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Titre : Le diable des sept mers – Intégrale
Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann
Éditeur : Aire libre
Date de publication : 2016

Synopsis : Caroline du Sud, à l’aube du XVIIIe siècle. Une plantation en feu, une fille de bonne famille fugueuse, un jeune aventurier qui rêve de trésor, un équipage de sales trognes assoiffées de rhum et de sang, des plages de sable fin, des cocotiers nourriciers, des requins affamés, tels sont quelques-uns des ingrédients de la cuisine du diable concoctée par le père et le fils. Avec cerise sur le gâteau infernal : la figure emblématique d’un pirate digne de Stevenson, le terrifiant Murdoch – clairement inspiré d’Edward Teach alias Barbe Noire.

Note 1.5

Holà, il va fermer son écoutille, le grand pirate le plus fauché de l’histoire. Si tu venais plutôt m’aider à ramer !

 

« Le diable des sept mers » s’impose comme la quintessence du récit de pirates » affirme la quatrième de couverture de l’album. Un trésor enfoui, une carte que tout le monde s’arrache, différentes factions se courant après, des altercations avec la marine anglaise, des hommes abandonnés sur une île déserte, et puis des combats, des trahisons, des amours contrariés… : on retrouve effectivement tous les ingrédients traditionnels qui font le charme de ce genre de récit. Or, les histoires de pirates, moi, j’adore ça. « L’île au trésor » de Stevenson, le « Long John Silver » de Björn Larsson, la série de bandes dessinées éponymes de Dorison… : j’y trouve toujours mon compte… Et bien pas cette fois. Impossible, d’abord, d’accrocher aux personnages, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, la plupart ne semblent être que de pâles imitations de grandes figures déjà existantes : Robert Murdoch est évidemment inspiré d’Edward Teach, plus connu sous le nom de Barbe noire, quand à Harriet, son histoire ressemble à s’y méprendre à celle de la célèbre femme-pirate Anne Bonny. Ensuite, en dépit de ces flatteuses influences, la plupart des personnages souffrent d’un réel manque de consistance qui empêche toute empathie de se développer chez le lecteur. C’est donc avec un complet désintérêt que j’ai suivi les mésaventures des différents acteurs de ce drame, même si la fadeur de ces derniers ne sont pas la seule chose qu’on peut reprocher à l’ouvrage.

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Car l’histoire, elle aussi, m’a laissée plutôt dubitative. Le scénario commençait pourtant bien, avec le retour d’un redoutable pirate décidé à venger un vieil affront et le départ d’un couple à la recherche d’un immense trésor. Mais très vite tout se mélange, l’intrigue principale se voyant ralentie par d’autres petites intrigues qui, au final, n’apportent que peu de chose au récit. Il en résulte une impression brouillonne, où le lecteur ne sait plus très bien si telle scène se situe avant ou après la précédente, ou encore pourquoi tel personnage se retrouve soudainement à tel endroit. Certaines scènes sont de plus très répétitives (combien de fois l’Iguane se fait-il rattraper par ses anciens compagnons…?), quant à la touche de fantastique insérée par l’auteur à la fin du premier tome, elle tombe elle aussi à plat. Mais que viennent faire des zombies là dedans alors que l’histoire aurait sans doute gagné un fluidité et en cohérence sans cela ? (pourtant le surnaturel, c’est rare que ça me rebute !). Les graphismes, enfin, ne m’ont malheureusement pas convaincu non plus car si les décors sont effectivement plutôt réussis les personnages, eux, sont franchement disgracieux. Cela ne gène pas vraiment quand il s’agit de pirates aux gueules un peu cassées mais dans le cas des protagonistes (le jeune et fringuant pirate, la fille bien née mais rebelle…), cela devient suffisamment dérangeant pour freiner (voire dans mon cas rendre impossible) l’immersion.

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C’est avec déception que j’ai refermé cette intégrale qui réunissait pourtant tous les ingrédients que j’affectionne d’ordinaire. Si je suis complètement passée à côté de cette histoire, je vous encourage néanmoins à vous faire votre propre opinion, il est tout à fait probable que ce soit moi qui ait loupé le coche.