lui donner une nouvelle vie éclatante, sombre et tragique. Des pages d’une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes, une plongée dans les abîmes, servie par un noir et blanc sublime et violent. Un très grand livre.

Note 4.5
 
Coup de coeur

Ne vous excusez pas, je sais que raconter peut être un remède sûr.

Après un premier tome très introductif et porté sur le mystère planant, l’adaptation dessinée du Rapport de Brock par Manu Larcenet se conclue finalement de belle façon.


Un an après L’Autre, Manu Larcenet propose le deuxième tome de ce Rapport, toujours en format « fumetti » (à l’horizontale) mais quand même dans une version cartonnée très solide. Cette fois, l’auteur va tenter de nous faire comprendre L’Indicible : qu’est-ce qui a bien pu pousser ces simples villageois à massacrer L’Autre, der Anderer ? et en effet, les réponses arrivent bel et bien, ce qui parfait l’écriture de ce diptyque. Brodeck a toujours son rapport à écrire concernant l’événement tragique qui a vu les villageois (sauf lui) commettre cet acte abominable contre un simple étranger de passage dans leur vallée, mais doit-il dévoiler le fait qu’il élabore un rapport parallèle et plus engagé ? Doit-il aussi véritablement décrire l’horreur banale qui a mené à la mort de cet étranger ?

L’indicible prend parfois les traits d’un acte jugé anodin et qui hante les esprits d’un petit village. C’est bien là le propos non simpliste mais intimiste proposé par Manu Larcenet : du protagoniste ou des villageois coupables, qui va céder en premier ? voilà l’enjeu de ce deuxième tome. Ce bras de fer psychologique, outre nous dévoiler tous les aspects encore mystérieux de l’intrigue, s’égaye aussi et surtout par un dessin toujours parlant à lui seul. Je me demande même si moins de dialogues n’auraient pas donné des situations encore plus parlantes, en jouant toujours sur les ombres inquiétantes.

Décidément, cette adaptation du Rapport de Brodeck est une lecture qui se délecte de détails qui fourmillent. Bien sûr, il faut savoir l’apprécier et au terme de ce diptyque, il faut peut-être relire le premier tome pour être sûr d’avoir tout vu et tout cerné.

Voir aussi : Tome 1

Autres critiques : Fañch (Le Quatrième de couverture) ; Textualités