Big daddy

Titre : Big Daddy
Auteur : Chahdortt Djavann
Éditeur : Grasset
Date de publication : 4 février 2015

Synopsis : Un gamin des rues, Rody, est condamné à perpétuité pour un triple meurtre dans un trou perdu de l’Amérique profonde. Lors de ses tête-à-tête dominicaux avec l’avocate commise d’office, Rody lui raconte son intimité avec Big Daddy, grand pervers criminel qui avait fait de lui son « fiston ». Argent, drogue, sexe et loi de la haine, blancs, noirs, obèses, prostituées: tout y passe…mais rien ne se passe comme on peut l’imaginer.
« Rody’s case », l’affaire Roddy, est médiatisée et devient un enjeu de la campagne politique du gouverneur : consentira-t-il à le relaxer ? Trois voix, trois histoires tendent cette intrigue pour composer un suspense psychologique d’une rare efficacité où chaque chapitre recèle une surprise, un retournement ou un coup de théâtre. Roman politique et social, roman intime, roman noir : âmes sensibles, s’abstenir !

Note 3.5

Plus les milliardaires gagnent, plus les pauvres perdent. Plus on licencie, plus les patrons s’enrichissent. Il y a à peine vingt ans, on ne parlait qu’en millions; personne n’était milliardaire. Plus les riches ajoutent de zéros à leurs comptes en banque, plus les pauvres s’enfoncent en dessous de zéro… Je vais te dire, la crise financière c’est une nouvelle invention des banquiers et des financiers pour accroitre leur fortune …

Rody, gamin des rues, attire la sympathie de Big Daddy, caïd manipulateur, monstre pervers et violent. Il décide de le mettre sous sa protection.

Mais un jour, Rody tue froidement Big Daddy et deux de ses acolytes. L’enquête bâclée, Rody prend le maximum. Mais si la culpabilité de Rody ne fait aucun doute, son avocate est persuadée que les circonstances atténuantes devraient alléger sa peine, Le jeune homme lui propose de lui raconter toute l’histoire si elle consent, elle aussi, à dévoiler la sienne. Voilà un polar plutôt musclé où les âmes sensibles devront avoir le cœur bien accroché. Il faut dire que la vie du jeune Rody est des plus sombres. Témoin de meurtres sauvages et gratuits, de trafics en tout genre, de sexe tarifé, l’apprentissage du jeune garçon est une longue descente vers l’enfer. Chahdortt Djaavann déroule les deux histoires avec un sens narratif très convaincant. On est très vite en empathie pour ces personnages cabossés par la vie.

Ça se lit d’une traite : la violence humaine atteint son paroxysme dans certaines scènes terrifiantes et force est de reconnaître que c’est sacrement efficace. Une belle découverte, assurément.