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Titre : Trois jours et une vie
Auteur : Pierre Lemaitre
Éditeur : Albin Michel
Date de publication : 2 mars 2016

Synopsis : « À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Note 3.5

C’était une jeune femme brune très stimulante, sans interdits, et à qui le désir et la jouissance étaient aussi nécessaires que l’air et la nourriture.

Après le « Goncourt » pour « Au revoir là-haut », le nouveau Pierre Lemaitre était forcément attendu.

Et je dois dire que sa manière de traiter un fait divers (la disparition d’un enfant) par le regard et les sentiments du meurtrier est bien vu. Peur, culpabilité, reniement, mensonge, Lemaitre fait passer son personnage par bien des émotions contradictoires. Situé dans un petite ville ou tout le monde connaît tout le monde, les tensions apparaissent, les rancœurs refont surface. L’interprétation des paroles, les regards, les silences tout est sujet à questionnement pour le jeune Antoine. Ses crises d’effroi, ses réflexions paranoïaques alimentent avec justesse l’intrigue. La tension monte d’autant que les éléments naturels se mêlent à l’angoisse déjà diffuse. C’est drôlement bien mené, un poil amoral, même si le portrait de la province et donc de ses habitants est un peu poussé à l’extrême.

Difficile de lâcher ce polar malin jusqu’à sa chute finale très réussie.